
Bolivie : un accord met fin aux blocages, mais la crise politique et économique persiste
Le gouvernement de Rodrigo Paz et la COB ont signé un accord vendredi, levant les barrages routiers qui paralysaient le pays, tandis que des factions rurales pro-Morales poursuivent la mobilisation.
Le gouvernement bolivien et la Confédération des travailleurs de Bolivie (COB) ont conclu un accord le 19 juin, mettant fin à plus de six semaines de blocages routiers qui ont paralysé l’économie et provoqué des pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments. Le dirigeant syndical Mario Argollo a annoncé la levée immédiate des mesures de pression à l’échelle nationale, tandis que le président Rodrigo Paz a salué le dialogue. Les blocages, érigés principalement par des syndicats de travailleurs, de paysans et d’enseignants, avaient causé selon le gouvernement des pertes supérieures à 1,2 milliard de dollars.
La COB, qui exigeait initialement la démission du président, a obtenu des engagements gouvernementaux dont le contenu précis n’a pas été détaillé, mais qui incluraient des réponses aux revendications salariales et à la crise économique. Selon des sources proches de la présidence, Rodrigo Paz, arrivé au pouvoir en novembre 2025 avec le soutien affiché de l’administration Trump, a adopté un ton conciliateur tout en accusant certains manifestants d’être manipulés par des groupes liés au narcotrafic. Il a parallèlement renforcé son arsenal juridique en promulguant une loi élargissant ses pouvoirs pour décréter l’état d’exception et recourir aux forces armées contre les barrages.
L’ancien président Evo Morales, figure historique de la gauche bolivienne, observe depuis son fief rural de Chapare. Dans un entretien accordé à Reuters, il a nié toute implication dans l’organisation des manifestations, qualifiant le mouvement de « rébellion indigène » motivée par les difficultés économiques. Selon des analystes latino-américains, Morales, visé par un mandat d’arrêt pour des accusations de trafic de mineur qu’il juge fabriquées, reste une force politique influente. Des fédérations rurales alignées sur lui, comme la Tupac Katari, n’ont pas participé aux négociations et maintiennent leurs blocages dans la région de Cochabamba, exigeant la libération de détenus et le respect des organisations indigènes.
D’après des observateurs européens, l’accord ne résout pas les causes profondes de la crise : la décision initiale de Paz de supprimer les subventions aux carburants pour réduire le déficit budgétaire, dans un contexte de pénurie de dollars et de négociations avec le Fonds monétaire international, a déclenché une colère qui s’est muée en rejet global du gouvernement. La levée partielle des blocages pourrait atténuer les pénuries immédiates à La Paz et El Alto, mais la fragmentation du mouvement syndical et la persistance de factions radicales laissent présager une instabilité durable. Le gouvernement, qui dispose désormais de pouvoirs d’exception, devra gérer la mise en œuvre de l’accord tout en poursuivant les discussions avec le FMI, dans un climat politique polarisé par l’ombre d’Evo Morales.
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Malgré l'accord entre le gouvernement et le syndicat après 50 jours de manifestations, la mobilisation des partisans de Morales se poursuit, les agriculteurs indigènes durcissant leur position et l'ex-président menaçant d'une issue violente si le vote n'est pas respecté. La crise est loin d'être terminée.
Après six semaines de manifestations et de blocages routiers qui ont perturbé la vie quotidienne, le gouvernement bolivien et la principale confédération syndicale ont signé un accord pour lever les mesures de pression et rétablir le calme. Cet accord constitue une résolution pragmatique de la crise immédiate.
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