
Indonésie, Iran, Israël : les gouvernements réajustent leurs filets sociaux face à la pression économique
De la redéfinition des ménages à bas revenus à Jakarta à la hausse des coupons alimentaires à Téhéran, les États multiplient les interventions ciblées pour amortir les chocs sur les populations vulnérables.
En Indonésie, l’exécutif a engagé une refonte significative des critères d’accès au programme « Trois millions de logements », pilier de sa politique de logement social. Les médias de l’archipel rapportent que le ministre de l’Intérieur, Muhammad Tito Karnavian, et le ministre du Logement, Maruarar Sirait, s’apprêtent à réviser la définition des ménages à bas revenus (MBR) : le plafond de revenu mensuel pour les célibataires passerait de 7 à 8,5 millions de roupies, élargissant ainsi le vivier de bénéficiaires. Parallèlement, l’obligation de justifier d’un domicile correspondant à la carte d’identité sera supprimée, une mesure destinée à lever les obstacles administratifs pour les travailleurs mobiles. Cette réorientation s’accompagne d’initiatives plus locales, comme la rénovation de commerces insalubres appartenant à des ménages modestes à Jakarta, où un mécanisme de sélection transparent des fournisseurs de matériaux a permis de réduire les coûts pour l’État.
En Israël, la pression sur le pouvoir d’achat s’exprime par un bras de fer entre le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, et la Banque centrale. S’appuyant sur des chiffres d’inflation jugés favorables, le ministre a exigé une baisse « forte et immédiate » du taux directeur, dénonçant le retard pris par l’institut d’émission. L’objectif affiché est de soulager les ménages et les entreprises en réduisant le coût des crédits immobiliers et des prêts, dans un contexte où la cherté du logement pèse lourdement sur le budget des familles israéliennes.
En Iran, la réponse prend la forme d’un ajustement des transferts directs. Selon la presse économique persane, le gouvernement prévoit d’augmenter le montant des coupons alimentaires électroniques (kala-berg) et de revenir à un ciblage par déciles de revenus, afin de concentrer l’aide sur les six déciles les plus pauvres. Le ministre de l’Économie, Seyed Ali Madanizadeh, a promis une proposition définitive sous deux semaines, reconnaissant implicitement l’érosion du pouvoir d’achat des couches les plus exposées à l’inflation et aux effets des sanctions internationales.
Au-delà de ces mesures sectorielles, l’Indonésie illustre une approche multidimensionnelle de l’intervention publique. Le même ministère de l’Intérieur a émis une circulaire incitant les collectivités locales à organiser des retransmissions publiques de la Coupe du monde 2026, perçues comme un levier pour l’économie locale via les petits commerces. Il a également signé avec l’agence nationale de statistiques un texte conjoint pour faire du recensement économique de 2026 la base des futures politiques, tandis qu’une task force accélère la reconstruction post-catastrophe à Sumatra. Ces actions disparates dessinent un État qui se veut à la fois planificateur, assureur et animateur de la résilience sociale.
Cette convergence de réformes, de Téhéran à Jakarta en passant par Jérusalem, témoigne d’une tendance globale : face à la fragilisation des classes populaires et moyennes inférieures, les gouvernements recourent à des filets de sécurité plus flexibles et territorialisés. Reste que la soutenabilité budgétaire de ces dispositifs, la résistance des banques centrales aux injonctions politiques et l’efficacité réelle du ciblage dans des économies partiellement informelles constituent autant de défis qui détermineront si ces ajustements conjoncturels se muent en véritables droits sociaux.
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Le gouvernement indonésien recalibre ses filets sociaux en élargissant l'accès aux programmes de logement. Le seuil de bas revenu est relevé et les obstacles liés au domicile sont supprimés afin que davantage de citoyens bénéficient du plan de trois millions de logements. Cette mesure est présentée comme un ajustement pragmatique pour rendre l'aide plus inclusive face aux tensions économiques.
Le ministre israélien des Finances presse publiquement la banque centrale de baisser les taux d'intérêt de manière brutale et immédiate, affirmant que les bons chiffres de l'inflation ne laissent aucune place aux excuses. Cette exigence traduit un sentiment d'urgence et de frustration envers la politique monétaire, présentant le retard comme une erreur qui aggrave la pression économique sur les ménages.
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