
La Douma russe adopte un arsenal de restrictions visant les exilés critiques du pouvoir
Les nouvelles mesures, qualifiées de « mort civile » par des ONG, privent les ressortissants visés de services bancaires, consulaires et de la gestion de leurs biens.
Le 22 juillet, la Douma d’État russe a adopté en deuxième et troisième lectures un ensemble de lois imposant des restrictions aux citoyens russes résidant à l’étranger et condamnés par contumace pour certaines infractions administratives ou pénales. Les textes prévoient l’interdiction d’utiliser les applications bancaires en ligne, d’effectuer des transactions immobilières, de renouveler un passeport étranger ou d’accéder aux services consulaires, à l’exception de la preuve de vie et de la certification de signature pour les malvoyants. Un registre public des personnes visées sera tenu par le ministère de la Justice, alimenté par les propositions du FSB, du ministère de l’Intérieur et d’autres agences.
Selon les responsables de la chambre basse, ces mesures visent à garantir l’exécution des peines prononcées contre ceux qui « nuisent au pays depuis l’étranger ». Le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, a qualifié les exilés de « traîtres » et de « criminels », affirmant que l’opposition politique est déjà représentée au Parlement. Le vice-président Piotr Tolstoï a estimé que les restrictions feraient « changer de ton » certains « combattants de la liberté », ajoutant que « le portefeuille est l’organe le plus sensible d’un libéral ». Les infractions ciblées incluent le « discrédit » des forces armées, les appels à des sanctions, la participation à des organisations « indésirables » et le non-respect des obligations liées au statut d’« agent de l’étranger ».
Les organisations de défense des droits humains, notamment Human Rights Watch, ont dénoncé une législation de « mort civile » qui étend la répression au-delà des frontières russes, et ont appelé les gouvernements occidentaux à fournir des documents de voyage et des autorisations de travail aux ressortissants russes affectés. L’avocate Anastasia Bourakova, fondatrice de l’ONG Kovcheg, a souligné que ces dispositions placent les personnes visées dans une situation d’apatridie de fait, en les privant de toute interaction avec l’État. Cette perspective pourrait accentuer les tensions entre Moscou et les capitales européennes, déjà exacerbées par le conflit ukrainien.
Ce nouveau train de mesures s’inscrit dans un durcissement législatif continu depuis 2022, marqué par l’adoption de lois sur les « fausses informations » concernant l’armée et le contrôle des « agents de l’étranger ». Il intervient alors que des centaines de milliers de Russes ont quitté le pays après le déclenchement du conflit, créant une diaspora critique que les autorités russes entendent neutraliser par ces dispositions. Le texte doit désormais être examiné par le Conseil de la Fédération avant d’être soumis à la signature du président Vladimir Poutine, une formalité qui devrait intervenir dans les prochains jours.
| Presse européenne continentale | −0.80 | critical |
|---|---|---|
| Presse russe et CEI | +0.60 | aligned |
La Douma russe impose une 'mort civile' aux critiques exilés, les coupant des services bancaires, consulaires et des droits de propriété en punition de la dissidence politique.
Elle présente la loi comme une violation universelle des droits de l'homme en utilisant des termes comme 'mort civile' et en soulignant l'impact dévastateur sur les émigrés, délégitimant ainsi la justification du gouvernement russe.
Le bloc omet le contexte juridique selon lequel la loi ne s'applique qu'aux personnes condamnées par contumace pour des crimes spécifiques, et non à tous les émigrés.
La Douma d'État protège la souveraineté nationale en restreignant les droits de ceux qui échappent à la justice et nuisent au pays depuis l'étranger, les qualifiant de traîtres et de criminels.
Elle utilise le langage de l'inéluctabilité de la punition et de la condamnation morale des 'traîtres' pour présenter la loi comme une mesure légitime et nécessaire pour l'ordre et la sécurité.
Le bloc omet les préoccupations relatives aux droits de l'homme et la caractérisation indépendante de la loi comme une dépossession de la citoyenneté, la présentant uniquement comme une réponse à l'évasion pénale.
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