
Moscou cède le géant aurifère Iougk à un entrepreneur tchétchène sous sanctions, avec une décote de 42 %
Après quatre tentatives infructueuses, l’État russe a vendu 67,2 % de Ioujuralzoloto pour 93,2 milliards de roubles, bien en deçà de l’évaluation initiale, à une société contrôlée par Rouslan Baïssarov.
Le 19 juin, l’Agence fédérale de gestion des biens (Rosimouchtchestvo) a annoncé que le quatrième appel d’offres pour la vente du groupe aurifère Ioujuralzoloto (Iougk) avait abouti. Le lot, comprenant 67,2 % du capital de la société publique et plusieurs actifs annexes, a été adjugé à AO « BTS-Most Holding » pour 93,16 milliards de roubles, alors que la valorisation initiale s’élevait à 162 milliards. Sur le parquet moscovite, le titre Iougk, qui avait d’abord progressé de près de 6 % dans la matinée à l’ouverture des enchères, a effacé ces gains puis cédé plus de 6 % dans l’après-midi, une fois le prix définitif connu, pour se stabiliser autour de 0,60 rouble.
La vente a pris la forme d’une adjudication « hollandaise » – un mécanisme où le prix baisse par paliers jusqu’à ce qu’un enchérisseur se déclare preneur, avec une décote maximale autorisée de 50 %. Les trois premières tentatives, menées en mai et juin, avaient échoué faute de participants en règle. Cette fois, quatre candidats ont été admis, après que la demande de la société « Innovatsia » a été rejetée pour défaut de dépôt de garantie. Le prix est descendu jusqu’à environ 81 milliards de roubles avant qu’une surenchère ne fige le montant final, selon la presse économique russe.
L’acquéreur, BTS-Most Holding, est détenu à 94,4 % par l’entrepreneur d’origine tchétchène Rouslan Baïssarov, déjà présent dans le charbon et les infrastructures de transport. Il est visé par des sanctions britanniques en tant que dirigeant d’une entreprise jugée stratégique pour l’État russe. Le vendeur, Rosimouchtchestvo, avait récupéré les titres en juillet 2025 sur décision de justice, après que le parquet général a accusé l’ancien propriétaire, le député milliardaire Konstantin Stroukov, d’avoir acquis l’entreprise en abusant de son mandat électif. L’opération s’inscrit dans une vague de confiscations d’actifs privés, souvent liées à des accusations de corruption ou de double nationalité, qui a touché des centaines d’entreprises depuis l’invasion de l’Ukraine.
Le produit de la cession doit être versé au budget fédéral. Reste en suspens la question de l’offre publique obligatoire aux actionnaires minoritaires : un décret présidentiel a dispensé l’État de cette obligation lors de la vente accélérée, mais le vice-ministre des Finances Alexeï Moïsseïev a indiqué que celle-ci devrait incomber au nouveau propriétaire. La conclusion du contrat de vente et le transfert effectif des fonds constitueront les prochains jalons observables de cette privatisation forcée.
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Après quatre tentatives, l'État a vendu sa participation majoritaire dans le producteur d'or YUGK. L'enchère néerlandaise a été remportée par BTS-Most Holding, liée à Rouslan Baïssarov, pour 93,2 milliards de roubles, bien en dessous de l'évaluation initiale de 162 milliards. Les marchés ont affiché des réactions mitigées mais limitées, et l'information est traitée comme l'aboutissement technique d'une cession d'actifs.
Une entreprise de construction appartenant à un milliardaire d'origine tchétchène a acquis la participation majoritaire dans le producteur d'or russe YUGK lors de la quatrième et dernière enchère. Le prix final de 93,16 milliards de roubles est bien inférieur à l'évaluation initiale, après des échecs répétés pour trouver preneur. Le récit souligne la forte décote et l'identité de l'acheteur sans jugement explicite.
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