
Israël refuse tout retrait du Liban, fragilisant l’accord entre Washington et Téhéran
Le ministre israélien de la Défense a exclu mercredi un départ des troupes du sud du Liban, y compris sous pression américaine, alors que l’Iran conditionne la paix à un cessez-le-feu libanais.
La déclaration du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, selon laquelle « il n’y a aucune exigence américaine pour qu’Israël se retire du Liban » et que l’armée ne reculera « en aucun cas », a cristallisé mercredi 24 juin l’un des principaux obstacles à la consolidation de l’accord-cadre signé la semaine précédente entre les États-Unis et l’Iran. Le premier ministre Benyamin Netanyahou a renchéri en affirmant que la « zone de sécurité » de dix kilomètres de profondeur instaurée au Liban sud serait maintenue « aussi longtemps qu’il le faudra ». Ces prises de position surviennent alors qu’un cinquième round de négociations israélo-libanaises, sous médiation américaine, se tient à Washington en vue d’un transfert progressif du contrôle de ce périmètre à l’armée libanaise.
Du côté iranien, le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réitéré que « la fin de la guerre au Liban est aussi importante que la fin de la guerre en Iran », érigeant le retrait israélien en condition sine qua non de tout règlement définitif. Téhéran, qui a paraphé un mémorandum d’entente avec Washington pour mettre un terme au conflit déclenché le 28 février 2026 par des frappes américano-israéliennes ayant coûté la vie au guide suprême iranien, considère le volet libanais comme indissociable de l’architecture de l’accord. Le Hezbollah, intervenu le 2 mars en soutien à l’Iran, a depuis subi une offensive terrestre israélienne qui a fait plus de 4 100 morts côté libanais, selon les autorités de Beyrouth, et abouti à l’occupation d’une bande frontalière.
Les capitales du Golfe, frappées par des salves de missiles iraniens durant les hostilités, observent avec circonspection les termes de l’accord. Selon des sources diplomatiques régionales, les Émirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn redoutent que le dégel de quelque 300 milliards de dollars d’avoirs et l’allègement des sanctions ne permettent à Téhéran de reconstituer son appareil militaire. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, en tournée dans la région, s’efforce de rassurer ces alliés en affirmant que Washington « comprend leurs préoccupations sécuritaires et économiques » et qu’aucune disposition ne compromettra la stabilité régionale. Parallèlement, le président libanais Joseph Aoun a rejeté toute ingérence étrangère et toute occupation israélienne, un message adressé à la fois à l’État hébreu et au parrain iranien du Hezbollah.
La divergence entre les positions israélienne et américaine place l’administration Trump dans une situation délicate. Alors que le président américain a présenté l’accord avec l’Iran comme une avancée majeure, le refus israélien de se conformer à un éventuel calendrier de retrait risque de gripper la dynamique diplomatique. Les discussions techniques se poursuivent, mais la question du Liban demeure un point de friction que ni la médiation pakistano-qatarie ni les consultations de M. Rubio n’ont pour l’heure permis de résorber. Le prochain cycle de pourparlers israélo-libanais est attendu dans les jours à venir à Washington, tandis que le sort de la zone de sécurité reste suspendu à l’évolution du rapport de force entre les exigences de sécurité israéliennes et les clauses de l’accord-cadre américano-iranien.
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Le ministre israélien de la Défense a déclaré que les troupes resteraient dans le sud du Liban quelles que soient les demandes américaines, invoquant la doctrine de sécurité et les échecs passés des zones tampons. Cette position est présentée comme une mesure nécessaire pour protéger les communautés israéliennes, sans calendrier de retrait.
Le ministre israélien de la Défense a affirmé que Washington n'a pas exigé de retrait du sud du Liban, tout en précisant qu'Israël ignorerait une telle demande de toute façon. Cela durcit l'impasse dans les négociations de cessez-le-feu, où le Liban insiste sur un retrait complet comme condition.
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