
L’OPEP relève ses prévisions de demande pétrolière à 124 millions de barils par jour en 2050
Le cartel écarte l’hypothèse d’un pic de consommation et mise sur un retournement des politiques énergétiques occidentales ainsi que sur l’appétit croissant des pays émergents.
Dans son rapport annuel World Oil Outlook publié ce jeudi, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a révisé à la hausse ses projections de demande mondiale de brut à l’horizon 2050, désormais attendue à 124 millions de barils par jour, contre 122,9 millions dans l’édition précédente. Le cartel, qui table sur une consommation de 113,3 millions de barils par jour en 2030 – un chiffre inchangé par rapport à l’an dernier –, écarte résolument l’idée d’un pic pétrolier. Cette confiance affichée contraste avec les anticipations plus prudentes de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui envisage une demande plafonnant autour de 113 millions de barils par jour au milieu du siècle, voire un déclin amorcé avant 2030 dans ses scénarios les plus volontaristes.
L’optimisme de l’OPEP s’appuie sur ce qu’elle décrit comme un « changement du paysage des politiques énergétiques » aux États-Unis et en Europe, où les régulations deviendraient plus favorables à l’usage des hydrocarbures. Cette lecture, largement relayée par la presse russe et les médias financiers du Golfe, fait écho aux réorientations observées depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et aux préoccupations de sécurité énergétique qui, en Europe, ont tempéré certaines ambitions de décarbonation après l’invasion de l’Ukraine. Parallèlement, l’organisation insiste sur le rôle moteur de la croissance économique de long terme en Inde, au Moyen-Orient et en Afrique, des régions où l’intensité pétrolière du développement reste élevée et où la démographie alimente une expansion continue de la mobilité et de l’industrie.
Du côté de l’offre, le rapport met en lumière le poids grandissant de producteurs non membres de la Déclaration de coopération (DoC), l’alliance élargie qui réunit l’OPEP et ses alliés. Le Brésil, le Canada, l’Argentine et le Qatar sont identifiés comme les principaux moteurs de cette expansion hors quota. La presse brésilienne souligne que le géant sud-américain devrait figurer parmi les plus grands contributeurs à la hausse de la production mondiale dans les années à venir, aux côtés de son voisin argentin, dont le gisement de Vaca Muerta monte en puissance, et du Canada, fort de ses sables bitumineux. Cette dynamique pourrait à terme redessiner les équilibres du marché, en offrant une alternative abondante face à la discipline de production que s’impose le cartel.
En misant sur une demande toujours expansive, l’OPEP prend le contre-pied des scénarios de transition énergétique accélérée. Si les trajectoires divergent, elles dessinent un champ de tensions entre les pays producteurs, qui entendent valoriser leurs réserves, et les économies consommatrices soucieuses de respecter leurs engagements climatiques. La révision à la hausse des prévisions pour 2050, aussi modeste soit-elle en volume, envoie un signal politique fort : dans un monde fracturé, le pétrole reste, aux yeux du cartel, une assurance contre les incertitudes de la décarbonation.
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Les médias d'État russes relaient les chiffres actualisés de l'OPEP sans éditorialiser, en notant la révision à la hausse à 124 millions de barils par jour d'ici 2050, contre 122,9 l'an dernier. La prévision pour 2030 reste inchangée à 113,3 millions. L'accent est mis sur les données brutes et les ajustements techniques du rapport.
Les médias du Golfe mettent en avant les prévisions robustes de la demande de l'OPEP, qui ne voit aucun pic avant 2050 et évoque un basculement mondial vers des politiques favorables au pétrole. Le cartel, dont les revenus dépendent du brut, affiche des estimations supérieures à celles de l'Agence internationale de l'énergie, renforçant le récit d'un avenir encore dominé par les hydrocarbures.
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