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Justice & Droitlundi 29 juin 2026

De la Suède à la Russie, la justice face aux féminicides et aux violences

Plusieurs tribunaux européens ont rendu des décisions dans des affaires de meurtres de femmes et de violences armées, illustrant la diversité des qualifications pénales et des peines.

En l’espace de quelques semaines, des juridictions suédoises, russes, suisses et allemandes ont prononcé des peines dans des dossiers de violences extrêmes, dont plusieurs féminicides. À Karlskrona, en Suède, un homme de 38 ans a été condamné à la réclusion à perpétuité et à l’expulsion du territoire pour le meurtre à l’arme blanche de son ex-compagne, en violation d’une interdiction de contact. En Russie, le tribunal régional de Krasnodar a infligé 16,5 années de colonie à régime sévère à Oleg Kovalenko, reconnu coupable d’avoir poignardé à 26 reprises une femme de 36 ans avant de dissimuler son corps. En Suisse, la justice bâloise a confirmé la perpétuité pour l’époux d’une ancienne mannequin étranglée à Binningen, un verdict que la défense conteste en appel. En Allemagne, le tribunal d’Aschaffenburg a condamné à la détention à vie un homme de 67 ans pour l’assassinat, en 1984, de son ex-petite amie de 19 ans, étranglée avec un foulard. Un cinquième dossier, en Suède, a abouti à une peine de prison pour un homme ayant blessé par balle un proche lors d’une soirée alcoolisée, après avoir initialement tenté de dissimuler l’origine des blessures auprès des secours.

Selon des observateurs judiciaires nordiques, le recours à la perpétuité et à l’expulsion dans les affaires de violences conjugales reflète un durcissement de la réponse pénale, en phase avec une sensibilité accrue de l’opinion publique aux féminicides. En Russie, la notion de « cruauté particulière », circonstance aggravante retenue dans le meurtre de Tatyana Magomedova, permet d’alourdir la peine sans que le mobile ne soit qualifié de genre ; la condamnation à 16,5 ans, acceptée par l’accusé, est présentée par les autorités comme une sanction sévère. Dans l’espace germanophone, le débat judiciaire se cristallise autour de la distinction entre meurtre (Mord) et homicide volontaire (Totschlag). En Suisse comme en Allemagne, les avocats de la défense plaident régulièrement la seconde qualification pour échapper à la perpétuité ou, dans les affaires anciennes, invoquer la prescription. Le tribunal d’Aschaffenburg a toutefois écarté cette ligne en retenant la préméditation et la traîtrise, s’appuyant sur des preuves ADN collectées par une cellule spécialisée dans les cold cases.

Ces décisions mettent en lumière des enjeux procéduraux distincts. La résolution d’affaires non élucidées pendant des décennies, comme le meurtre de Maria Köhler, repose de plus en plus sur les avancées de la police scientifique et la coopération internationale, le suspect ayant été localisé en Turquie après avoir vécu sous une fausse identité en Allemagne. En Russie, le mobile économique – une rancune liée à une faillite commerciale imputée à la famille de la victime – illustre une typologie de violences où la dimension genrée n’est pas systématiquement retenue par l’accusation. Le dossier suédois du tir accidentel, bien que distinct, rappelle la porosité entre violences domestiques, alcoolisation et disponibilité des armes à feu, un sujet de préoccupation récurrent dans les pays scandinaves.

Le terme de « féminicide », employé par la presse suisse alémanique et de plus en plus présent dans le débat public européen, ne bénéficie pas d’une reconnaissance juridique uniforme. Si la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe fournit un cadre de prévention et de répression des violences faites aux femmes, sa transposition varie selon les États. L’appel dans l’affaire de Binningen est attendu dans les mois à venir, tandis que le verdict allemand n’est pas encore définitif. En Russie, le condamné ayant renoncé à faire appel, la peine est en voie d’exécution.

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lundi 29 juin 2026

De la Suède à la Russie, la justice face aux féminicides et aux violences

Plusieurs tribunaux européens ont rendu des décisions dans des affaires de meurtres de femmes et de violences armées, illustrant la diversité des qualifications pénales et des peines.

En l’espace de quelques semaines, des juridictions suédoises, russes, suisses et allemandes ont prononcé des peines dans des dossiers de violences extrêmes, dont plusieurs féminicides. À Karlskrona, en Suède, un homme de 38 ans a été condamné à la réclusion à perpétuité et à l’expulsion du territoire pour le meurtre à l’arme blanche de son ex-compagne, en violation d’une interdiction de contact. En Russie, le tribunal régional de Krasnodar a infligé 16,5 années de colonie à régime sévère à Oleg Kovalenko, reconnu coupable d’avoir poignardé à 26 reprises une femme de 36 ans avant de dissimuler son corps. En Suisse, la justice bâloise a confirmé la perpétuité pour l’époux d’une ancienne mannequin étranglée à Binningen, un verdict que la défense conteste en appel. En Allemagne, le tribunal d’Aschaffenburg a condamné à la détention à vie un homme de 67 ans pour l’assassinat, en 1984, de son ex-petite amie de 19 ans, étranglée avec un foulard. Un cinquième dossier, en Suède, a abouti à une peine de prison pour un homme ayant blessé par balle un proche lors d’une soirée alcoolisée, après avoir initialement tenté de dissimuler l’origine des blessures auprès des secours.

Selon des observateurs judiciaires nordiques, le recours à la perpétuité et à l’expulsion dans les affaires de violences conjugales reflète un durcissement de la réponse pénale, en phase avec une sensibilité accrue de l’opinion publique aux féminicides. En Russie, la notion de « cruauté particulière », circonstance aggravante retenue dans le meurtre de Tatyana Magomedova, permet d’alourdir la peine sans que le mobile ne soit qualifié de genre ; la condamnation à 16,5 ans, acceptée par l’accusé, est présentée par les autorités comme une sanction sévère. Dans l’espace germanophone, le débat judiciaire se cristallise autour de la distinction entre meurtre (Mord) et homicide volontaire (Totschlag). En Suisse comme en Allemagne, les avocats de la défense plaident régulièrement la seconde qualification pour échapper à la perpétuité ou, dans les affaires anciennes, invoquer la prescription. Le tribunal d’Aschaffenburg a toutefois écarté cette ligne en retenant la préméditation et la traîtrise, s’appuyant sur des preuves ADN collectées par une cellule spécialisée dans les cold cases.

Ces décisions mettent en lumière des enjeux procéduraux distincts. La résolution d’affaires non élucidées pendant des décennies, comme le meurtre de Maria Köhler, repose de plus en plus sur les avancées de la police scientifique et la coopération internationale, le suspect ayant été localisé en Turquie après avoir vécu sous une fausse identité en Allemagne. En Russie, le mobile économique – une rancune liée à une faillite commerciale imputée à la famille de la victime – illustre une typologie de violences où la dimension genrée n’est pas systématiquement retenue par l’accusation. Le dossier suédois du tir accidentel, bien que distinct, rappelle la porosité entre violences domestiques, alcoolisation et disponibilité des armes à feu, un sujet de préoccupation récurrent dans les pays scandinaves.

Le terme de « féminicide », employé par la presse suisse alémanique et de plus en plus présent dans le débat public européen, ne bénéficie pas d’une reconnaissance juridique uniforme. Si la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe fournit un cadre de prévention et de répression des violences faites aux femmes, sa transposition varie selon les États. L’appel dans l’affaire de Binningen est attendu dans les mois à venir, tandis que le verdict allemand n’est pas encore définitif. En Russie, le condamné ayant renoncé à faire appel, la peine est en voie d’exécution.

Divergence — qui la raconte comment
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