
Décès de Sergueï Ivanov, figure de l’ombre du système Poutine et ancien prétendant au Kremlin
L’ex-ministre de la Défense et chef de l’administration présidentielle, longtemps considéré comme un possible successeur, s’est éteint à 73 ans, refermant un chapitre de l’histoire du pouvoir russe.
L’ancien ministre de la Défense et chef de l’administration présidentielle russe Sergueï Ivanov est mort le 26 juin à l’âge de 73 ans, a annoncé la Ligue unie VTB de basket-ball, dont il était le président d’honneur. Aucune cause officielle n’a été communiquée, mais plusieurs médias indépendants russes évoquaient depuis des mois une grave maladie. Le président Vladimir Poutine a exprimé ses « profondes condoléances » et adressé un télégramme à la famille, selon son porte-parole Dmitri Peskov. Ce décès survient moins de cinq mois après qu’Ivanov a quitté, de son propre chef selon le Kremlin, son dernier poste de représentant spécial pour l’environnement, et a été écarté du Conseil de sécurité, dont il était membre permanent depuis 1999.
Issu du KGB de Leningrad où il fit la connaissance de Vladimir Poutine dans les années 1970, Ivanov a incarné la génération des « siloviki » qui ont accompagné l’ascension du président russe. Nommé premier ministre civil de la Défense en 2001, après le naufrage du Koursk, il a piloté une réforme militaire jugée timide par les experts occidentaux et russes indépendants — réduction des effectifs, tentative inaboutie de professionnalisation — sans parvenir à moderniser en profondeur l’outil militaire, tâche que son successeur Anatoli Serdioukov mènera plus tard. En 2007-2008, il fut, avec Dmitri Medvedev, l’un des deux dauphins putatifs lors de la « roquade » présidentielle. Selon les récits de la presse russe d’opposition et les travaux de chercheurs, sa candidature fut affaiblie par une déclaration maladroite sur les bizutages dans l’armée et par la préférence de Poutine pour un successeur plus aisément contrôlable.
Après la victoire de Medvedev, Ivanov occupa des fonctions de premier plan — vice-premier ministre chargé du complexe militaro-industriel, puis chef de l’administration présidentielle de 2011 à 2016 — avant d’être nommé représentant spécial pour l’écologie, un poste perçu par les observateurs russes et européens comme une mise en retrait honorifique. La presse économique et indépendante russe relie ce repli à la mort accidentelle de son fils aîné en 2014 et à la dégradation de son état de santé. Dans ce rôle, il s’investit notamment dans la protection du léopard de l’Extrême-Orient, une activité qui, d’après plusieurs commentateurs, contrastait avec son image de haut responsable sécuritaire.
La disparition d’Ivanov est la première touchant le cercle des intimes de Poutine issus du KGB de Leningrad. Les médias du Golfe et les agences iraniennes, tout comme la presse européenne, y voient la fin d’un parcours symbolique de la permanence du système poutinien. Aucune conséquence politique immédiate n’est anticipée par les analystes : le défunt avait déjà quitté l’ensemble de ses fonctions officielles et son influence réelle était considérée comme résiduelle. Les hommages appuyés du premier ministre Mikhaïl Michoustine et du chef du Fonds russe d’investissements directs Kirill Dmitriev confirment néanmoins le statut de pilier historique du régime. Les funérailles devraient se dérouler dans les prochains jours, sans que le Kremlin n’ait encore précisé le protocole.
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Sergueï Ivanov, proche collaborateur de Vladimir Poutine depuis l'époque du KGB, est décédé à 73 ans. Il a occupé des postes clés comme ministre de la Défense et chef de l'administration présidentielle, et a été salué comme un serviteur dévoué de l'État. Le président Poutine a adressé ses condoléances à sa famille.
Sergueï Ivanov, ancien officier du KGB devenu ministre de la Défense et successeur potentiel de Poutine, est décédé à 73 ans. Malgré une longue carrière dans les services de sécurité et au gouvernement, il a été écarté de la présidence au profit de Dmitri Medvedev. Sa disparition marque la fin d'une figure clé du cercle rapproché du système Poutine.
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