
Criminalité du quotidien : de l’Amérique latine à l’Asie, une insécurité aux multiples visages
Extorsions, fraudes numériques, incivilités dans les transports et maltraitance animale illustrent une dégradation de la sécurité ordinaire sur plusieurs continents.
Les opérations récentes menées au Mexique et au Brésil révèlent une professionnalisation des réseaux d’extorsion. Au Chiapas, les autorités ont démantelé une bande de prêteurs usuriers « gota a gota » comptant neuf ressortissants étrangers, tandis qu’à Acapulco onze membres présumés du groupe Los Rusos ont été arrêtés. À Mexicali, trois personnes ont été inculpées pour avoir menacé de mort la propriétaire du Bazar de Gaby au nom du cartel Jalisco Nueva Generación. Du côté brésilien, un couple a été interpellé pour le vol d’un chauffeur de VTC à Curitiba et une femme victime d’un « sequestro relâmpago » à Campos dos Goytacazes a été contrainte de transférer près de 9 000 réais. Ces faits divers, loin d’être isolés, dessinent une géographie de la prédation qui frappe commerçants et particuliers.
L’espace public devient le théâtre d’incivilités violentes. À Mexico, une passagère du Metrobús a insulté un homme en fauteuil roulant, nécessitant l’intervention de la police. À Goiânia, une jeune femme de 27 ans a roué de coups une sexagénaire dans un bus sous les yeux des autres voyageurs. Au Nigeria, un vidangeur de fosses septiques a été condamné à deux semaines de prison pour avoir stocké des sacs d’excréments humains devant son domicile, rendant la vie insupportable à ses voisins. Filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, ces incidents témoignent d’une érosion du lien social et d’une tolérance de plus en plus réduite face aux comportements transgressifs.
La maltraitance animale, autre symptôme de cette fragilisation, a donné lieu à des sanctions en Océanie et en Amérique du Sud. En Australie, un couple de Mount Gambier a été condamné à des peines de probation pour avoir négligé plus de cent animaux, laissés sans eau et vivant dans leurs excréments. Au Brésil, deux hommes ont été arrêtés à Campo Largo après avoir abandonné des chiens sur la voie publique, identifiés grâce aux caméras de surveillance. La convergence de ces affaires suggère que la négligence envers les êtres vulnérables, humains ou animaux, obéit à des logiques similaires de désengagement et d’impunité.
La dimension technologique aggrave le phénomène. Au Brésil, un rapport de l’Observatório Lupa montre que les promesses d’argent facile via Pix, l’outil de paiement instantané, sont devenues le vecteur privilégié des escroqueries en ligne, exploitant la crédibilité de grandes marques. Un octogénaire de Niterói a ainsi remis 5 000 réais à une fausse employée du fisc, tandis qu’une femme arrêtée à Iguaba Grande est soupçonnée d’avoir recyclé des fonds issus de fraudes téléphoniques. En Inde, un entrepreneur de Bengaluru a été kidnappé et dépouillé de plus d’un million d’euros en liquide, preuve que les méthodes violentes persistent à l’ère numérique.
Face à cette mosaïque de délits, les États oscillent entre répression spectaculaire – comme la destruction de 106 machines à sous à Acapulco par la marine mexicaine – et adaptation législative. Mais la porosité des frontières, la précarité économique et la banalisation des outils numériques compliquent la tâche. L’Amérique latine voit coexister criminalité organisée et petite délinquance opportuniste, tandis que l’Afrique et l’Asie ne sont pas épargnées. La sécurité du quotidien, enjeu trop souvent négligé, pourrait devenir un marqueur politique majeur dans les années à venir.
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Au Mexique et au Brésil, une vague de violence urbaine, d'extorsion et d'escroqueries numériques dresse un tableau d'insécurité quotidienne. Des passagers qui filment et condamnent une femme insultant un handicapé en fauteuil roulant, au démantèlement de réseaux d'extorsion 'gota a gota' et aux arrestations pour fraudes via Pix, les faits divers mêlent indignation publique et action des forces de l'ordre.
Dans le nord du Nigeria, un homme a été condamné à deux semaines de prison pour avoir stocké des sacs d'excréments humains devant chez lui, provoquant une puanteur insupportable pour le voisinage. Le tribunal a qualifié cet acte de profondément irrespectueux et de menace pour la santé, tandis que l'homme, vidangeur de fosses septiques, était soupçonné de vendre les déchets comme engrais.
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