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Économie & Marchésmercredi 24 juin 2026

Le baril de Brent repasse sous les 74 dollars, le détroit d’Ormuz se rouvre

La reprise du trafic pétrolier dans le golfe Persique, après l’accord américano-iranien, a fait chuter les cours à leur niveau d’avant-guerre.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord est tombé mercredi 24 juin sous la barre des 74 dollars, pour la première fois depuis le 27 février, veille du déclenchement des hostilités entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Le West Texas Intermediate (WTI) américain est passé sous les 70 dollars, un seuil lui aussi inédit depuis début mars. En séance, le Brent a cédé plus de 4 %, effaçant la quasi-totalité de la prime de risque géopolitique accumulée pendant près de quatre mois de conflit.

Ce reflux s’explique par la normalisation progressive du transit dans le détroit d’Ormuz, par où transitait avant la guerre environ un cinquième du pétrole brut mondial. La signature, le 18 juin, d’un mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran a permis la mise en place de couloirs de navigation temporaires, coordonnés par l’Organisation maritime internationale (OMI) et le sultanat d’Oman. Selon le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, 72 navires transportant quelque 20 millions de barils ont franchi le détroit en vingt-quatre heures. Les données de suivi maritime confirment le départ de plusieurs superpétroliers chargés de brut saoudien, irakien et qatari, tandis que les Émirats arabes unis ont rétabli l’essentiel de leur production.

Les places financières asiatiques et européennes ont intégré ce reflux rapide. Les analystes de la banque néerlandaise ING estiment que le marché anticipe un retour des flux pétroliers du Golfe à environ 14 millions de barils par jour, niveau jugé suffisant pour rétablir l’équilibre pré-conflit. Les stratégistes de Macquarie Group, cités par la presse économique brésilienne, ont révisé en baisse leurs prévisions annuelles, tablant désormais sur un WTI moyen de 77 dollars en 2025, contre 89 dollars auparavant. En Europe, les économistes de Mitsubishi UFJ Research and Consulting soulignent que la levée partielle des sanctions américaines, via une licence de 60 jours autorisant les transactions sur le pétrole iranien, pourrait accélérer le retour des barils iraniens sur le marché.

La détente sur le brut a eu des répercussions immédiates sur les marchés obligataires et les devises. Au Brésil, les contrats de taux d’intérêt à long terme se sont fortement détendus, les investisseurs pariant sur une inflation moins énergétique et une politique monétaire moins restrictive. Le dollar s’est apprécié face à un panier de devises, porté par les anticipations d’une hausse des taux directeurs américains, tandis que l’or est repassé sous les 4 000 dollars l’once. En Afrique, le Nigeria n’a pour l’instant répercuté qu’une fraction de la baisse du brut à la pompe, le prix de l’essence restant supérieur à 1 000 nairas le litre, un décalage que les analystes locaux attribuent à la dépréciation du naira et aux délais de répercussion des prix internationaux.

La suite dépendra de la solidité du processus diplomatique. Un groupe technique américain doit retourner dans la région avant la fin du mois pour de nouvelles discussions avec l’Iran. Parallèlement, le déminage du chenal central du détroit, toujours impraticable, prendra plusieurs semaines selon le secrétaire Wright. Les marchés surveilleront également la réaction de l’OPEP+, qui pourrait ajuster sa production si les prix devaient chuter trop brutalement.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 10 langues

41%
TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse d'Asie du Sud-EstPresse latino-américaine
Presse d'Asie du Sud-Est
PragmatismeDétachement

Les prix du pétrole ont poursuivi leur baisse, les marchés étant de plus en plus confiants dans le retour à la normale des flux de brut via le détroit d'Ormuz. L'apaisement des tensions entre les États-Unis et l'Iran a contribué à faire reculer le Brent et le WTI, renforçant un sentiment de soulagement. Le récit dominant met l'accent sur une reprise régulière des routes d'approvisionnement, dissipant les craintes de perturbations prolongées.

Presse latino-américaine/ Marché
ScepticismePragmatisme

La baisse des prix du brut a été limitée par les doutes persistants sur l'accord entre les États-Unis et l'Iran, les différends sur les inspections nucléaires et les nouvelles frappes israéliennes au Liban incitant à la prudence. Certains analystes estiment que le prochain mouvement des marchés pétroliers dépendra davantage de la stratégie de stockage de la Chine que de la réouverture du détroit d'Ormuz. Le récit reste prudent, avertissant que l'accalmie actuelle pourrait être temporaire.

