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Santé & Sciencesmardi 16 juin 2026

De Lagos à Téhéran, la santé maternelle et infantile à l’épreuve des systèmes défaillants

Au Nigeria, en Inde, au Bangladesh et en Iran, les lacunes des infrastructures et les inégalités d’accès aux soins aggravent la mortalité néonatale et les urgences sanitaires.

Chaque année, le Nigeria perd 280 000 nouveau-nés dans les vingt-huit premiers jours de vie, ce qui en fait le deuxième contributeur mondial à la mortalité néonatale. Ces décès, rappelle la directrice du Centre de recherche sur la santé néonatale d’Ekiti, sont pourtant largement évitables grâce à des soins qualifiés. L’inauguration récente de ce centre, soutenu par la Fondation Gates, incarne une lueur d’espoir en Afrique de l’Ouest, mais le contraste est saisissant avec le Bangladesh voisin, où six nouveau-nés ont péri dans un hôpital privé en raison de négligences flagrantes : absence de ventilation adéquate, manque de médecins présents lors de détresses respiratoires. Le ministre de la Santé a promis des sanctions, soulignant la nécessité d’une régulation plus stricte d’un secteur hospitalier en pleine expansion commerciale.

En Inde, les progrès affichés par la dernière enquête nationale de santé masquent des fractures persistantes. Si 95,4 % des naissances se déroulent désormais en établissement médical, le choix entre public et privé reste un marqueur d’inégalité : 71,7 % des accouchements ont lieu dans des structures gouvernementales, mais cette proportion grimpe en milieu rural, où l’offre privée est rare ou inabordable. Plus révélateur encore, 20 % des jeunes femmes étaient mariées avant 18 ans, ce qui limite leur autonomie reproductive. La contraception demeure largement à la charge des femmes, malgré la diversité des méthodes disponibles, un constat qui interroge les politiques de planification familiale au-delà du simple accès aux soins.

Loin de l’Asie du Sud, l’Iran fait face à des urgences d’une autre nature, mais tout aussi révélatrices de fragilités structurelles. Le chef des services d’urgence déplore une pénurie chronique d’ambulances, particulièrement dans les zones rurales et défavorisées, et appelle à une mutualisation des bases d’intervention avec les centres de santé primaires. Parallèlement, le ministre de la Santé alerte sur un paradoxe démographique : les centres de traitement de l’infertilité permettent 8 000 naissances par an, tandis que les accidents de la route tuent 20 000 personnes. La proposition de croiser les dossiers médicaux des conducteurs avec les données du trafic illustre une volonté de décloisonner les politiques de santé publique.

Ces instantanés géographiques dessinent une problématique commune aux pays du Sud : des systèmes sanitaires sous-financés, où l’absence de régulation et de coordination intersectorielle aggrave des mortalités pourtant évitables. L’appui de fondations privées en Afrique, les réformes de couverture universelle en Inde ou la réflexion iranienne sur la sécurité routière montrent que des leviers existent. Mais leur efficacité dépendra de la capacité des États à transformer les données en politiques publiques cohérentes, et à garantir un droit à la santé qui ne s’arrête pas aux portes des maternités ou des urgences.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 2 langues

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Stampa africana subsaharianaStampa indiana e sudasiatica
Stampa africana subsahariana/ anglofona
allarmepragmatismo

Le Nigeria perd 280 000 nouveau-nés chaque année, ce qui en fait l'un des pays contribuant le plus aux décès néonatals dans le monde. Les experts affirment que la plupart de ces décès sont évitables grâce à des soins qualifiés. Un nouveau centre de recherche a été inauguré pour faire face à cette crise sanitaire persistante.

Stampa indiana e sudasiatica
indignazionescetticismourgenza

Malgré des taux élevés d'accouchements en établissement, les soins maternels et néonatals en Inde restent profondément inégaux. Un hôpital risque de lourdes sanctions après le décès de six nouveau-nés pour négligence présumée, le ministre de la Santé promettant une tolérance zéro. Les analystes soulignent des lacunes systémiques qui minent la santé publique, même si les chiffres officiels montrent des progrès.

