
En Iran, des manifestants pro-régime dénoncent l'accord avec Washington et traitent le ministre des Affaires étrangères de « traître »
À la veille de la signature d'un accord entre Téhéran et Washington, des rassemblements de partisans du régime ont eu lieu à Téhéran et à Machhad, ciblant le ministre des Affaires étrangères et le président du Parlement.
Alors que l'accord de cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis devait être signé ce dimanche, des manifestations inattendues ont éclaté dans plusieurs villes iraniennes, non pas de la part de l'opposition, mais de factions ultranationalistes et de partisans du régime. À Machhad, des dizaines de personnes se sont rassemblées devant le siège du ministère des Affaires étrangères, scandant « Mort à Araghchi, le traître infiltré » et agitant des drapeaux rouges et noirs, symbole de deuil et de vengeance. À Téhéran, place Avicenne, des manifestants ont lancé des slogans visant à la fois le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, les accusant de trahir le sang du guide suprême. Ces rassemblements, rapportés par plusieurs médias iraniens, révèlent une fracture profonde au sein même du camp conservateur, entre les partisans d'une ligne dure et ceux qui soutiennent une ouverture diplomatique.
Les critiques se concentrent sur le contenu de l'accord, dont les grandes lignes ont fuité dans la presse. Les manifestants dénoncent ce qu'ils perçoivent comme des concessions excessives à Washington, notamment la levée des sanctions et la réouverture du détroit d'Ormuz, sans garanties suffisantes sur les intérêts stratégiques de l'Iran. Des figures de l'aile dure, proches du Front de la résistance, ont exprimé leur méfiance envers l'équipe de négociation, accusée de faire preuve de faiblesse face aux Américains. Cette opposition interne survient alors que le gouvernement iranien, par la voix de son porte-parole, a tenté de minimiser la portée de l'accord, le présentant comme un simple cadre de discussion et non un traité définitif.
La situation est d'autant plus délicate que les États-Unis, par la voix de Donald Trump, ont annoncé une signature imminente et une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, créant un décalage entre les attentes américaines et la communication iranienne. Cette divergence alimente les soupçons des conservateurs, qui y voient une manœuvre de contournement des institutions. Les manifestations, bien que limitées en nombre, sont significatives car elles émanent de cercles habituellement fidèles au régime, ce qui pourrait compliquer la ratification de l'accord par le Parlement iranien, où les voix critiques se font entendre.
Au-delà des frontières iraniennes, cet épisode illustre les tensions persistantes au sein de la République islamique entre pragmatisme et idéologie. Alors que l'accord pourrait offrir une bouffée d'oxygène économique à un pays asphyxié par les sanctions, il expose également les fragilités d'un système politique où la décision finale échappe souvent aux négociateurs. Les prochains jours diront si le gouvernement parviendra à surmonter cette opposition interne ou si, au contraire, les fissures s'élargiront, compromettant une paix fragile à peine esquissée.
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Hardline Iranian factions protest in Mashhad and Tehran against Foreign Minister Araghchi, branding him a traitor for the deal with the US. Women in chadors wave red and black flags, chanting 'death to the traitor Araghchi', as the regime appears split between the imminent signing and the fury of its base.
Continental European media report on protests in Iran against the possible deal with the US, highlighting the rift between the leadership and hardline supporters. Protesters, close to the Stability Front, accuse Araghchi and Qalibaf of treason, while the regime has yet to confirm the signing date.
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