
La Géorgie et l’Abkhazie frappées par une panne électrique géante, la Tunisie en proie aux coupures
Alors qu’une avarie sur le réseau plonge le Caucase dans l’obscurité, la Tunisie subit des délestages quotidiens et le Liban s’inquiète pour son approvisionnement, illustrant la fragilité énergétique de plusieurs régions.
Dans la nuit, une panne massive a privé d’électricité l’ensemble de la Géorgie et de l’Abkhazie, plongeant dans le noir la capitale Tbilissi, les villes de Batoumi, Koutaïssi et de nombreuses autres localités. Les trains se sont arrêtés, la téléphonie mobile a été perturbée et la consommation nationale s’est effondrée de 1 860 à 563 mégawattheures, selon les données relayées par les médias locaux. Les autorités géorgiennes ont indiqué ignorer encore l’origine exacte de l’incident, tandis que le ministère abkhaze de l’Énergie a évoqué une avarie survenue à la centrale hydroélectrique d’Ingouri, ouvrage stratégique situé à cheval sur la ligne administrative, dont la production est répartie à 60 % pour la Géorgie et 40 % pour l’Abkhazie. D’autres sources, citées par des blogueurs, font état d’un accident sur une ligne à haute tension reliant le réseau à la Turquie. La distribution a commencé à être rétablie progressivement dans plusieurs quartiers de Tbilissi.
En Tunisie, la population subit depuis la mi-juillet des coupures tournantes d’électricité et d’eau, programmées par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) pour éviter un black-out généralisé. La demande a bondi de 30 % sous l’effet d’une canicule persistante, atteignant 5 000 mégawatts aux heures de pointe, alors que la production nationale dépend à plus de 90 % du gaz naturel, en partie importé. La STEG, auditionnée en juin devant l’Assemblée des représentants du peuple, a révélé un endettement dépassant 7,3 milliards de dinars et des arriérés de paiement qui lui sont dus supérieurs à 6 milliards. Le président Kaïs Saïed a dénoncé des « phénomènes non ordinaires » et accusé, sans les nommer, des entités de chercher à « nuire au peuple », tandis que des rassemblements de protestation ont éclaté dans plusieurs localités et que des députés ont demandé un plan d’urgence pour les patients dépendants d’un apport continu en oxygène.
À Beyrouth, le ministre libanais de l’Énergie, Joe Saddi, a averti que le maintien de l’alimentation électrique actuelle – entre sept et neuf heures par jour en février dernier – était conditionné au remboursement par l’État de sa dette envers Électricité du Liban, estimée entre 330 et 340 millions de dollars. Il a exigé le versement de 50 millions de dollars par mois dès la semaine prochaine, faute de quoi il « reverra la manière d’agir ». Le gouvernement avait précédemment écarté une hausse des tarifs, jugée insupportable dans le contexte économique et social, et le ministre propose désormais un apurement partiel des arriérés comme solution transitoire, alors que la guerre de mars a renchéri le coût des importations de fioul.
Ces tensions mettent en lumière les interdépendances énergétiques régionales. La Tunisie importe une partie de son électricité d’Algérie, où une panne survenue en juillet à Sidi Okba a temporairement réduit les volumes exportés, tandis que le Maroc sécurise son approvisionnement grâce à une interconnexion avec l’Espagne lui permettant d’importer jusqu’à 1 000 mégawatts. L’Algérie, premier marché électrique du Maghreb, dispose d’une capacité installée de plus de 26 000 mégawatts et a mis en service 1 850 mégawatts supplémentaires pour faire face à la demande estivale. Dans le Caucase, le réseau géorgien reste tributaire de la centrale d’Ingouri, dont la gestion partagée avec l’Abkhazie constitue un facteur de vulnérabilité. La remise en service progressive se poursuit en Géorgie, tandis qu’en Tunisie les délestages restent quotidiens et qu’au Liban le bras de fer financier autour de la compagnie publique n’est pas résolu.
| Presse russe et CEI | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.50 | critical |
| Presse européenne continentale | 0.00 | neutral |
Moscou projette l'instabilité énergétique de la Géorgie comme une conséquence de sa dépendance aux infrastructures externes, en soulignant la séparation de l'Abkhazie.
Le récit s'appuie sur une causalité technique apparemment neutre, mais le choix de mettre en avant la ligne turque et la séparation abkhaze projette une image de fragilité géorgienne.
Le contexte de la dette et de la crise financière affectant d'autres pays est omis, ainsi que le rôle de la chaleur extrême.
La Tunisie, par la voix de son président, accuse des forces obscures de sabotage pour les coupures, transformant une crise technico-financière en complot contre le peuple.
Le président personnifie l'État et attribue les torts à des ennemis intérieurs, détournant l'attention de la responsabilité de la STEG et de la gestion de la crise.
Le contexte du blackout en Géorgie et en Abkhazie est omis, qui montre un problème similaire dans d'autres régions, affaiblissant la thèse du complot ciblé.
L'Europe observe le blackout en Géorgie comme un incident technique, sans attribution politique ni blâme, le traitant comme un événement universel.
Le récit se limite aux faits bruts, évitant toute interprétation politique ou contexte plus large, normalisant l'événement comme une panne technique.
Les accusations politiques du président tunisien et le contexte de la dette sont omis, ce qui aurait pu politiser l'actualité.
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