
Observer la Terre et traquer l’invisible : l’imagerie hyperspectrale et l’IA redessinent la quête du vivant
Du suivi des pigments foliaires depuis l’espace à la recherche de poussières technologiques extraterrestres, de nouveaux instruments et algorithmes élargissent le champ des signatures détectables.
Pour la première fois, un satellite permet de suivre en continu, à l’échelle planétaire, non plus la simple verdure des forêts mais les pigments mêmes qui orchestrent leurs couleurs automnales. La mission PACE (Plankton, Aerosol, Cloud, Ocean Ecosystem) de la NASA, dont les observations couvrent la période de mars 2024 à mars 2025, distingue grâce à un imageur hyperspectral une centaine de longueurs d’onde. Les données révèlent les concentrations de chlorophylle, de caroténoïdes et d’anthocyanines, offrant une vue dynamique de l’activité végétale bien plus fine que les indices de verdure utilisés depuis des décennies.
Cette capacité à isoler des signatures chimiques ténues intéresse au-delà des sciences de la Terre. Lors de la dernière assemblée de l’Union astronomique internationale, un article a plaidé pour que la recherche de technologies extraterrestres ne se limite plus aux signaux radio, mais intègre la traque d’artefacts physiques dans le Système solaire. L’auteur, T. Joseph W. Lazio, souligne que des régions entières restent cartographiées à des résolutions insuffisantes pour repérer un objet de la taille d’une sonde. Il propose de recourir à l’apprentissage automatique pour analyser les immenses archives d’images spatiales et y détecter des anomalies de trajectoire, de température ou de composition.
Parallèlement, un astrophysicien d’Oxford, Brian Lacki, avance dans une prépublication que des civilisations disparues pourraient avoir laissé des « technograins », poussières microscopiques issues de la pulvérisation de leurs structures. Ces grains, transportés par le vent solaire, auraient pu se déposer sur des corps comme la Lune, dont le régolithe agirait comme un piège temporel. L’hypothèse, qui n’a pas encore été évaluée par les pairs, s’inscrit dans un courant de pensée anglo-saxon qui, face aux distances interstellaires soulignées par les chercheurs iraniens et indiens, juge plus probable de trouver des ruines que des signaux actifs.
Ces travaux, qu’ils concernent la chlorophylle terrestre ou d’hypothétiques reliques, partagent un socle commun : l’exploitation d’énormes volumes de données par des algorithmes capables d’y déceler des écarts infimes. La prochaine étape pour PACE est l’enrichissement des modèles saisonniers globaux ; pour la recherche de technosignatures, elle réside dans l’application concrète de ces méthodes aux relevés existants et dans l’examen par les comités de lecture, qui dira si la poussière lunaire mérite d’entrer dans les protocoles de la SETI.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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La recherche d'intelligence extraterrestre s'oriente vers les technosignatures passives, avec des propositions d'utiliser l'intelligence artificielle pour scruter le système solaire à la recherche de sondes ou d'artefacts. Un rapport présenté à l'Union astronomique internationale souligne que de vastes régions et de nombreux objets restent peu explorés, et que même des corps de petite taille pourraient être détectés grâce à de nouvelles méthodes.
La poussière lunaire pourrait conserver des restes pulvérisés de technologie extraterrestre appartenant à des civilisations disparues, selon un astrophysicien. De minuscules grains de technologie détruite, transportés par le vent solaire, auraient pu se déposer sur le sol lunaire, offrant une technosignature passive que nous pouvons rechercher sans supposer une présence active.
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