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mercredi 24 juin 2026

Le baril de Brent repasse sous les 74 dollars, le détroit d’Ormuz se rouvre

La reprise du trafic pétrolier dans le golfe Persique, après l’accord américano-iranien, a fait chuter les cours à leur niveau d’avant-guerre.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord est tombé mercredi 24 juin sous la barre des 74 dollars, pour la première fois depuis le 27 février, veille du déclenchement des hostilités entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Le West Texas Intermediate (WTI) américain est passé sous les 70 dollars, un seuil lui aussi inédit depuis début mars. En séance, le Brent a cédé plus de 4 %, effaçant la quasi-totalité de la prime de risque géopolitique accumulée pendant près de quatre mois de conflit.

Ce reflux s’explique par la normalisation progressive du transit dans le détroit d’Ormuz, par où transitait avant la guerre environ un cinquième du pétrole brut mondial. La signature, le 18 juin, d’un mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran a permis la mise en place de couloirs de navigation temporaires, coordonnés par l’Organisation maritime internationale (OMI) et le sultanat d’Oman. Selon le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, 72 navires transportant quelque 20 millions de barils ont franchi le détroit en vingt-quatre heures. Les données de suivi maritime confirment le départ de plusieurs superpétroliers chargés de brut saoudien, irakien et qatari, tandis que les Émirats arabes unis ont rétabli l’essentiel de leur production.

Les places financières asiatiques et européennes ont intégré ce reflux rapide. Les analystes de la banque néerlandaise ING estiment que le marché anticipe un retour des flux pétroliers du Golfe à environ 14 millions de barils par jour, niveau jugé suffisant pour rétablir l’équilibre pré-conflit. Les stratégistes de Macquarie Group, cités par la presse économique brésilienne, ont révisé en baisse leurs prévisions annuelles, tablant désormais sur un WTI moyen de 77 dollars en 2025, contre 89 dollars auparavant. En Europe, les économistes de Mitsubishi UFJ Research and Consulting soulignent que la levée partielle des sanctions américaines, via une licence de 60 jours autorisant les transactions sur le pétrole iranien, pourrait accélérer le retour des barils iraniens sur le marché.

La détente sur le brut a eu des répercussions immédiates sur les marchés obligataires et les devises. Au Brésil, les contrats de taux d’intérêt à long terme se sont fortement détendus, les investisseurs pariant sur une inflation moins énergétique et une politique monétaire moins restrictive. Le dollar s’est apprécié face à un panier de devises, porté par les anticipations d’une hausse des taux directeurs américains, tandis que l’or est repassé sous les 4 000 dollars l’once. En Afrique, le Nigeria n’a pour l’instant répercuté qu’une fraction de la baisse du brut à la pompe, le prix de l’essence restant supérieur à 1 000 nairas le litre, un décalage que les analystes locaux attribuent à la dépréciation du naira et aux délais de répercussion des prix internationaux.

La suite dépendra de la solidité du processus diplomatique. Un groupe technique américain doit retourner dans la région avant la fin du mois pour de nouvelles discussions avec l’Iran. Parallèlement, le déminage du chenal central du détroit, toujours impraticable, prendra plusieurs semaines selon le secrétaire Wright. Les marchés surveilleront également la réaction de l’OPEP+, qui pourrait ajuster sa production si les prix devaient chuter trop brutalement.

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PragmatismeDétachement

Les prix du pétrole ont poursuivi leur baisse, les marchés étant de plus en plus confiants dans le retour à la normale des flux de brut via le détroit d'Ormuz. L'apaisement des tensions entre les États-Unis et l'Iran a contribué à faire reculer le Brent et le WTI, renforçant un sentiment de soulagement. Le récit dominant met l'accent sur une reprise régulière des routes d'approvisionnement, dissipant les craintes de perturbations prolongées.

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La baisse des prix du brut a été limitée par les doutes persistants sur l'accord entre les États-Unis et l'Iran, les différends sur les inspections nucléaires et les nouvelles frappes israéliennes au Liban incitant à la prudence. Certains analystes estiment que le prochain mouvement des marchés pétroliers dépendra davantage de la stratégie de stockage de la Chine que de la réouverture du détroit d'Ormuz. Le récit reste prudent, avertissant que l'accalmie actuelle pourrait être temporaire.

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