
Meta, entre expansion dans le cloud et multiplication des fronts judiciaires aux Amériques
L’entreprise fait face à un procès au Tennessee sur la santé mentale des adolescents, tandis que des organisations colombiennes dénoncent une censure algorithmique et qu’un juge californien refuse de bloquer des licenciements contestés.
Un procès s’ouvre ce lundi à Nashville, dans le Tennessee, où la procureure générale de l’État accuse Meta Platforms d’avoir conçu Instagram de manière délibérément addictive, en violation de la loi sur la protection des consommateurs. Selon les autorités judiciaires de cet État du Sud des États-Unis, l’entreprise aurait dissimulé des recherches internes attestant des effets nocifs de la plateforme sur les adolescents, tout en continuant à proposer des fonctionnalités – lecture automatique, Reels, notifications – que ses propres équipes jugeaient dangereuses. Ce procès, prévu pour durer sept semaines, s’inscrit dans une vague de contentieux inédite : la quasi-totalité des États américains ont engagé des poursuites contre Meta, et un procès fédéral regroupant vingt-neuf d’entre eux doit débuter le 18 août en Californie. Parallèlement, un juge fédéral de ce même État a refusé vendredi de bloquer le licenciement de vingt-six salariés qui affirment avoir été ciblés par des outils d’intelligence artificielle en raison de leur handicap ou de leurs congés médicaux, une première contestation judiciaire de l’usage de l’IA dans les plans sociaux aux États-Unis.
En Amérique latine, la critique porte moins sur la santé mentale que sur la liberté d’expression. D’après l’organisation non gouvernementale Repro Uncensored, documentée par le quotidien colombien El Espectador, les fermetures arbitraires de comptes WhatsApp, Instagram et Facebook se sont multipliées ces deux dernières années, visant de manière disproportionnée des contenus progressistes liés à la santé sexuelle et reproductive, au féminisme ou aux droits LGBTIQ+. L’ONG colombienne Jacarandas, qui accompagne les femmes souhaitant avorter, a ainsi vu sa ligne WhatsApp suspendue à plusieurs reprises sans explication. Les organisations de la société civile colombienne attribuent ce phénomène à la réduction, annoncée par Mark Zuckerberg peu avant l’investiture de Donald Trump, des filtres de modération qui protégeaient les minorités contre les discours de haine, ainsi qu’à une modération algorithmique de moins en moins supervisée par des humains. Elles soulignent que la Colombie ne dispose d’aucune législation comparable au Digital Services Act européen, ce qui laisse les utilisateurs sans recours effectif.
Du point de vue des institutions européennes, la situation est observée avec une attention particulière. La Commission européenne a déjà conclu que Meta devait revoir la conception de ses applications pour limiter le temps d’écran, et un tribunal néerlandais examinera prochainement l’argument selon lequel le design d’Instagram censure les contenus liés aux minorités sexuelles, en possible infraction avec le règlement sur les services numériques. Cette pression réglementaire contraste avec le vide juridique colombien, où les efforts législatifs ont été bloqués, et avec la ligne de défense de Meta aux États-Unis, qui invoque systématiquement la section 230 du Communications Decency Act pour s’exonérer de toute responsabilité sur les contenus publiés par les utilisateurs.
Sur le plan industriel, Meta cherche dans le même temps à diversifier ses revenus au-delà de la publicité. Selon une source proche du dossier citée par le portail ghanéen Joy Online, l’entreprise est en négociation avec la société d’intelligence artificielle Anthropic pour un contrat de location de puissance de calcul pouvant atteindre dix milliards de dollars sur deux ans. Cet accord, dont les termes restent modifiables, permettrait à Meta de valoriser ses infrastructures face à des concurrents comme CoreWeave, tout en finançant ses propres investissements dans l’IA. La proposition, initiée par Anthropic en juin, illustre la recomposition en cours du marché du cloud, mais les discussions butent sur l’absence de métier établi de Meta dans ce domaine. Le procès du Tennessee, les audiences californiennes à venir et l’examen néerlandais dessinent ainsi un paysage où les choix de conception des plateformes sont de plus en plus contestés par les autorités publiques, tandis que l’entreprise accélère sa mue vers les infrastructures d’intelligence artificielle.
| Presse latino-américaine | −0.80 | critical |
|---|---|---|
| Presse africaine subsaharienne | −0.10 | neutral |
| Presse atlantique / anglosphère | −0.60 | critical |
Les utilisateurs et activistes latino-américains accusent Meta de censure politique arbitraire.
Le récit s'appuie sur des cas concrets de fermeture de comptes et les relie à un agenda politique, créant une image d'oppression systématique.
Il ne mentionne pas l'accord de 10 milliards de dollars avec Anthropic ni le procès pour discrimination par l'IA, qui montreraient une image plus diversifiée des activités de Meta.
Un observateur neutre rapporte les négociations commerciales et les décisions judiciaires de Meta sans prendre parti.
Le compte rendu s'appuie sur des faits et des déclarations officielles, évitant les commentaires émotionnels ou les jugements moraux.
Il n'aborde pas les accusations de censure en Amérique latine ni les procès pour dépendance des jeunes, se concentrant sur les affaires et le droit du travail.
Les procureurs et les parents inquiets accusent Meta d'avoir délibérément nui à la santé mentale des jeunes.
Le récit utilise des témoignages juridiques et des documents internes pour construire un cas de préjudice intentionnel, adoptant un style de drame judiciaire.
Il ne couvre pas les accusations de censure en Colombie ni l'accord avec Anthropic, réduisant l'histoire à une seule bataille juridique.
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