
Feu vert du Parlement européen à l’accord commercial avec Washington : un répit sous conditions
Les eurodéputés ont approuvé mardi la suppression des droits de douane sur les produits industriels américains, ultime étape d’un compromis fragile arraché l’été dernier par Donald Trump.
Le Parlement européen a définitivement adopté, mardi 16 juin à Strasbourg, les deux règlements qui concrétisent le volet européen de l’accord commercial conclu en juillet 2025 entre Ursula von der Leyen et Donald Trump sur le golf écossais de Turnberry. Par 440 voix contre 151 et 50 abstentions, les eurodéputés ont entériné la suppression des tarifs douaniers sur l’ensemble des biens industriels en provenance des États-Unis, ainsi qu’un accès préférentiel pour une large gamme de produits agricoles et de la mer – homard américain inclus. Ce vote, qui doit encore être formellement avalisé par le Conseil de l’UE avant la date butoir du 4 juillet fixée par Washington, met fin à près de onze mois d’atermoiements et de tensions transatlantiques.
L’accord de Turnberry prévoyait qu’en échange de ce désarmement tarifaire européen, les droits de douane américains sur la plupart des exportations de l’UE seraient plafonnés à 15 %. Mais la mise en œuvre a été retardée par un climat politique empoisonné : menaces de Donald Trump sur le Groenland, décision de la Cour suprême américaine invalidant une partie de ses taxes, et méfiance persistante au sein de l’hémicycle européen. La présidente de la commission du commerce international, le social-démocrate allemand Bernd Lange, a ainsi imposé plusieurs garde-fous, transformant ce qui devait être une simple ratification en un texte renforcé. Une clause d’extinction au 31 décembre 2029, reconductible, et un mécanisme de suspension automatique des préférences en cas de violation par les États-Unis – par exemple un relèvement unilatéral des tarifs – ont été introduits. Bruxelles attend également de Washington qu’il réduise d’ici la fin de l’année les droits sur les machines à laver et certains produits sidérurgiques, faute de quoi l’UE se réserve le droit de rétablir ses propres taxes.
Dans les capitales européennes, le soulagement est teinté de résignation. La presse allemande, de la Süddeutsche Zeitung au tabloïd Bild, décrit un « répit » pour l’industrie du continent, mais souligne que la Commission et les gouvernements ont dû patienter de longs mois sous la pression de la Maison-Blanche. Les médias italiens insistent sur le caractère temporaire du dispositif, quand les journaux francophones – Le Temps à Genève, Le Devoir à Montréal – rappellent que les clauses protectrices ont été directement calquées sur les méthodes de négociation trumpiennes. Du côté russe, Interfax et Kommersant relèvent la fragilité de l’édifice, tandis que la presse arabe, comme le quotidien libanais An-Nahar, met l’accent sur l’espoir d’une « accalmie » après des mois de bras de fer.
Au-delà du Vieux Continent, la perception oscille entre constat d’un rapport de force déséquilibré et anticipation de nouveaux chaos. Le South China Morning Post titre sur une Europe qui « plie sous la pression de Trump tout en avertissant d’un chaos futur », tandis que le quotidien indien The Hindu replace l’épisode dans une longue séquence de turbulences commerciales. L’administration américaine, de son côté, n’a jamais caché son impatience : le président Trump menaçait d’imposer des droits « bien plus élevés » si l’UE ne respectait pas son échéance du 4 juillet, date hautement symbolique outre-Atlantique.
Ce compromis n’est donc qu’une trêve dans une guerre commerciale qui ne dit pas son nom. Il offre une bouffée d’oxygène aux exportateurs européens d’automobiles et de machines, mais laisse entière la question de la souveraineté normative du continent face à un partenaire américain érigeant l’unilatéralisme en doctrine. La clause de temporanéité et les mécanismes de rétorsion dessinent les contours d’une paix armée, où chaque camp conserve ses munitions. À l’approche de l’échéance de 2029, la relation commerciale transatlantique restera suspendue à l’évolution politique à Washington comme à la capacité de Bruxelles à faire bloc.
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Le Parlement européen a définitivement approuvé l'accord commercial avec les États-Unis, supprimant les droits de douane sur les produits industriels américains. Une démarche pragmatique pour apaiser les relations transatlantiques et éviter une nouvelle escalade tarifaire. La large majorité témoigne de la volonté de Bruxelles de respecter l'engagement pris l'été dernier.
Après des mois d'attente, l'Union européenne a finalement approuvé l'accord tarifaire avec Washington, supprimant les droits sur les produits industriels américains. Ce geste, longtemps retardé, répond au mécontentement du président Trump face à la lenteur de Bruxelles. Il clôt un chapitre mouvementé des relations commerciales transatlantiques.
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