
Budgets sous tension : entre promesses de croissance et fragilités structurelles
Des budgets ambitieux en Asie du Sud et en Amérique latine peinent à masquer des défis fiscaux et bancaires profonds, tandis que l'incertitude politique persiste.
Alors que plusieurs pays émergents dévoilent leurs budgets pour l'année à venir, un contraste saisissant se dessine entre des projections de croissance optimistes et des réalités économiques fragiles. Au Bangladesh, le gouvernement dirigé par le BNP a présenté un budget de 938 000 crores de takas, visant une croissance de 6,5 % et une transformation vers une économie d'investissement. Pourtant, les analystes locaux soulignent que ce budget, qualifié de populiste, repose sur des bases fragiles : un secteur bancaire en crise, des recettes fiscales insuffisantes et un déficit de 3,6 % du PIB, financé en grande partie par l'emprunt intérieur. La dépendance aux banques, elles-mêmes vulnérables, suscite des inquiétudes quant à la viabilité de ces objectifs. En Ouganda, le gouvernement mise sur l'exploitation pétrolière et les infrastructures pour atteindre une croissance de 10,2 %, mais les observateurs restent prudents face aux aléas des cours mondiaux et à la soutenabilité de la dette.
En Amérique latine, les défis sont tout aussi pressants. En Colombie, le prochain gouvernement héritera d'un déficit fiscal de près de 7 % du PIB, bien au-dessus des normes régionales. Les experts appellent à des réformes immédiates pour stimuler l'investissement, actuellement à un niveau historiquement bas de 15 % du PIB, et réduire les dépenses. Le cadre fiscal à moyen terme pour 2026 est jugé irréaliste par d'anciens hauts fonctionnaires, qui y voient des « comptes d'apothicaire » et prédisent la nécessité d'une réforme fiscale urgente. En Argentine, le gouvernement fait face à un mur de dettes de 4,4 milliards de dollars en juillet, qu'il tente de gérer par une stratégie de diversification des sources de financement, sans recourir aux marchés internationaux. La solidité apparente des réserves masque toutefois une vulnérabilité chronique aux chocs externes.
Au-delà des chiffres, ces budgets reflètent des tensions politiques profondes. Au Bangladesh, l'opposition dénonce un manque de réformes structurelles et une focalisation sur des mesures populistes, tandis que des voix critiques appellent à un désengagement de l'État dans l'économie pour libérer l'initiative privée. En Inde, des économistes avertissent que le gouvernement actuel, absorbé par des considérations électorales, néglige les réformes nécessaires pour relancer l'investissement et la consommation. La faiblesse de la roupie, la fuite des capitaux et les disparités croissantes entre riches et pauvres minent la confiance. Dans ce contexte, la question de la soutenabilité de la dette et de la dépendance aux créanciers internationaux refait surface, avec des appels à une plus grande autosuffisance, notamment dans les pays musulmans où des voix s'élèvent contre l'usure.
En définitive, ces budgets témoignent d'une volonté politique de répondre aux attentes populaires, mais ils butent sur des contraintes structurelles qui exigent des réformes courageuses. La fragilité des systèmes bancaires, l'insuffisance des recettes fiscales et la dépendance aux chocs extérieurs sont des défis communs qui, sans action décisive, risquent de transformer les promesses de croissance en illusions. L'avenir dira si les gouvernements sauront concilier ambition et réalisme.
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The Indian subcontinental press echoes Guha's critique of the Modi-Shah government, highlighting economic stagnation, capital flight, and failure to implement structural reforms. It contrasts electoral promises with anemic growth, expressing disappointment in current leadership. The analysis focuses on banking sector weaknesses and lack of private investment, painting a picture of urgent need for reform.
Market-oriented Latin American press interprets Guha's critique as a warning for countries facing similar challenges: fiscal deficits, public debt, and need for reforms. It stresses urgency to stabilize public finances and attract investment, with an alarmed yet pragmatic tone. The piece links India's situation to Latin America's structural problems, suggesting that without decisive reforms, growth will remain elusive.
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