
Plusieurs morts dans des frappes de drones russes en Ukraine, la Roumanie abat un deuxième engin
Des attaques russes sur les régions de Soumy et de Donetsk ont tué au moins six civils ce week-end, tandis que Moscou affirme avoir intercepté des centaines de drones ukrainiens et que Bucarest confirme une nouvelle violation de son espace aérien.
Ce samedi, les forces russes ont visé plusieurs localités ukrainiennes avec des drones et des missiles, faisant de nouvelles victimes civiles. Dans la région de Soumy, un drone a frappé une installation de la société postale Nova Poshta, tuant trois chauffeurs, selon le gouverneur Oleh Hryhorov ; plus tôt, une attaque sur un bureau de poste avait déjà fait deux morts. À Sloviansk, dans l’oblast de Donetsk, des missiles ont endommagé plus de dix immeubles résidentiels, causant la mort de trois personnes, a annoncé le président Volodymyr Zelensky. Des frappes ont également touché un centre commercial à Zaporijia et un quartier résidentiel à Kherson, faisant des blessés. En parallèle, selon le ministère russe de la Défense, l’Ukraine a lancé une attaque massive de drones : plus de 300 engins auraient été dirigés contre le territoire russe, dont la région de Belgorod, où des blessés sont signalés, et un hub logistique à Iekaterinbourg, près de l'Oural, partiellement incendié. En Crimée occupée, des explosions ont été rapportées près de Simféropol.
Pour Kiev, ces opérations s’inscrivent dans une campagne de terreur visant les civils. M. Zelensky a dénoncé un « terrorisme par drones » ininterrompu et a réclamé un renforcement des défenses aériennes. Les autorités ukrainiennes revendiquent toutefois des frappes de représailles contre des infrastructures russes, notamment une attaque de longue portée contre des navires en mer Caspienne transportant des armes à destination de l’Iran. Moscou, de son côté, accuse l’Ukraine de cibler délibérément les populations civiles. Le gouverneur installé par la Russie dans la partie occupée de Zaporijia a fait état de huit morts, dont deux enfants, dans un raid ukrainien sur une zone de loisirs à Kyrylivka. Les autorités russes soulignent également avoir neutralisé 571 drones ukrainiens, en présentant ces interceptions comme une preuve de l’intensification des assauts adverses.
Cette escalade symétrique prolonge le conflit loin du front et brouille la distinction entre cibles militaires et économiques. Selon des sources au sein de l’OTAN, le ciblage répété des centres logistiques de part et d’autre – des dépôts postaux aux entrepôts de commerce en ligne – révèle une stratégie d’attrition visant à paralyser les chaînes d’approvisionnement. Les débordements vers le territoire de l’Alliance atlantique se multiplient : la Roumanie a annoncé avoir abattu un drone pour le deuxième jour consécutif à sa frontière avec l’Ukraine, après une première interception près du village de Padina. L’armée roumaine a précisé que l’engin avait été neutralisé par un avion F-16 dans une zone inhabitée, sans faire de dégâts. Ces incidents, récurrents depuis 2022, alimentent les craintes des capitales occidentales quant à une escalade non maîtrisée.
Alors que les frappes se poursuivent, le volet diplomatique reste atone. M. Zelensky a annoncé une visite à Washington le 28 juillet pour rencontrer l’ancien président Donald Trump, dans l’espoir de relancer des négociations au point mort depuis le début de l’année. Sur le terrain, selon les services de renseignement ukrainiens, Moscou préparerait une attaque massive de missiles pour les prochaines heures. Depuis son invasion à grande échelle en février 2022, la Russie a intégré à son arsenal les drones iraniens Shahed, produits sous licence, tandis que l’Ukraine a accru ses capacités de frappe en profondeur. Le conflit, le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, ne montre aucun signe d’apaisement.
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