
Le Liban, condition sine qua non de l’accord Iran-États-Unis
Téhéran exige un retrait israélien du sud du Liban pour signer l’accord de paix avec Washington, une clause absente du texte selon des sources américaines, ravivant le spectre d’une guerre totale.
La signature de l’accord de paix provisoire entre l’Iran et les États-Unis, prévue ce vendredi 19 juin, bute sur une exigence de dernière minute formulée par Téhéran : le retrait préalable des forces israéliennes du sud du Liban. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré mardi que le maintien de troupes israéliennes sur le territoire libanais constituerait une violation du mémorandum d’entente négocié avec Washington, une interprétation aussitôt contredite par un responsable américain s’exprimant sous couvert d’anonymat. Selon ce dernier, le texte ne contient aucune disposition imposant un tel retrait. Cette divergence d’interprétation, relayée par la presse latino-américaine et européenne, menace de faire capoter un accord déjà fragile.
Le conflit qui a éclaté fin février entre Washington et Téhéran a rapidement entraîné Israël dans la spirale des hostilités. Le 28 février, l’État hébreu s’est joint aux frappes américaines contre l’Iran ; en riposte, le Hezbollah, mouvement armé libanais soutenu par Téhéran, a ouvert le feu sur Israël le 2 mars. S’en est suivie une campagne terrestre et aérienne israélienne de trois mois dans le sud du Liban, qui a permis à Tsahal de s’emparer de larges portions de territoire. Depuis l’annonce du mémorandum d’entente irano-américain, les combats se sont atténués sans cesser complètement, et Israël maintient ses positions en affirmant qu’elles resteront occupées « aussi longtemps que nécessaire ».
Au Liban, la présence israélienne est vécue comme une occupation intolérable. Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, s’est entretenu mardi avec le négociateur iranien Mohammad Baqer Qalibaf, qui a insisté sur la nécessité de voir « la population du sud du Liban retourner dans ses foyers ». Le Hezbollah, de son côté, a fait savoir qu’il ne croyait pas à la signature d’un accord nucléaire final si Israël ne se retirait pas. Cette conviction est alimentée par la poursuite des violences : mardi encore, des frappes de drones israéliens ont tué au moins quatre personnes dans le sud du pays, selon des correspondants de médias indiens et brésiliens. La situation sur le terrain contredit ainsi l’esprit d’apaisement censé prévaloir depuis l’ébauche de l’accord.
L’imbroglio autour de la clause libanaise illustre la difficulté de dissocier les différents fronts d’une guerre qui, bien que centrée sur l’affrontement irano-américain, implique de facto des acteurs régionaux aux agendas propres. En refusant d’inclure le retrait israélien dans le texte, Washington semble vouloir préserver la liberté d’action de son allié, tandis que Téhéran cherche à obtenir une victoire diplomatique susceptible de renforcer sa position au Levant. Si aucun compromis n’est trouvé d’ici vendredi, la reprise d’une guerre totale, avec son cortège de conséquences humanitaires et géopolitiques, devient un scénario plausible. Les chancelleries européennes, qui observent ces négociations avec inquiétude, pourraient alors être appelées à jouer un rôle de médiation pour éviter un embrasement régional.
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L'Iran affirme que l'accord de paix avec les États-Unis doit inclure le retrait israélien des territoires libanais occupés. Israël rejette cette condition, mettant en péril l'entente et menaçant de relancer une guerre totale. L'occupation israélienne du sud du Liban est considérée comme une violation de l'accord encore secret.
L'Iran évoque un retrait israélien du Liban comme condition à l'accord de paix, mais Israël affirme qu'il restera aussi longtemps que nécessaire. Le contenu de l'entente entre les États-Unis et l'Iran n'a pas été rendu public et différentes sources donnent des versions contradictoires sur le rôle du retrait. Parallèlement, de nouvelles frappes israéliennes sont signalées dans le sud du Liban.
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