
Ébola en RDC : le seuil des 1 000 cas franchi, une souche sans vaccin complique la riposte
Avec 1 003 cas confirmés et 254 décès, l’épidémie due au virus Bundibugyo progresse dans l’est congolais, où les humanitaires alertent sur les risques dans les camps de déplacés.
Le nombre de cas confirmés d’Ébola en République démocratique du Congo a dépassé le millier, atteignant 1 003 infections et 254 décès au 20 juin, selon les autorités congolaises. Le taux de létalité s’établit à 25,3 %, tandis que 100 personnes sont déclarées guéries et 365 patients restent hospitalisés ou en isolement. Déclarée le 15 mai, l’épidémie se concentre à plus de 90 % dans la province de l’Ituri, mais s’est étendue aux provinces voisines du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi qu’en Ouganda où 19 cas et deux décès sont recensés. Les responsables sanitaires reconnaissent que le pic de l’épidémie n’est probablement pas encore atteint et qu’un nombre indéterminé de cas pourrait échapper à la surveillance.
La flambée est provoquée par la souche Bundibugyo, une variante rare du virus Ébola pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique. Les symptômes initiaux, proches de ceux du paludisme, retardent le diagnostic et exposent les soignants : au moins 78 professionnels de santé ont été infectés, dont 18 sont décédés, la plupart dans des structures de soins ordinaires avant que la maladie ne soit identifiée. Le suivi des contacts demeure très insuffisant, avec un taux de seulement 58 %, loin de l’objectif de 90 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le patient zéro n’a pas été identifié et plus de 35 000 contacts doivent encore être tracés. La présence de groupes armés en Ituri entrave l’accès aux villages, tandis que les déplacements de population accentuent les risques : dans le camp de Kigonze, à Bunia, où s’entassent plus de 20 000 personnes, plusieurs décès inexpliqués font craindre une propagation au sein de ces sites précaires.
Face à cette situation, les autorités congolaises ont décrété la gratuité des soins dans toute la province de l’Ituri, renforcé les capacités de laboratoire et formé des volontaires communautaires. Sur le plan international, le Japon a octroyé une aide d’urgence de 3,5 millions de dollars, tandis que Dubaï Humanitaire a acheminé un troisième pont aérien de 76,2 tonnes de matériel en coordination avec la direction générale de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes (DG ECHO). La Chine a dépêché des équipes médicales et du matériel, et l’Union africaine, par la voix des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), met en garde contre un risque de « catastrophe » si la transmission n’est pas freinée. L’OMS a déclaré l’épidémie urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s’inquiète du sort de deux millions de déplacés vivant dans des zones à risque.
La riposte bute sur des obstacles structurels : l’insécurité alimentaire pousse des patients suspectés à fuir les centres de traitement – plus de 150 évasions ont été signalées – et la méfiance de certaines communautés a donné lieu à des attaques contre des structures de soins. Les efforts se concentrent désormais sur l’amélioration du traçage des contacts, l’identification du cas index et le renforcement de la prévention des infections dans les établissements de santé. Les prochaines évaluations de l’OMS et l’identification du patient zéro constitueront des jalons déterminants pour mesurer l’efficacité de la réponse internationale.
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L'épidémie dans l'est du Congo a dépassé 1 000 cas confirmés et 254 décès. Elle est provoquée par le rare virus Bundibugyo, pour lequel il n'existe ni vaccin ni traitement, ce qui rend l'endiguement particulièrement difficile. Les autorités peinent à maîtriser un pathogène sans contre-mesures médicales.
Les cas confirmés d'Ebola au Congo ont dépassé les 1 000, avec 254 décès, mais la riposte est compromise par des attaques répétées contre les centres de traitement. Un nouvel assaut contre une installation à Beni a renforcé les craintes que la violence n'entrave l'endiguement. Les soignants sont exposés non seulement au virus mais aussi aux agressions armées.
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