
Abbas convoque des législatives après vingt ans, le Hamas dissout son gouvernement à Gaza
Le président palestinien a fixé au 28 novembre les premières élections législatives depuis 2006, tandis que le Hamas a annoncé la dissolution de son comité exécutif, ouvrant la voie à une administration technocratique.
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a signé le 9 juillet un décret convoquant des élections législatives pour le 28 novembre, les premières depuis la victoire surprise du Hamas en 2006. Le Conseil législatif palestinien est paralysé depuis 2007, année de la scission entre la Cisjordanie et Gaza. Selon l’agence officielle Wafa, le scrutin doit se tenir à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Cette annonce répond aux appels répétés des pays donateurs, notamment européens, qui conditionnent leur aide financière à des réformes institutionnelles et à la tenue d’élections. Âgé de 90 ans, M. Abbas gouverne par décrets depuis l’expiration de son mandat en 2009, une précédente tentative électorale en 2021 ayant été suspendue faute de garanties israéliennes pour le vote à Jérusalem.
Trois jours plus tôt, le 6 juillet, le Hamas a annoncé la dissolution de son « comité d’urgence gouvernemental », l’organe qui administrait de facto la bande de Gaza depuis près de vingt ans. Cette décision, présentée par le mouvement islamiste comme un geste en faveur de la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu, doit permettre au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) de prendre le relais. Ce comité technocratique, formé sous l’égide du « Conseil de paix » américain, est chargé de gérer les services civils et, selon Washington, de regrouper toutes les armes sous une autorité unique. Dans les médias arabes, des analystes palestiniens et égyptiens qualifient toutefois cette annonce de « manœuvre tactique », soulignant que le Hamas conserve son appareil militaire et des milliers de fonctionnaires, tandis que la presse israélienne y voit une « illusion ».
Cette recomposition politique s’inscrit dans un contexte humanitaire et judiciaire sous tension. La Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU a exhorté Israël, le 8 juillet, à libérer immédiatement le Dr Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan, détenu sans inculpation depuis décembre 2024. L’organe onusien affirme disposer de rapports crédibles faisant état de torture et de mauvais traitements, et considère que les attaques israéliennes contre le personnel médical participent d’une politique visant à détruire le système de santé de Gaza, constitutive de crimes de guerre et, possiblement, de génocide. Parallèlement, une délégation du Hamas conduite par Khalil al-Hayya est arrivée au Caire pour discuter du passage à la deuxième phase du cessez-le-feu, qui prévoirait un désarmement du mouvement et un retrait israélien progressif.
La convergence de ces initiatives – élections législatives, transfert administratif à Gaza, pressions onusiennes et négociations sur le cessez-le-feu – esquisse une tentative de restructuration de la gouvernance palestinienne sous impulsion internationale. La tenue effective du scrutin du 28 novembre reste toutefois incertaine, tant en raison de l’état de destruction de Gaza que de l’absence de garanties pour le vote à Jérusalem-Est. Le NCAG, actuellement basé au Caire, devra démontrer sa capacité à exercer une autorité réelle sans le consentement de l’appareil militaire du Hamas. Les capitales européennes, principaux bailleurs de l’Autorité palestinienne, suivent ces développements en liant leur soutien à l’unification des institutions et au respect du calendrier électoral.
| Presse iranienne et apparentée | +0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse indienne et sud-asiatique | +0.40 | aligned |
| Presse latino-américaine | −0.70 | critical |
Le Hamas gère pragmatiquement la transition, il ne se rend pas.
La continuité du rôle du Hamas dans les négociations est soulignée, minimisant la dissolution comme une simple réorganisation administrative.
L'appel aux élections de l'Autorité palestinienne est omis, ce qui minerait le récit de contrôle du Hamas.
Le Hamas se repositionne stratégiquement, il ne se rend pas.
Le geste est expliqué comme une transition graduelle et contrôlée, soulignant le rôle continu du Hamas dans les négociations et sa capacité d'adaptation.
L'appel aux élections de l'AP et la possibilité que la dissolution soit une concession sont omis.
L'Autorité palestinienne reprend le contrôle légitime, le Hamas est un obstacle terroriste.
Le terme 'terroriste' est utilisé pour délégitimer le Hamas, et l'appel aux élections est présenté comme un acte de normalisation démocratique, opposant la légalité de l'AP à l'illégalité du Hamas.
La justification stratégique du Hamas et son implication dans les négociations de cessez-le-feu sont omises, présentant la dissolution comme une simple reddition.
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