
Damas écarte une intervention militaire au Liban, malgré les appels de Washington
Le président syrien Ahmed al-Charaa a rejeté les suggestions de Donald Trump d’un engagement armé contre le Hezbollah, privilégiant les canaux économiques et le dialogue avec Beyrouth.
Le président de la transition syrienne, Ahmed al-Charaa, a formellement exclu toute intervention militaire de son pays au Liban, lors d’un entretien diffusé dimanche sur la chaîne panarabe Al Mashhad. Cette déclaration répond aux propos répétés de Donald Trump, qui avait affirmé sur Fox News être « déçu qu’Israël ne puisse pas en finir avec le Hezbollah » et envisageait de « confier le dossier à la Syrie ». Selon les responsables syriens, les échanges avec Washington ont porté sur une vision non militaire : « Nous recherchons des canaux économiques entre le Liban et la Syrie, pas des canaux militaires », a précisé M. al-Charaa, tout en indiquant que Damas avait proposé aux États-Unis l’arrêt de la guerre et la mise en œuvre de solutions économiques, politiques et sociales.
Du côté américain, les sources proches de l’administration Trump confirment une volonté de désarmer le Hezbollah par des moyens multiples. Outre les suggestions d’un rôle syrien, le Trésor a imposé jeudi des sanctions contre des alliés du mouvement chiite, dont le chef du Courant Marada, Sleiman Frangié, et le vice-président du conseil politique du Hezbollah, Mahmoud Qmati. Les capitales occidentales perçoivent ces mesures comme un signal adressé à Beyrouth, au Hezbollah et à ses partenaires : le désarmement reste un objectif central, même après la signature d’un accord Iran-États-Unis incluant le Liban et la pause des combats observée depuis samedi soir. Les médias israéliens et américains rapportent que M. Trump estimait qu’Israël ne pouvait frapper le Hezbollah sans destructions massives, d’où l’idée de recourir à la Syrie.
La position syrienne s’inscrit dans un contexte régional lourd d’histoire. La Syrie a occupé militairement le Liban de 1976 à 2005, et le Hezbollah a combattu aux côtés du régime de Bachar al-Assad durant la guerre civile syrienne, ce qui rend les nouvelles autorités de Damas, issues de la rébellion ayant renversé Assad en décembre 2024, profondément hostiles au mouvement. Toute nouvelle intervention militaire serait, selon les analystes du Moyen-Orient, une proposition politiquement explosive. M. al-Charaa a néanmoins déclaré que la Syrie disposait de « nombreux outils pour avoir un impact positif au Liban », à condition d’obtenir l’accord de Beyrouth, et s’est dit prêt à dialoguer avec le Hezbollah si cela servait les intérêts libanais et syriens.
Le dossier reste ouvert. Si Damas écarte la voie armée, les discussions avec Washington se poursuivent autour de mesures de sécurité répondant aux préoccupations syriennes, libanaises et israéliennes, ainsi que du rétablissement d’un « cordon économique vital » entre les deux voisins. Les cercles diplomatiques à Beyrouth notent que la Syrie a déjà contribué à empêcher la contrebande vers le Hezbollah, mais refuse de plonger le pays dans une nouvelle guerre. Parallèlement, les sanctions américaines et l’accord Iran-États-Unis maintiennent la pression sur le parti chiite, tandis que la trêve fragile au Liban offre une fenêtre pour les canaux diplomatiques que Damas entend privilégier.
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La demande de Trump d'une intervention militaire syrienne contre le Hezbollah a été rejetée par Ahmed al-Sharaa, délibérément appelé par son ancien alias 'Jolani' pour mettre en doute sa légitimité. Le dirigeant syrien a privilégié les canaux économiques, mais le regard iranien reste sceptique tant sur l'ingérence américaine que sur les intentions réelles de Damas.
Malgré les pressions américaines, la Syrie a fait savoir qu'elle n'interviendra pas au Liban. L'administration Trump, déçue par les progrès israéliens contre le Hezbollah, avait envisagé une implication syrienne, mais Damas a refusé, privilégiant la coopération économique. Les observateurs israéliens accueillent la nouvelle avec un pragmatisme prudent, conscients de la complexité régionale.
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