
Au G7 d’Évian, Trump et Modi renouent autour d’un pacte commercial et d’une défense conditionnelle
Lors de leur première rencontre en seize mois, les deux dirigeants ont évoqué un accord commercial imminent, la sécurité maritime et une promesse d’assistance militaire américaine subordonnée au maintien de Modi au pouvoir.
C’est une accolade soigneusement mise en scène qui a marqué, mercredi 17 juin à Évian-les-Bains, la reprise du dialogue entre les États-Unis et l’Inde. Pour leur premier face-à-face depuis l’opération Sindoor de mai 2025, Donald Trump et Narendra Modi ont affiché une complicité personnelle intacte, le président américain allant jusqu’à promettre que Washington viendrait en aide à l’Inde si elle était attaquée — « tant que Modi est le dirigeant ». Cette précision, relevée par les médias indiens et arabes, souligne la nature transactionnelle d’un engagement qui pourrait s’évaporer en cas d’alternance politique à New Delhi. La presse américaine, citant Trump, rapporte qu’il s’est dit moins certain de son soutien si un « nouveau leader » venait à prendre les rênes du pays.
Au-delà des effusions, le volet commercial a dominé les échanges. Trump a assuré que les deux pays étaient « très proches d’un accord », tandis que le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, doit se rendre en Inde dès la semaine prochaine pour finaliser les négociations. Les sources indiennes confirment cette dynamique, tout en rappelant que les relations bilatérales s’étaient détériorées après l’imposition de tarifs punitifs par Washington et les propos de Trump qualifiant l’Inde d’« enfer » économique. Parallèlement, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé qu’un accord de libre-échange entre l’UE et l’Inde pourrait être signé d’ici la fin de l’année, et Modi s’est entretenu avec le chancelier allemand Friedrich Merz sur la défense et les investissements. Cette séquence illustre la stratégie indienne de multi-alignement, entre la pression américaine et l’ouverture européenne.
La question maritime a toutefois révélé une dissonance. Trois marins indiens ont péri la semaine dernière dans des frappes américaines contre des navires commerciaux au large d’Oman, près du détroit d’Ormuz. Modi a plaidé pour la liberté de navigation et la sécurité des centaines de milliers de marins indiens employés dans le transport maritime mondial. Trump, lui, a balayé l’affaire d’un « c’est un métier rude » et d’un « cela arrive depuis toujours », des propos qui ont été perçus en Inde comme un manque d’empathie. Les médias du Golfe et la presse indienne soulignent le décalage entre la sollicitude affichée par Trump envers Modi et son indifférence face au sort des travailleurs indiens.
La mise en scène de la rencontre — Modi aidant Trump à monter sur l’estrade pour la photo de famille, le président américain le qualifiant tour à tour d’« ange », de « tueur » et de « négociateur coriace » — a permis de masquer temporairement les contentieux. Mais derrière cette bonhomie, la realpolitik demeure. L’Inde, qui cherche à sécuriser ses routes commerciales et à finaliser un accord commercial avantageux, doit composer avec un partenaire américain imprévisible, dont les promesses de défense sont indexées sur la longévité politique d’un seul homme. Le sommet d’Évian aura ainsi consacré un rapprochement sous conditions, à l’heure où l’architecture de sécurité en Asie occidentale reste profondément instable.
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Le Premier ministre Modi et le président Trump ont eu une rencontre chaleureuse et productive au G7. Trump a qualifié Modi de 'tueur total' et de négociateur coriace, tout en promettant le soutien militaire américain à l'Inde. Les discussions ont porté sur un accord commercial bilatéral, la sécurité des marins indiens et le maintien de l'ouverture du détroit d'Ormuz.
Le président Trump a qualifié sa rencontre avec le Premier ministre Modi de très bonne, décrivant Modi comme un négociateur coriace et un 'tueur total'. Il a déclaré que les États-Unis défendraient l'Inde et que les deux pays travaillaient sur des accords commerciaux, avec une future visite en Inde prévue. Ces propos ont été tenus en marge du sommet du G7 en France.
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