
Gaza : près de mille morts depuis la trêve, une crise humanitaire sans précédent
Malgré l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025, les opérations israéliennes s’intensifient, laissant des milliers de corps non identifiés sous les décombres.
Le bilan humain ne cesse de s’alourdir dans la bande de Gaza, en dépit – ou à cause – d’une trêve qui n’a de cessez-le-feu que le nom. Selon le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, près d’un millier de Palestiniens, en grande majorité des civils, ont été tués par les forces israéliennes depuis l’annonce de l’accord en octobre 2025. Cette déclaration, prononcée devant le Conseil des droits de l’homme à New York et largement relayée par les agences de presse asiatiques, souligne l’échec patent d’une médiation portée par Washington, qui devait garantir la fin des hostilités et le désarmement du Hamas. Sur le terrain, les correspondants du Moyen-Orient décrivent une tout autre réalité : loin de se retirer, l’armée israélienne étend son emprise territoriale, notamment dans le nord de l’enclave, provoquant de nouveaux déplacements forcés de populations déjà exsangues.
Les frappes se poursuivent sans relâche. Dans le camp de réfugiés de Nuseirat, au centre de Gaza, une attaque aérienne a tué deux frères, Ahmed et Mahmoud Abu Heen, portant le nombre de victimes à un seuil que les responsables sanitaires locaux qualifient de « presque mille » depuis octobre. L’armée israélienne, interrogée par les médias arabes et internationaux, n’a pas commenté cette opération. Ces violences s’inscrivent dans un contexte plus large de répression en Cisjordanie occupée, où, selon les mêmes sources onusiennes, 57 Palestiniens ont été tués, près de 1 300 blessés, des centaines arrêtés et 23 ordres de confiscation de terres émis par les autorités israéliennes. La rhétorique de certains responsables israéliens, évoquée par Volker Türk, laisse entrevoir une volonté d’annexion rampante qui sape les fondements mêmes d’une solution à deux États.
Au-delà du bilan macabre immédiat, une catastrophe médico-légale et humanitaire se profile. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), cité par la presse indonésienne, alerte sur le sort de milliers de dépouilles palestiniennes ensevelies sous les décombres, dont l’identification devient chaque jour plus improbable. Privées de l’accès aux zones sinistrées et des engins lourds nécessaires aux opérations de déblaiement, les équipes de secours voient le temps effacer les derniers indices permettant de rendre les corps à leurs familles. Cette impossibilité de mener des relevés forensiques convenables ne constitue pas seulement une entrave au droit humanitaire international, qui garantit le respect dû aux morts ; elle fait peser un risque sanitaire grandissant sur une population déjà privée d’infrastructures médicales fonctionnelles.
Face à cette accumulation de violations, les réactions internationales demeurent fragmentées. Si les agences onusiennes et les organisations humanitaires documentent avec constance l’ampleur des exactions, les capitales occidentales, notamment européennes, peinent à dépasser le stade des condamnations verbales. La trêve négociée par l’administration Trump apparaît aujourd’hui comme un simple habillage diplomatique d’une guerre qui, sous couvert de lutte contre le Hamas, redessine par la force la géographie de Gaza et de la Cisjordanie. Pour les observateurs, le risque est double : à court terme, une accélération de l’annexion de fait et une catastrophe sanitaire liée aux corps non exhumés ; à long terme, l’effacement méthodique des conditions d’une paix durable, où le droit à la mémoire et à la justice des victimes palestiniennes serait définitivement enseveli.
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La trêve à Gaza s'effrite : des milliers de corps restent ensevelis sous les décombres, risquant de ne jamais être identifiés. L'ONU accuse Israël d'avoir tué près d'un millier de civils depuis le début du cessez-le-feu, tandis que l'aide est bloquée et l'espace vital se réduit. La catastrophe humanitaire se poursuit sans relâche.
La distribution massive d'armes aux colons après l'attaque du Hamas a créé un monstre que l'État ne contrôle plus. Plus de 140 nouveaux avant-postes ont vu le jour et la violence des colons est incontrôlable, sapant toute chance d'un véritable cessez-le-feu. La trêve est creuse car le gouvernement a perdu la main sur la Cisjordanie.
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