
L’AIE prévoit un excédent pétrolier en 2027 après la réouverture du détroit d’Ormuz
La paix entre les États-Unis et l’Iran, attendue cette semaine, fait plonger les cours sous 80 dollars, mais les stocks stratégiques mondiaux n’ont jamais été aussi bas depuis 1990.
La signature imminente d’un accord de paix entre Washington et Téhéran, prévue ce vendredi 19 juin en Suisse, a déclenché un brutal reflux des prix du brut, le Brent passant sous la barre des 80 dollars pour la première fois depuis le début du conflit, le 28 février. Dans son rapport mensuel publié le 17 juin, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) esquisse les contours d’un marché en pleine mutation : après trois mois de guerre et de blocus naval, la réouverture progressive du détroit d’Ormuz devrait mettre fin à la plus grande perturbation de l’offre de l’histoire, qui a paralysé plus de 14 millions de barils par jour de production moyen-orientale. Pourtant, l’agence prévient que la normalisation des flux sera lente et que les séquelles de la crise continueront de peser sur les équilibres mondiaux.
Les chiffres compilés par l’AIE révèlent l’ampleur du choc. La demande mondiale de pétrole devrait chuter de 1,1 million de barils par jour en 2026, une révision à la baisse de 700 000 barils par rapport aux prévisions de mai, tandis que l’offre se contracterait de 3,9 millions de barils par jour. Les livraisons du deuxième trimestre ont plongé de près de 5 % en glissement annuel, un recul inédit depuis la pandémie de 2020. Les médias russes et arabophones soulignent que les stocks gouvernementaux sont tombés à leur plus bas niveau depuis 1990, le rythme de puisage ayant atteint 4,6 millions de barils par jour en mai. Pour la presse latino-américaine, cette déstructuration de la demande, trois fois plus sévère qu’anticipé, témoigne de l’effet destructeur de la flambée des prix du carburant et des ruptures de chaînes d’approvisionnement sur l’économie réelle.
La réaction des marchés financiers traduit un optimisme prudent. Les places boursières, de São Paulo à Tokyo, ont salué l’accalmie géopolitique, tandis que le brut Oman, référence du Golfe, s’est effondré de près de 94 dollars depuis son pic de 166,96 dollars atteint en mai, pour s’établir à 72,99 dollars. Les observateurs européens notent que le S&P 500 a rebondi de 3,3 % et que les rendements obligataires se sont détendus, mais ils mettent en garde contre une lecture trop linéaire : la réouverture d’Ormuz ne signifie pas un retour immédiat à l’abondance, car les infrastructures logistiques et les chaînes de raffinage mettront des mois à se recalibrer. La presse du Golfe insiste sur la fragilité de la trêve, tout en relevant que les pétroliers iraniens ont déjà commencé à quitter les ports, signe tangible de la détente.
Pour 2027, l’AIE livre une première projection qui dessine un excédent massif. L’offre mondiale bondirait de 8 millions de barils par jour pour atteindre 110,3 millions, alors que la demande ne progresserait que de 2 millions, créant un surplus supérieur à 5 millions de barils quotidiens. Ce basculement, alimenté par le retour des barils iraniens et la levée des sanctions, pourrait faire entrer le marché dans une phase de surproduction chronique. Mais l’agence rappelle que l’accord ne lève pas toutes les hypothèques : les réserves stratégiques devront être reconstituées, et la moindre rechute géopolitique dans une région qui concentre un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures suffirait à inverser la tendance. Le pétrole, un temps instrument de pression, redevient ainsi le baromètre d’une paix encore incertaine.
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L'AIE a fortement réduit ses prévisions de demande de pétrole, prévenant que même l'accord sur Ormuz n'élimine pas les risques. Les stocks gouvernementaux sont au plus bas depuis 1990 et le marché reste vulnérable. La baisse de la demande de 1,1 million de barils par jour reflète les dégâts durables du conflit.
L'AIE prévoit un excédent pétrolier important en 2027 après la réouverture du détroit d'Ormuz et la normalisation de l'offre. L'accord entre les États-Unis et l'Iran mettra fin à la plus grande perturbation de l'offre de l'histoire, qui a bloqué plus de 14 millions de barils par jour. Après une phase de reprise, le marché basculera vers une offre excédentaire significative.
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