Se connecter
Édition de 20:00 CETjeudi 18 juin 2026
311 sources · 17 langues216 briefings aujourd'hui
Économiemercredi 17 juin 2026

Inflation britannique : une stabilité inattendue à 2,8 % en mai

Alors que les économistes anticipaient une hausse à 3 % sous l’effet du conflit en Iran, l’indice des prix à la consommation est resté inchangé, porté par la baisse des prix alimentaires.

Contre toute attente, l’inflation au Royaume-Uni s’est maintenue à 2,8 % en mai, son plus bas niveau depuis treize mois, selon les chiffres publiés par l’Office national de la statistique (ONS) à la veille d’une décision cruciale de la Banque d’Angleterre. Les économistes interrogés par Reuters tablaient sur une remontée à 3 %, tandis que la Banque d’Angleterre elle-même, dans ses prévisions d’avril, anticipait une accélération à 3,3 % sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Ce décalage a immédiatement trouvé un écho sur les marchés : la livre sterling s’est affaiblie face au dollar, les rendements des obligations d’État britanniques ont touché un nouveau plus bas de deux mois et les anticipations de hausse des taux directeurs ont été revues à la baisse.

La stabilité apparente de l’indice des prix à la consommation masque toutefois des mouvements contrastés. Le secteur des transports a exercé la plus forte pression haussière, avec une progression de 6,8 % sur un an – un record depuis décembre 2022 – alimentée par la flambée des tarifs aériens (+10,3 % entre avril et mai), la hausse des carburants et l’alourdissement de la taxe sur les véhicules. Mais ces tensions ont été compensées par un net ralentissement des prix alimentaires : la viande, les produits laitiers et les légumes ont vu leurs prix reculer, tandis que le coût du combustible pour le chauffage domestique a également baissé, atténuant l’impact de la cherté du pétrole sur le budget des ménages. Grant Fitzner, économiste en chef de l’ONS, a souligné que « divers mouvements de prix se sont neutralisés » après le coup de frein observé en avril.

D’un point de vue géopolitique, cette résilience inattendue de l’inflation britannique contraste avec les tensions qui secouent les marchés énergétiques mondiaux. La guerre au Moyen-Orient, menée par Washington et Tel-Aviv contre Téhéran, a fait grimper les cours du brut, renchérissant les importations européennes. Pourtant, comme l’a relevé la ministre des Finances Rachel Reeves, si le conflit « entraîne une hausse des prix à l’échelle mondiale », le Royaume-Uni a réussi à contenir la dérive grâce à la modération des prix alimentaires et à la baisse du fioul domestique. Les observateurs du continent, notamment à Paris et à Bruxelles, notent que cette dynamique pourrait offrir un répit temporaire aux banques centrales européennes confrontées à des dilemmes similaires, même si la persistance des risques géopolitiques continue d’assombrir les perspectives de désinflation dans la zone euro.

Les analystes londoniens restent néanmoins prudents quant à la trajectoire future. La plupart estiment que l’inflation britannique devrait repartir à la hausse dans les mois à venir, sous l’effet différé de la flambée des prix de l’énergie et de la vigueur persistante des prix des services. La Banque d’Angleterre, qui se réunit ce jeudi, pourrait voir dans cette stabilité inattendue un argument pour maintenir ses taux, mais la perspective d’une remontée de l’inflation au second semestre limite sa marge de manœuvre. Pour les ménages britanniques, cette pause dans l’escalade des prix offre un soulagement bienvenu, même si la guerre au Moyen-Orient et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement continuent de faire planer la menace d’une nouvelle poussée inflationniste.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 2 langues

0%
TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Stampa latinoamericanaStampa del Golfo arabo
Stampa latinoamericana/ mercato
pragmatismodistacco

En mai, l'inflation britannique est restée à 2,8%, déjouant les prévisions des experts. Les prix des transports ont augmenté de 6,8%, tandis que l'inflation alimentaire a ralenti à 2,2%, compensant les pressions haussières.

Stampa del Golfo arabo
scetticismourgenza

L'inflation britannique est restée étonnamment à 2,8% en mai, son plus bas niveau en 13 mois, inférieure à toutes les prévisions. Publiés la veille de la décision de taux de la Banque d'Angleterre, les chiffres ont affaibli la livre et réduit les anticipations de hausse. Les pressions sur les prix de l'énergie liées aux tensions américano-israéliennes ont été compensées par le ralentissement des prix alimentaires.

Articles liés

Lire plus
Dernières
Mondial 2026 : la jambe brisée d’Ismaël Koné assombrit le festival canadien·« Réveillez-vous et sentez la réalité » : la mise en garde cinglante de JD Vance à Israël·US Open : brouillard, blessure et espoirs européens à Shinnecock Hills·Le coût réel de la pollution, entre régulation européenne et injustices comptables·Narcotrafic : saisies massives et pièges artisanaux, de Rio à l’Île-du-Prince-Édouard·Liverpool officialise Munoz et prépare une offre record pour Diomande·Trump contre Obama : deux accords avec l’Iran, deux logiques opposées·Budgets 2025 : entre subventions ciblées et quête d’excellence éducative·Mondial 2026 : la jambe brisée d’Ismaël Koné assombrit le festival canadien·« Réveillez-vous et sentez la réalité » : la mise en garde cinglante de JD Vance à Israël·US Open : brouillard, blessure et espoirs européens à Shinnecock Hills·Le coût réel de la pollution, entre régulation européenne et injustices comptables·Narcotrafic : saisies massives et pièges artisanaux, de Rio à l’Île-du-Prince-Édouard·Liverpool officialise Munoz et prépare une offre record pour Diomande·Trump contre Obama : deux accords avec l’Iran, deux logiques opposées·Budgets 2025 : entre subventions ciblées et quête d’excellence éducative·
Màj 11:342 langues · 3 sources
3 sources|2 langues|3 min de lecture
mercredi 17 juin 2026

Inflation britannique : une stabilité inattendue à 2,8 % en mai

Alors que les économistes anticipaient une hausse à 3 % sous l’effet du conflit en Iran, l’indice des prix à la consommation est resté inchangé, porté par la baisse des prix alimentaires.

