
Le pétrole sous les 80 dollars : entre accalmie géopolitique et incertitudes trumpiennes
Les cours du brut ont plongé sous la barre des 80 dollars, tiraillés entre l’imminence d’un accord américano-iranien et les mises en garde de Donald Trump, tandis que l’AIE anticipe un excédent d’offre en 2027.
La journée du 17 juin a vu les prix du pétrole osciller autour de la barre symbolique des 80 dollars, après une dégringolade amorcée plus tôt dans la semaine. L’annonce d’un mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran, qui doit être signé vendredi en Suisse, a fait chuter les cours de plus de 5 % en une seule séance, le Brent tombant brièvement sous les 75 dollars. Selon des informations relayées par la presse russe, le texte prévoirait un allègement des sanctions américaines sur les exportations pétrolières et pétrochimiques iraniennes, ouvrant la voie à une réouverture progressive du détroit d’Ormuz. Ce goulet stratégique, par où transite une part considérable du brut mondial, était pratiquement fermé depuis le début du conflit, alimentant une flambée des prix qui a atteint son paroxysme il y a quelques mois. Pour les économies européennes, dépendantes des approvisionnements du Moyen-Orient, cette détente constitue un ballon d’oxygène, même si la volatilité reste extrême.
Le rebond technique observé en cours de séance – le Brent est remonté jusqu’à 80,09 dollars avant de clôturer à 79,55 dollars – trouve son origine dans les déclarations contradictoires de Donald Trump. Le président américain a prévenu que le mémorandum n’était « pas définitif » et qu’il pourrait reprendre les bombardements s’il n’était pas satisfait de l’application de l’accord. Les médias brésiliens et la presse financière latino-américaine ont souligné que cette escalade rhétorique a ravivé la prime de risque géopolitique, alors même que les stocks américains de brut affichaient une hausse bien plus forte que prévu, signalant une demande intérieure atone. Du côté du monde arabe, les analystes de Sky News Arabia ont noté que les gains restaient limités par la perspective d’un excédent d’offre l’an prochain, un facteur qui tempère l’enthousiasme des marchés.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a en effet jeté un froid sur les anticipations de reprise durable. Dans ses premières projections pour 2027, relayées par CNN Brasil, l’agence prévoit que la production mondiale pourrait bondir jusqu’à 8 millions de barils par jour supplémentaires une fois les flux normalisés dans le Golfe, créant un surplus massif. Cette perspective pèse sur les cours à moyen terme et rappelle que la guerre au Moyen-Orient avait artificiellement comprimé l’offre. Pour les pays producteurs africains francophones, comme le Congo ou le Gabon, une telle abondance signifierait une pression renouvelée sur leurs recettes budgétaires, déjà mises à mal par la chute récente des prix.
L’idée d’un « Trump put » pétrolier fait son chemin dans les salles de marchés, comme le rapporte la presse argentine. Les investisseurs parient que le président américain, soucieux d’éviter une récession mondiale avant les échéances électorales, mettra tout en œuvre pour conclure un accord et maintenir les prix à un niveau supportable pour les consommateurs. Ce filet de sécurité implicite expliquerait pourquoi le Brent, après avoir perdu près de 40 % depuis son pic de guerre, semble trouver un plancher aux alentours de 75-80 dollars. Reste que la signature de vendredi sera scrutée avec attention : tout faux pas pourrait renvoyer les cours vers des sommets que l’économie mondiale, et singulièrement l’Europe, n’est guère en état d’absorber.
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Les prix du pétrole ont fluctué autour de 80 dollars, les traders réagissant aux avertissements contradictoires de Trump. Le marché parie sur un 'Trump put', estimant que le président finira par obtenir un accord pour rouvrir Ormuz, même si la volatilité persiste.
La glissade du pétrole a vacillé après que Trump a prévenu que l'accord USA-Iran n'est pas définitif, poussant brièvement le Brent au-dessus de 80 dollars. Le marché lutte avec le risque que le cessez-le-feu s'effondre, maintenant les craintes de perturbations de l'approvisionnement.
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