
Brésil : la boîte à téléphones qui a changé la cour de récréation
Un an après l'interdiction des smartphones à l'école, les résultats scolaires et sociaux s'améliorent, tandis que les parents brésiliens repensent la place des écrans dans la vie de leurs enfants.
Dans une salle de classe de l'État de São Paulo, une boîte en carton circule entre les rangées. Chaque élève y glisse son téléphone avant le début du cours. Ce geste, observé par une équipe de reportage, est devenu un rituel depuis l'entrée en vigueur, il y a un an, de la loi fédérale brésilienne restreignant l'usage des smartphones à l'école. La professeure de portugais Geneci Ribeiro Padilha le reconnaît : « Beaucoup d'élèves résistent encore, mais je considère cela comme un premier pas important. » Les chiffres lui donnent raison. Selon une enquête du ministère de l'Éducation menée auprès de plus de 8 000 établissements, 95 % des enseignants du réseau public constatent une amélioration de la concentration, 97 % des directeurs notent une participation accrue aux activités, et 88 % une diminution des conflits et du cyberharcèlement. Même la santé mentale semble en bénéficier : 86 % des chefs d'établissement évoquent une baisse de l'anxiété chez les élèves.
Ce retour à l'attention ne se limite pas aux murs de l'école. Il s'inscrit dans un mouvement plus large de réévaluation du rapport des jeunes aux écrans. Pour la première fois, la proportion d'enfants brésiliens de 10 à 13 ans possédant un téléphone portable a reculé, passant de 56,7 % en 2024 à 55,2 % en 2025, selon l'Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE). La raison la plus citée par les parents pour ne pas équiper leur enfant est désormais la sécurité – physique et numérique –, devant le coût ou l'absence de nécessité. La peur des contenus inappropriés, des arnaques en ligne et des effets sur la santé mentale l'emporte sur le besoin de joindre son enfant à tout moment. Dans le même temps, l'utilisation des réseaux sociaux par les élèves du primaire a chuté, aussi bien dans le public que dans le privé, et la préoccupation pour la vie privée ou la sécurité est devenue un motif de non-possession de téléphone pour 11,8 % de la population, contre 7,7 % un an plus tôt.
Cette prise de conscience traverse les frontières. En Égypte, le gouvernement a lancé une « puce enfant » pour téléphones mobiles, offrant aux familles un contrôle parental renforcé et la possibilité de bloquer l'accès aux réseaux sociaux. En Argentine, le ministère public tutélaire et la Société argentine de pédiatrie alertent sur l'usage croissant de l'intelligence artificielle par les adolescents pour des consultations de santé mentale, rappelant que « l'IA donne des réponses, mais n'accompagne pas ». En Indonésie, où l'on accélère la digitalisation des écoles dans les régions reculées, le gouvernement forme parallèlement les enseignants à l'intelligence artificielle et à l'aquaponie, comme pour mieux armer les élèves face aux outils qu'on leur confie.
Dans la cour de récréation, les élèves ne fixent plus leurs écrans. Ils courent, discutent, se bousculent. La boîte à téléphones, posée sur le bureau, reste fermée jusqu'à la sonnerie. Un silence numérique s'est installé, laissant place aux bruits de l'enfance.
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The Chinese press frames the global rethinking of digital childhood as a vindication of its own strict internet regulations, presenting the 'box at the classroom door' as a prudent measure that protects children from harmful content and addiction. It highlights China's early adoption of such policies as a model for the world, without acknowledging the societal costs of extensive control.
European press, especially Nordic outlets, frame the digital childhood debate as a pragmatic balancing act between safety and children's rights. They emphasize evidence-based policies and caution against overregulation, highlighting the need for digital literacy alongside restrictions. The 'phone box' approach is seen as a tool, not a panacea.
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