Contre toute attente, l’inflation au Royaume-Uni s’est maintenue à 2,8 % en mai, son plus bas niveau depuis treize mois, selon les chiffres publiés par l’Office national de la statistique (ONS) à la veille d’une décision cruciale de la Banque d’Angleterre. Les économistes interrogés par Reuters tablaient sur une remontée à 3 %, tandis que la Banque d’Angleterre elle-même, dans ses prévisions d’avril, anticipait une accélération à 3,3 % sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Ce décalage a immédiatement trouvé un écho sur les marchés : la livre sterling s’est affaiblie face au dollar, les rendements des obligations d’État britanniques ont touché un nouveau plus bas de deux mois et les anticipations de hausse des taux directeurs ont été revues à la baisse.

La stabilité apparente de l’indice des prix à la consommation masque toutefois des mouvements contrastés. Le secteur des transports a exercé la plus forte pression haussière, avec une progression de 6,8 % sur un an – un record depuis décembre 2022 – alimentée par la flambée des tarifs aériens (+10,3 % entre avril et mai), la hausse des carburants et l’alourdissement de la taxe sur les véhicules. Mais ces tensions ont été compensées par un net ralentissement des prix alimentaires : la viande, les produits laitiers et les légumes ont vu leurs prix reculer, tandis que le coût du combustible pour le chauffage domestique a également baissé, atténuant l’impact de la cherté du pétrole sur le budget des ménages. Grant Fitzner, économiste en chef de l’ONS, a souligné que « divers mouvements de prix se sont neutralisés » après le coup de frein observé en avril.

D’un point de vue géopolitique, cette résilience inattendue de l’inflation britannique contraste avec les tensions qui secouent les marchés énergétiques mondiaux. La guerre au Moyen-Orient, menée par Washington et Tel-Aviv contre Téhéran, a fait grimper les cours du brut, renchérissant les importations européennes. Pourtant, comme l’a relevé la ministre des Finances Rachel Reeves, si le conflit « entraîne une hausse des prix à l’échelle mondiale », le Royaume-Uni a réussi à contenir la dérive grâce à la modération des prix alimentaires et à la baisse du fioul domestique. Les observateurs du continent, notamment à Paris et à Bruxelles, notent que cette dynamique pourrait offrir un répit temporaire aux banques centrales européennes confrontées à des dilemmes similaires, même si la persistance des risques géopolitiques continue d’assombrir les perspectives de désinflation dans la zone euro.

Les analystes londoniens restent néanmoins prudents quant à la trajectoire future. La plupart estiment que l’inflation britannique devrait repartir à la hausse dans les mois à venir, sous l’effet différé de la flambée des prix de l’énergie et de la vigueur persistante des prix des services. La Banque d’Angleterre, qui se réunit ce jeudi, pourrait voir dans cette stabilité inattendue un argument pour maintenir ses taux, mais la perspective d’une remontée de l’inflation au second semestre limite sa marge de manœuvre. Pour les ménages britanniques, cette pause dans l’escalade des prix offre un soulagement bienvenu, même si la guerre au Moyen-Orient et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement continuent de faire planer la menace d’une nouvelle poussée inflationniste.

Divergence des sources

Économie · 3 sources · 2 langues

0%Faible

À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

Comment ils se divisent

Neutre100%

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 2 langues

TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Stampa latinoamericanaStampa del Golfo arabo
Stampa latinoamericana/ mercato
pragmatismodistacco

En mai, l'inflation britannique est restée à 2,8%, déjouant les prévisions des experts. Les prix des transports ont augmenté de 6,8%, tandis que l'inflation alimentaire a ralenti à 2,2%, compensant les pressions haussières.

Stampa del Golfo arabo
scetticismourgenza

L'inflation britannique est restée étonnamment à 2,8% en mai, son plus bas niveau en 13 mois, inférieure à toutes les prévisions. Publiés la veille de la décision de taux de la Banque d'Angleterre, les chiffres ont affaibli la livre et réduit les anticipations de hausse. Les pressions sur les prix de l'énergie liées aux tensions américano-israéliennes ont été compensées par le ralentissement des prix alimentaires.

Cette actualité est parue dans

3 sources · 2 langues

Articles liés

Géopolitique et politique

Trêve Iran-États-Unis : Washington lève le blocus naval et ouvre une négociation à hauts risques

6 langues · 32 sources

Géopolitique et politique

Trump prédit un cessez-le-feu total au Moyen-Orient après l’accord avec l’Iran

6 langues · 10 sources

Économie

Accord États-Unis-Iran : le pétrole chute à son plus bas niveau depuis le début du conflit

5 langues · 11 sources

Lire plus