
Le Pakistan frappé par une attaque suicide revendiquée par le TTP, au moins 15 morts
Un véhicule piégé a percuté un poste de contrôle dans le district de Tank, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, tuant 12 soldats, deux policiers et un fonctionnaire, et relançant les tensions avec l'Afghanistan.
Dans la nuit du 23 au 24 juillet 2026, un attentat-suicide visant un poste de contrôle conjoint de l’armée et de la police dans le district de Tank, province de Khyber Pakhtunkhwa, a fait au moins 15 morts, dont douze militaires, deux policiers et un ancien responsable du département des forêts. L’explosion, provoquée par un véhicule chargé d’explosifs qui a percuté le mur d’enceinte, a également causé d’importants dégâts matériels. Les forces de sécurité ont riposté et affirmé avoir neutralisé entre douze et quinze assaillants, selon les sources.
Le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) a revendiqué l’attaque, affirmant que quatre kamikazes y ont participé. Ce groupe, insurrectionnel depuis 2007, cherche à renverser le gouvernement pakistanais pour imposer sa lecture rigoriste de la charia. Les chiffres des victimes varient selon les sources : l’armée fait état de 15 morts côté forces de sécurité, tandis que le TTP avance un bilan plus lourd de quarante soldats tués, une assertion non vérifiée.
L’attaque survient dans un climat de défiance entre Islamabad et Kaboul. Les autorités pakistanaises accusent régulièrement les talibans afghans d’offrir un sanctuaire aux militants du TTP sur leur territoire, ce que Kaboul dément. En juin, l’armée pakistanaise a mené des frappes aériennes dans l’est de l’Afghanistan, tuant des dizaines de civils selon les Nations unies et le gouvernement taliban, ce qui a exacerbé les tensions bilatérales.
Les provinces frontalières du Khyber Pakhtunkhwa et du Baloutchistan connaissent une recrudescence des violences militantes depuis plusieurs mois. Des postes de police ont été ciblés à plusieurs reprises, comme à Bannu en mai, où 15 policiers ont péri. Cette insécurité persistante pèse sur les populations locales et alimente les déplacements forcés, tandis que les opérations de contre-terrorisme se multiplient sous l’égide de la campagne « Azm-i-Istehkam ».
Les forces de sécurité poursuivaient les opérations de ratissage dans la zone au lendemain de l’attaque. L’impasse politique entre Islamabad et Kaboul, ainsi que la capacité du TTP à mener des opérations d’ampleur, laissent présager une poursuite du cycle de violences. La communauté internationale suit avec attention cette dégradation sécuritaire à la frontière de l’Asie centrale et du sous-continent indien, susceptible d’affecter la stabilité régionale.
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