
Accord Washington-Téhéran : Israël poursuit ses frappes au Liban malgré les remontrances de Trump
Malgré l’annonce d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran et les critiques publiques de Donald Trump à l’encontre de Benyamin Netanyahou, l’armée israélienne a mené de nouveaux raids dans le sud du Liban, fragilisant un peu plus l’équilibre régional.
Au lendemain des vives remontrances adressées par Donald Trump au Premier ministre israélien, l’aviation et l’artillerie israéliennes ont de nouveau frappé, mercredi 17 juin, plusieurs localités du sud du Liban. Les raids ont visé les environs de Nabatieh al‑Fawqa, Kfar Tebnit et Ansariyeh, selon l’Agence nationale d’information libanaise, tandis que des troupes israéliennes progressaient en direction de Hadatha, dans le district de Bint Jbeil. Ces opérations surviennent alors qu’un accord entre Washington et Téhéran, annoncé lundi et incluant le volet libanais selon le Pakistan médiateur, était censé ouvrir la voie à une désescalade. Si les violences ont diminué, elles n’ont pas cessé : au moins cinq personnes ont péri dans des frappes israéliennes depuis la conclusion de l’accord, rapporte la presse libanaise.
La séquence diplomatique a pris un tour inattendu lors du sommet du G7 à Évian, où le président américain a publiquement tancé Benyamin Netanyahou, l’enjoignant d’être « plus responsable vis‑à‑vis du Liban » et se disant « mécontent de la manière dont Israël s’est comporté avec le Liban et le Hezbollah ». Tout en revendiquant un rôle décisif dans la survie d’Israël – « sans moi, il n’y aurait pas d’Israël » –, Donald Trump a jugé que la campagne militaire israélienne durait « trop longtemps » et tuait « trop de gens ». Ce langage inhabituel entre les deux alliés traduit une pression intérieure américaine, la guerre étant impopulaire et ayant fait grimper les prix de l’essence, mais aussi la volonté de la Maison‑Blanche de préserver un accord avec l’Iran qui reste conditionnel : Trump a menacé de reprendre les frappes si Téhéran ne « se tenait pas bien ».
Du côté iranien, la riposte verbale n’a pas tardé. L’armée iranienne a mis en garde contre une « réponse sévère » si les attaques israéliennes se poursuivaient, tandis que le Hezbollah a conditionné la signature d’un éventuel accord nucléaire à l’arrêt total des opérations israéliennes au Liban. Sur le terrain, le mouvement chiite a tiré plus de dix roquettes sur des soldats israéliens près de Kfartebnit et revendiqué une attaque contre une force blindée qui tentait d’avancer. Les médias israéliens, cités par la presse régionale, évoquent de leur côté l’interception de roquettes et la préparation d’une présence militaire prolongée au Liban, en dépit du cadre diplomatique en gestation.
Cette nouvelle crispation met en lumière la fragilité intrinsèque d’un processus de paix qui dépend autant de la volonté des parrains américain et iranien que de l’attitude d’acteurs régionaux aux agendas divergents. Les observateurs européens, réunis à Évian, ont pu mesurer la difficulté à imposer une trêve durable lorsque l’un des belligérants, Israël, semble déterminé à poursuivre ses objectifs militaires contre le Hezbollah, et que l’autre, l’Iran, utilise le levier libanais pour négocier un allégement des sanctions. Dans les capitales francophones, de Paris à Beyrouth en passant par Québec, on suit avec inquiétude une équation où la parole présidentielle américaine, fût‑elle musclée, se heurte à la réalité d’un front toujours actif et à la perspective d’une escalade aux conséquences humanitaires déjà lourdes – près de quatre mille morts et plus d’un million de déplacés libanais depuis le 2 mars.
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Malgré l'accord entre Washington et Téhéran et les critiques de Trump, Israël poursuit ses frappes au Liban-Sud, tuant des civils et déplaçant plus d'un million de personnes. La presse arabe dénonce la violation de l'entente et met en avant le bilan humain, accusant Israël de saboter la trêve fragile.
Trump réprimande Netanyahu au G7, appelant à plus de responsabilité au Liban tout en vantant l'accord avec l'Iran. Les frappes israéliennes se poursuivent malgré l'entente, mais les détails restent confidentiels. L'accent est mis sur la tension diplomatique et le sort incertain de l'accord.
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