
L’UE accuse Pékin de former des soldats russes, la Chine crie à la « calomnie »
La cheffe de la diplomatie européenne affirme disposer de rapports vérifiés sur l’entraînement de troupes russes par l’armée chinoise, provoquant un démenti immédiat de Pékin et l’inquiétude des Nations unies.
L’Union européenne a franchi un nouveau cap dans ses accusations contre la Chine. Lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères à Luxembourg, la Haute représentante pour la politique étrangère, Kaja Kallas, a déclaré que l’UE disposait désormais de « rapports vérifiés » selon lesquels l’armée chinoise entraîne des soldats russes destinés à combattre en Ukraine. Selon des sources européennes, ces formations se dérouleraient sur plusieurs sites en Chine et impliqueraient des centaines de militaires. Cette déclaration a été accompagnée de nouvelles sanctions contre des entreprises chinoises accusées de contribuer à l’effort de guerre russe, marquant un durcissement significatif de la position bruxelloise.
La réaction de Pékin ne s’est pas fait attendre. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a qualifié ces allégations de « pure calomnie et diffamation », dénuées de tout fondement factuel. La presse russe, tout en relayant les propos de Kaja Kallas, a souligné que la responsable européenne n’avait fourni aucun détail concret ni nommé de sources. Les médias russes rappellent que des accusations similaires avaient déjà circulé fin 2024, évoquant l’entraînement secret d’environ 200 instructeurs russes par l’armée chinoise, sans que celles-ci n’aient jamais été étayées.
À New York, les Nations unies ont exprimé leur préoccupation face à cette escalade verbale. Le porte-parole Stéphane Dujarric a estimé que « la dernière chose dont la guerre en Ukraine a besoin, c’est de plus de soldats, de plus d’intervention étrangère et de plus d’implication extérieure », appelant à un mouvement inverse. Cette mise en garde intervient alors que des médias occidentaux, comme le Wall Street Journal, avaient déjà rapporté l’implication de sociétés chinoises dans le soutien à l’industrie de défense russe, malgré les sanctions internationales.
Ces accusations surviennent dans un contexte de tensions croissantes entre Bruxelles et Pékin. En qualifiant la Chine de « facilitateur décisif » de la guerre menée par la Russie, Kaja Kallas a placé la barre plus haut que ses prédécesseurs, alignant le discours européen sur les critiques américaines. Pour les pays francophones, notamment en Afrique où l’influence chinoise est forte, cette crispation ravive les dilemmes diplomatiques : comment concilier les partenariats économiques avec Pékin et la solidarité affichée avec l’ordre de sécurité européen ? Alors que l’UE tente de muscler sa politique étrangère, la Chine maintient une rhétorique de neutralité, dénonçant des tentatives de « dénigrement ». L’absence de preuves publiques laisse toutefois planer le doute sur la réalité de ces entraînements, transformant cet épisode en un nouveau test pour la crédibilité des renseignements occidentaux et la stabilité des relations sino-européennes.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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L'Union européenne accuse la Chine d'avoir entraîné des soldats russes pour le combat en Ukraine, en s'appuyant sur des rapports vérifiés, et sanctionne des entreprises chinoises. Pékin rejette ces allégations.
La Chine rejette les accusations de l'UE selon lesquelles elle aurait entraîné des soldats russes, les qualifiant de calomnies sans fondement. Le ministère chinois des Affaires étrangères nie toute implication militaire.
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