
L’Allemagne bannit l’alcool de ses gares : entre volonté sécuritaire et doutes sur l’application
La Deutsche Bahn étend à l’ensemble de ses 5 400 gares l’interdiction de consommer de l’alcool, une mesure qui divise syndicats, police et voisins suisses.
La compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn (DB) a annoncé, le 26 août 2025, l’interdiction progressive de la consommation d’alcool dans toutes les gares du réseau. Déjà en vigueur dans une trentaine de grandes stations comme Cologne, Hambourg ou Munich, la mesure sera étendue à l’ensemble des 5 400 gares allemandes d’ici au 15 octobre, en commençant par les gares centrales de Berlin et de Gesundbrunnen le 1er septembre. La DB invoque un impératif de sécurité et de propreté, citant l’agression récente d’un agent de sécurité par un passager en état d’ébriété lors d’un contrôle de billets dans le Bade-Wurtemberg. La vente et la consommation resteront autorisées dans les établissements de restauration des gares, de même que le transport de bouteilles fermées, et l’interdiction ne s’appliquera pas à bord des trains, où la DB continue de proposer des boissons alcoolisées.
Du côté des acteurs allemands, les réactions oscillent entre soutien de principe et scepticisme opérationnel. Le syndicat des cheminots EVG et l’association de voyageurs Pro Bahn jugent la mesure susceptible de renforcer le sentiment de sécurité, tout en insistant sur la nécessité d’une application cohérente et d’un comportement exemplaire du personnel. En revanche, le syndicat de la police fédérale (Bundespolizei) estime qu’un contrôle exhaustif est « illusoire » en raison d’effectifs déjà insuffisants pour faire respecter les interdictions de port d’armes blanches en gare. Plusieurs commentateurs de la presse allemande, notamment dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qualifient l’initiative de « cosmétique » et appellent à des investissements structurels : renforcement des équipes de sécurité, séparation physique des quais et des zones de passage, ou encore lutte conjointe contre le trafic de stupéfiants, souvent associé aux problèmes de violence.
La comparaison avec la Suisse voisine met en lumière des approches divergentes. Interrogés par le Tages-Anzeiger, les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) ont indiqué ne pas envisager d’interdiction générale de l’alcool dans leurs gares ou leurs trains. Les CFF s’appuient sur un règlement de gare uniforme qui prohibe la consommation excessive et la présence en état d’ivresse manifeste, ainsi que sur une restriction de vente après 22 heures dans les commerces, hors restauration. La gare bâloise de Bâle-Badischer Bahnhof, enclave ferroviaire allemande sur territoire suisse, sera néanmoins soumise à l’interdiction décidée par la DB. La presse économique russe, comme le quotidien Kommersant, replace cette annonce dans le contexte plus large des difficultés chroniques de la DB – retards, infrastructure vétuste, situation financière dégradée – et rappelle que les problèmes de sécurité liés à l’alcool touchent aussi d’autres réseaux, citant un accident ferroviaire en Russie impliquant un conducteur en état d’ivresse.
La mise en œuvre du dispositif repose sur le droit de maison (Hausrecht) de la DB, qui devra adapter localement ses règlements en concertation avec les communes et les autorités. Les contrevenants s’exposent à une expulsion immédiate, et les récidivistes à une interdiction permanente d’accès. Toutefois, de nombreux observateurs allemands préviennent que, sans moyens humains supplémentaires, l’effet dissuasif risque de rester limité et de simplement déplacer les troubles vers les parvis et les rues adjacentes. Le déploiement complet de l’interdiction est attendu pour la mi-octobre, tandis que le débat sur une politique de sécurité plus globale dans les transports allemands reste ouvert.
| Presse russe et CEI | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
| Presse européenne continentale | −0.60 | critical |
Russia emphasizes that the ban is aimed at protecting against violence and is unquestionably necessary.
Quoting official Deutsche Bahn statements without critical analysis creates an impression of an uncontroversial measure.
The widespread German criticism about the impossibility of enforcing the ban is omitted.
The ban is a reasonable step to improve security and cleanliness, with practical exemptions for bars and restaurants.
Neutral reporting with emphasis on official statements and exemptions lends credibility to the policy without scrutiny.
The cultural significance of drinking at stations and the enforcement challenges are left out.
The German and Swiss press criticizes the alcohol ban as ill-conceived and hard to enforce, mocking the 'Wegbier' ritual and doubting controllability.
Using irony and concrete examples (e.g., the impossibility of monitoring all 5,400 stations) undermines the policy's credibility.
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