
Frappes ukrainiennes en Crimée : Sevastopol privée d’électricité, pénurie de carburant
Les attaques de drones contre les infrastructures énergétiques et logistiques russes isolent la péninsule annexée, tandis que Moscou dénonce une escalade et que les pourparlers de paix restent au point mort.
Une série de frappes de drones ukrainiens a provoqué, dans la nuit du mardi au mercredi, une coupure d’électricité généralisée à Sevastopol, principale ville de la Crimée occupée, et a contraint les autorités installées par Moscou à suspendre les ventes de carburant aux civils dans l’ensemble de la péninsule. Le gouverneur de Sevastopol, Mikhaïl Razvozhaïev, a reconnu que certains quartiers resteraient privés de courant au moins jusqu’au soir, alors que les températures avoisinent les 30 °C, et a appelé la population à économiser les batteries de téléphone et à ne pas surcharger le réseau lors du rétablissement partiel. Des coupures ont également été signalées à Simferopol, Yalta et dans plusieurs districts, tandis que les transports publics ont été interrompus et que des mesures de rationnement de l’éclairage public ont été annoncées. Parallèlement, des attaques de drones ont tué deux personnes dans la région de Nijni Novgorod, à plus de 600 kilomètres de la frontière, et une autre à Belgorod ; un drone russe a causé la mort d’une femme dans la région ukrainienne de Kharkiv.
Selon les services de sécurité ukrainiens (SBU), les forces russes « perdent le contrôle de l’espace aérien de la Crimée », et la campagne de frappes vise à isoler la péninsule en détruisant les systèmes de défense aérienne, les dépôts de carburant et les voies logistiques. Le président Volodymyr Zelensky a affirmé, en s’appuyant sur des documents internes russes, que Moscou redéploie ses moyens antiaériens vers la capitale et le pont de Kertch, affaiblissant d’autres zones du territoire occupé. Du côté russe, le gouverneur de Sevastopol a dénoncé des attaques « perfides » destinées à « semer la panique », tandis que le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que ces frappes contre des infrastructures civiles révélaient la « nature nazie » de l’Ukraine, réaction selon lui à des revers sur le front. Le vice-premier ministre Alexandre Novak a qualifié la situation d’approvisionnement en carburant de « difficile mais gérable », admettant que les raffineries avaient dû écourter leur maintenance pour répondre à la demande intérieure.
D’après l’Institute for the Study of War, centre de réflexion basé à Washington, les frappes ukrainiennes contre les lignes de communication terrestres dans le sud de l’Ukraine ont « significativement réduit » le volume de ravitaillement que les forces russes opérant dans l’oblast de Zaporijia reçoivent depuis la Crimée. Les images satellite fournies par la société Vantor montrent que l’armée russe déploie des générateurs de fumée sur le pont de Kertch pour tenter de masquer cet axe stratégique, tandis que les forces spéciales ukrainiennes ont détruit un pont ferroviaire près de Rozdolne, sur le canal de Crimée du Nord. La dégradation progressive du réseau de défense aérienne russe – plus de 107 attaques recensées contre des radars et systèmes sol-air depuis novembre 2025, selon la même source – permet aux drones ukrainiens de pénétrer plus profondément et d’aggraver la crise logistique, qui s’étend désormais à une vingtaine de régions russes, y compris en Sibérie.
La Crimée, annexée par la Russie en 2014, reste reconnue comme territoire ukrainien par la quasi-totalité de la communauté internationale. Après plus de quatre ans de guerre, le président Zelensky a proposé en juin des négociations directes, rejetées par Vladimir Poutine. Les pourparlers menés sous l’égide des États-Unis demeurent gelés, Washington ayant détourné son attention vers le Moyen-Orient depuis les frappes contre l’Iran fin février, selon des sources proches des discussions. En l’absence de perspective diplomatique, la campagne ukrainienne de frappes à moyenne portée se poursuit, tandis que la Russie adapte son dispositif défensif et que les pénuries d’électricité et de carburant en Crimée devraient perdurer.
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Les forces ukrainiennes ont frappé un poste électrique à Sébastopol, privant d'électricité la plus grande ville de Crimée occupée par la Russie. Cette attaque s'inscrit dans une campagne plus large visant les infrastructures énergétiques pour perturber les revenus pétroliers russes et pousser Moscou à la table des négociations.
Des pannes de courant généralisées ont frappé Kherson et la Crimée après que des drones ukrainiens ont visé des installations énergétiques et une usine de traitement de gaz. La Russie a condamné ces frappes comme révélant la nature nazie de l'Ukraine, et un civil a été tué à Belgorod. La pénurie de carburant en Crimée s'aggrave.
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