
Timothée Chalamet surgit par surprise et dévoile un « Dune » plus sombre et intense
Lors d’un événement mondial en salles IMAX, l’acteur a rejoint Denis Villeneuve pour présenter la bande-annonce du dernier chapitre de la saga, entre confidences sur le désert et avertissement sur les leaders charismatiques.
Dans la pénombre d’une salle IMAX de Los Angeles, Denis Villeneuve répondait aux questions des fans connectés depuis huit villes quand une silhouette familière est apparue à ses côtés. Timothée Chalamet, sourire aux lèvres, venait de surgir sans prévenir. À Abou Dhabi, la salle a explosé : « tout le monde a perdu la tête », rapporte un témoin, tandis que les spectateurs de Chicago, Toronto, Berlin ou Mexico retenaient leur souffle devant cet invité imprévu. L’acteur de 30 ans, salué par des cris de « Lisan al-Gaib » — le nom messianique de son personnage —, a plaisanté : « Ça va me suivre jusqu’à la fin de mes jours. »
Le réalisateur québécois et sa vedette étaient réunis pour dévoiler la première bande-annonce de Dune : Part Three, adaptation du Messie de Dune qui conclut la trilogie. Les images montrent un Paul Atréides empereur, vingt ans après sa prise de pouvoir, confronté aux conséquences d’une guerre sainte menée en son nom. « Frank Herbert a écrit ce livre parce que beaucoup voyaient Paul comme un héros classique, alors qu’il voulait nous avertir du danger de suivre aveuglément des leaders charismatiques », a expliqué Chalamet, reprenant une lecture partagée par la presse mexicaine et australienne. Villeneuve, lui, a insisté sur la rupture de ton : « Je ne voulais pas marcher dans nos propres traces. C’est un thriller, plus intense, plus émotionnel. »
Ce troisième volet renoue avec le désert de Liwa, aux Émirats arabes unis, qui incarne une nouvelle fois la planète Arrakis. « Le désert est un personnage, et c’était non négociable », a martelé le cinéaste, évoquant la poésie et l’énergie nées de ces tournages éprouvants. Pour la première fois, un cascadeur émirati, Mohammed F. Mostafa, a intégré l’équipe. « J’espère que cela montrera aux talents locaux que cet objectif est atteignable, ici même », a-t-il confié au Khaleej Times. Plus de 600 professionnels basés aux Émirats ont participé à ce chapitre final, dont le tournage de 31 jours a mobilisé 206 techniciens locaux et 38 figurants résidents.
La soirée a aussi offert des instants de légèreté. À Berlin, alors que le public allumait ses téléphones à la demande du modérateur, Chalamet a lancé en riant : « Qu’est-ce qui se passe à Berlin ? Vous êtes à une rave ? » Puis, se tournant vers les fans allemands, il a glissé un mot d’excuse pour le parcours de leur équipe nationale lors de la Coupe du monde, une boutade restée inaudible sur place mais vite relayée sur les réseaux. À Mexico, la conversation a glissé vers la complexité morale du protagoniste, loin des archétypes héroïques, tandis qu’à Montréal, une brève coupure de liaison a donné lieu à un échange taquin entre l’acteur et le réalisateur sur la famille de ce dernier.
Au petit matin, dans le désert de Liwa, Villeneuve se souvient avoir ressenti « des frissons chaque jour » en voyant le soleil se lever sur l’équipe. Chalamet, lui, garde en mémoire « le silence extraordinaire des matins », une marche presque contemplative pour rejoindre le lieu de travail. Alors que la saga s’apprête à sortir en salles en décembre, c’est peut-être cette image qui restera : celle d’un désert immobile, témoin muet de la chute d’un empereur et de la fin d’une aventure cinématographique hors norme.
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