
Berlin acquiert des missiles Tomahawk américains pour sa défense à longue portée
Annoncé après le sommet de l’OTAN à Ankara, l’accord prévoit le déploiement de ces missiles de croisière en Allemagne, en attendant le développement de systèmes européens équivalents.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a annoncé, jeudi 9 juillet devant le Bundestag, la conclusion d’un accord avec les États-Unis pour l’achat de missiles de croisière Tomahawk. Conclu en marge du sommet de l’OTAN à Ankara, cet achat vise, selon les déclarations du chancelier, à « combler une lacune stratégique importante » dans la défense allemande. D’une portée de 2 500 à 2 550 kilomètres, ces missiles permettront d’atteindre des cibles situées en profondeur sur le territoire russe, y compris dans l’enclave de Kaliningrad où, d’après les évaluations des services de renseignement occidentaux, Moscou a déployé des missiles Iskander. Cette acquisition constitue l’un des développements les plus significatifs pour la Bundeswehr depuis la « Zeitenwende » décrétée en 2022 par l’ancien chancelier Olaf Scholz après l’invasion russe de l’Ukraine.
L’accord, formalisé par une lettre d’intention signée entre les ministres de la Défense allemand et américain, prévoit que Washington délivre l’autorisation d’exportation nécessaire en août. Le nombre de missiles et de rampes de lancement Typhon n’a pas été rendu public, les autorités allemandes le classant secret. Aucun personnel militaire américain ne sera déployé sur le sol allemand dans le cadre de ce programme. Cette acquisition s’inscrit dans la volonté affichée par l’administration Trump de voir les alliés européens assumer une part accrue de leur sécurité, tout en achetant du matériel américain. Elle remplace un projet antérieur, annoncé sous la présidence Biden, qui prévoyait le déploiement de Tomahawk opérés par les États-Unis à partir de 2026, mais que la nouvelle administration avait suspendu. Les médias russes ont largement relayé l’annonce, rappelant que le chancelier Merz avait lui-même évoqué en mai l’impossibilité pour les États-Unis de fournir ces missiles en raison de leur engagement dans le conflit iranien.
Du côté européen, le chancelier Merz a souligné que l’Alliance atlantique demeurait le pilier de la sécurité transatlantique, tout en insistant sur la nécessité pour les Européens de ne plus déléguer leur défense à d’autres. Parallèlement à l’achat américain, l’Allemagne et plusieurs partenaires européens travaillent au développement de leurs propres systèmes de frappe de précision à longue portée. Selon des sources gouvernementales allemandes, les ministres de la Défense réunis à Ankara se sont entendus sur un plan d’investissement de 50 milliards d’euros, dont la moitié serait financée par Berlin. L’objectif est de disposer, à terme, d’une capacité européenne souveraine, le missile allemand Taurus n’offrant qu’une portée d’environ 500 kilomètres.
Le sommet d’Ankara, que le chancelier a qualifié de succès dépassant ses attentes, a également été marqué par des tensions liées aux déclarations du président Trump sur l’Espagne et le Groenland. Les alliés y ont réaffirmé la clause de défense collective de l’article 5 et convenu de nouvelles aides à l’Ukraine. La livraison des Tomahawk n’est pas encore datée, mais les milieux gouvernementaux allemands anticipent un délai relativement court. L’autorisation d’exportation américaine est attendue en août, après quoi le contrat de vente pourra être finalisé. Le développement des systèmes européens, quant à lui, s’inscrit dans un calendrier de moyen terme, sans échéance précise communiquée à ce stade.
| Presse russe et CEI | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | +0.80 | aligned |
| Presse indienne et sud-asiatique | +0.20 | neutral |
L'Allemagne s'aligne sur les États-Unis, mais la Russie observe avec prudence.
Des citations sélectives de sources occidentales suggèrent que l'accord était controversé même aux États-Unis, jetant le doute sur sa sagesse.
Le ton célébratoire du gouvernement allemand et le soutien des alliés de l'OTAN à l'accord sont omis.
L'Allemagne prend la tête de la défense européenne, achetant des missiles qui frappent le cœur de la Russie.
Un langage hyperbolique ('Anti-Putin-Raketen') présente l'accord comme une réponse nécessaire à une menace, légitimant la course aux armements.
L'hésitation américaine antérieure et la réaction russe potentielle sont omises, se concentrant uniquement sur le bénéfice stratégique.
L'Inde enregistre l'accord comme un fait technico-militaire, sans s'aligner sur aucun camp.
Un ton détaché et factuel et un contexte historique (guerre en Iran) dépolitisent l'histoire, la présentant comme une transaction d'armes de routine.
Le contexte politique du sommet de l'OTAN et la controverse autour de l'accord, ainsi que les tons célébratoires ou critiques des autres blocs, sont omis.
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