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mardi 16 juin 2026

De Lagos à Téhéran, la santé maternelle et infantile à l’épreuve des systèmes défaillants

Au Nigeria, en Inde, au Bangladesh et en Iran, les lacunes des infrastructures et les inégalités d’accès aux soins aggravent la mortalité néonatale et les urgences sanitaires.

Chaque année, le Nigeria perd 280 000 nouveau-nés dans les vingt-huit premiers jours de vie, ce qui en fait le deuxième contributeur mondial à la mortalité néonatale. Ces décès, rappelle la directrice du Centre de recherche sur la santé néonatale d’Ekiti, sont pourtant largement évitables grâce à des soins qualifiés. L’inauguration récente de ce centre, soutenu par la Fondation Gates, incarne une lueur d’espoir en Afrique de l’Ouest, mais le contraste est saisissant avec le Bangladesh voisin, où six nouveau-nés ont péri dans un hôpital privé en raison de négligences flagrantes : absence de ventilation adéquate, manque de médecins présents lors de détresses respiratoires. Le ministre de la Santé a promis des sanctions, soulignant la nécessité d’une régulation plus stricte d’un secteur hospitalier en pleine expansion commerciale.

En Inde, les progrès affichés par la dernière enquête nationale de santé masquent des fractures persistantes. Si 95,4 % des naissances se déroulent désormais en établissement médical, le choix entre public et privé reste un marqueur d’inégalité : 71,7 % des accouchements ont lieu dans des structures gouvernementales, mais cette proportion grimpe en milieu rural, où l’offre privée est rare ou inabordable. Plus révélateur encore, 20 % des jeunes femmes étaient mariées avant 18 ans, ce qui limite leur autonomie reproductive. La contraception demeure largement à la charge des femmes, malgré la diversité des méthodes disponibles, un constat qui interroge les politiques de planification familiale au-delà du simple accès aux soins.

Loin de l’Asie du Sud, l’Iran fait face à des urgences d’une autre nature, mais tout aussi révélatrices de fragilités structurelles. Le chef des services d’urgence déplore une pénurie chronique d’ambulances, particulièrement dans les zones rurales et défavorisées, et appelle à une mutualisation des bases d’intervention avec les centres de santé primaires. Parallèlement, le ministre de la Santé alerte sur un paradoxe démographique : les centres de traitement de l’infertilité permettent 8 000 naissances par an, tandis que les accidents de la route tuent 20 000 personnes. La proposition de croiser les dossiers médicaux des conducteurs avec les données du trafic illustre une volonté de décloisonner les politiques de santé publique.

Ces instantanés géographiques dessinent une problématique commune aux pays du Sud : des systèmes sanitaires sous-financés, où l’absence de régulation et de coordination intersectorielle aggrave des mortalités pourtant évitables. L’appui de fondations privées en Afrique, les réformes de couverture universelle en Inde ou la réflexion iranienne sur la sécurité routière montrent que des leviers existent. Mais leur efficacité dépendra de la capacité des États à transformer les données en politiques publiques cohérentes, et à garantir un droit à la santé qui ne s’arrête pas aux portes des maternités ou des urgences.

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Stampa africana subsaharianaStampa indiana e sudasiatica
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allarmepragmatismo

Le Nigeria perd 280 000 nouveau-nés chaque année, ce qui en fait l'un des pays contribuant le plus aux décès néonatals dans le monde. Les experts affirment que la plupart de ces décès sont évitables grâce à des soins qualifiés. Un nouveau centre de recherche a été inauguré pour faire face à cette crise sanitaire persistante.

Stampa indiana e sudasiatica
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Malgré des taux élevés d'accouchements en établissement, les soins maternels et néonatals en Inde restent profondément inégaux. Un hôpital risque de lourdes sanctions après le décès de six nouveau-nés pour négligence présumée, le ministre de la Santé promettant une tolérance zéro. Les analystes soulignent des lacunes systémiques qui minent la santé publique, même si les chiffres officiels montrent des progrès.

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