
L’UE durcit sa politique de retour et ouvre la voie aux centres d’expulsion hors de ses frontières
Le Parlement européen a adopté un nouveau règlement qui accélère les expulsions de migrants en situation irrégulière et autorise la création de « hubs de retour » dans des pays tiers, au grand dam des progressistes.
Réuni en session plénière à Strasbourg, le Parlement européen a approuvé mercredi le nouveau règlement sur les retours par 418 voix contre 218 et 30 abstentions, un texte qui remplace la directive de 2008 et s’inscrit dans le Pacte sur la migration et l’asile entré en vigueur le 12 juin. Ce vote, acquis grâce à une alliance inédite entre le Parti populaire européen, les conservateurs d’ECR et une partie de l’extrême droite, illustre un basculement du centre de gravité politique du continent. Dans l’hémicycle, les élus de la droite radicale ont scandé « Renvoyons-les ! », tandis que les bancs de la gauche dénonçaient une « honte » et un recul des droits fondamentaux.
Le règlement impose désormais à tout ressortissant de pays tiers en séjour irrégulier l’obligation de quitter immédiatement le territoire ou dans un délai fixé, et permet un placement en rétention pouvant aller jusqu’à vingt-quatre mois. Sa disposition la plus controversée autorise les États membres à transférer des migrants, à l’exception des mineurs non accompagnés, vers des « hubs de retour » situés dans des pays tiers avec lesquels l’UE conclura des accords bilatéraux. Les capitales nordiques et les organisations de défense des droits humains ont exprimé leur inquiétude, rappelant que les enfants fuyant la guerre ont besoin de protection, non de murs et de centres de détention externalisés.
Pour Rome, ce vote consacre une victoire diplomatique. La présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a salué un « succès historique » qui suit la voie ouverte par le protocole Italie-Albanie, présenté comme un modèle de gestion externalisée des demandes d’asile. La péninsule, longtemps en première ligne des arrivées en Méditerranée centrale, voit dans ce texte une légitimation de sa stratégie. En parallèle, la Commission européenne a mis en avant les résultats de sa coopération avec Tunis : selon Ursula von der Leyen, les arrivées irrégulières en provenance de ce pays ont chuté de 97 % depuis la signature du mémorandum d’entente en 2023, un chiffre qui renforce le discours bruxellois sur l’efficacité des partenariats avec les pays de transit.
L’adoption de ce règlement, qui entrera en application douze mois après sa publication officielle – certaines dispositions, comme celles sur les hubs de retour, étant immédiates –, marque une étape supplémentaire dans la normalisation d’une approche restrictive de la mobilité humaine. Alors que le Conseil doit encore formellement approuver le texte, une formalité, les regards se tournent vers les négociations à venir avec d’éventuels pays hôtes. Dans le même temps, l’UE a trouvé un accord provisoire sur la révision des droits des passagers aériens, imposant davantage de transparence sur les bagages et des indemnisations renforcées en cas de retard, signe que la machine législative européenne avance sur plusieurs fronts, entre rigueur migratoire et protection des consommateurs.
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Le Parlement européen a adopté définitivement le règlement sur les retours, qui prévoit des centres de détention hors UE et une rétention pouvant aller jusqu'à 24 mois. Le commissaire européen a affirmé qu'il s'agissait de mettre de l'ordre dans la maison européenne, tandis que les forces de droite se sont réjouies. La gauche s'est inquiétée pour les mineurs et les demandeurs d'asile.
Les législateurs de l'UE s'apprêtent à approuver des règles migratoires plus strictes, autorisant des centres d'expulsion hors de l'Union et des pouvoirs de détention élargis. Le texte, qui a progressé rapidement, permet d'envoyer les migrants en situation irrégulière dans des 'hubs de retour'. Ce vote constitue l'une des dernières étapes d'un durcissement notable de la politique migratoire.
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