
Trump préfère la fin de l’ACEUM, mais laisse une porte entrouverte
Lors du G7 en France, le président américain a réaffirmé son hostilité au traité commercial nord-américain tout en évoquant l’hypothèse d’une renégociation.
Depuis le tarmac de l’aéroport de Paris, au sortir du sommet du G7, Donald Trump a livré un message aussi brutal qu’ambigu sur l’avenir de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM, également désigné par les sigles CUSMA ou T-MEC). « Je préférerais ne pas avoir d’accord, mais il est possible que je le signe », a-t-il déclaré, ajoutant que les États-Unis « se portent mieux sans ». Cette sortie, qui mêle rejet instinctif et pragmatisme calculé, illustre la stratégie de tension permanente que Washington impose à ses partenaires nord-américains à l’approche de l’échéance cruciale du 1er juillet.
Cette date butoir marque le premier examen obligatoire du traité entré en vigueur en 2020. Selon ses clauses, les trois pays doivent soit reconduire l’accord pour seize années supplémentaires — jusqu’en 2042 —, soit basculer dans un régime de révisions annuelles qui affaiblirait considérablement la prévisibilité des échanges. Ottawa et Mexico ont déjà notifié leur souhait d’une prolongation longue, conscients que leurs économies sont désormais intimement intégrées aux chaînes de valeur états-uniennes, notamment dans les secteurs automobile et agroalimentaire. En revanche, l’administration Trump n’a formulé aucune intention officielle, laissant planer le spectre d’un dépassement de la date limite.
Le locataire de la Maison-Blanche justifie sa défiance par un argument historique : s’il a jadis poussé pour l’ACEUM, c’était avant tout pour sortir du « pire accord commercial jamais signé », l’ALENA, et pour y introduire une clause de sortie. Cette disposition crépusculaire, qui permet une extinction du traité après six ans, est à ses yeux la seule vertu du texte. La presse mexicaine et canadienne relaie un sentiment d’incertitude teinté d’exaspération, tandis que les observateurs européens, réunis au G7 en France, ont perçu dans ces déclarations une illustration supplémentaire de la diplomatie transactionnelle de Washington, où chaque alliance est mise à l’épreuve.
Si aucun accord de prolongation n’est trouvé d’ici juillet, l’ACEUM ne disparaîtra pas immédiatement, mais entrera dans une phase de précarité juridique qui pourrait décourager les investissements transfrontaliers. Pour le Québec, dont l’industrie manufacturière dépend étroitement des flux avec le Michigan et l’Ontario, comme pour les maquiladoras mexicaines, l’enjeu est existentiel. L’ambiguïté entretenue par Trump — préférer la rupture tout en se disant « ouvert à faire un accord » — fonctionne comme un levier de négociation, laissant deviner que la véritable partie se jouera moins sur le respect des échéances que sur un rapport de force renouvelé, où chaque concession se monnayera au prix fort.
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La presse anglophone rapporte les déclarations contradictoires de Trump sur le CUSMA, notant sa préférence pour la résiliation de l'accord tout en laissant la porte ouverte à une signature. Elle souligne l'échéance du 1er juillet et le fait que le Canada et le Mexique ont déjà demandé une prolongation de 16 ans, tandis que les États-Unis restent indécis. Le ton est sceptique mais pragmatique, axé sur l'incertitude pour le commerce nord-américain.
Les médias latino-américains mettent l'accent sur l'insistance de Trump selon laquelle les États-Unis se porteraient mieux sans le T-MEC, tout en notant ironiquement sa volonté de signer. Ils soulignent le déséquilibre de pouvoir, citant la remarque de Trump selon laquelle le Canada et le Mexique ont plus besoin des États-Unis que l'inverse. La couverture reflète inquiétude et scepticisme quant à l'avenir de l'accord trilatéral, avec une pointe de résignation.
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