
L'Asie renforce son emprise sur la compétitivité mondiale, l'Europe trébuche
Singapour et Hong Kong dominent le classement IMD 2026, tandis que la transition énergétique stagne, révélant les fractures d'une économie mondiale sous tensions.
Le paysage de la compétitivité mondiale a connu un bouleversement significatif en 2026. Selon le classement annuel de l'Institute for Management Development (IMD), Singapour a reconquis la première place, détrônant la Suisse qui recule au troisième rang, pénalisée par la vigueur du franc et les droits de douane américains. Hong Kong, poursuivant une ascension entamée il y a trois ans, s'installe en deuxième position, tandis que Taïwan atteint un niveau record au quatrième rang. Cette domination asiatique, qui place également les Émirats arabes unis au cinquième rang, reflète une efficacité accrue des entreprises et une stabilité institutionnelle dans la région, alors que l'Europe voit plusieurs de ses économies phares perdre du terrain.
Le recul européen ne se limite pas à la Suisse. L'Allemagne chute de quatre places pour se retrouver au 23e rang, et le Danemark, pourtant modèle de résilience, cède également du terrain. En revanche, les États-Unis font leur retour dans le top 10, portés par des performances économiques robustes. L'Amérique latine, elle, essuie une dégradation quasi généralisée : le Mexique dégringole de sept places (62e), la Colombie de cinq (59e), tandis que le Chili (43e) et l'Argentine (58e) peinent à suivre le rythme. Seule la Malaisie se distingue par un bond spectaculaire de huit rangs, à la 15e place, fruit de réformes gouvernementales qui ont renforcé l'efficacité de l'administration et attiré les investissements.
Parallèlement, la transition énergétique mondiale donne des signes d'essoufflement. L'Indice de transition énergétique 2026 du Forum économique mondial, évaluant 120 pays, enregistre un recul de 0,76 % du niveau de préparation global – la plus forte baisse en plus d'une décennie. La moyenne planétaire stagne à 57,3 points, révélant que les flux de capitaux ne suffisent plus à accélérer le déploiement des énergies propres. Les pays nordiques et européens (Suède, Finlande, Danemark, Estonie, Norvège, Suisse, Lettonie, Allemagne, France) continuent de dominer le haut du classement, mais même ces leaders voient leur progression ralentir. Le Mexique, par exemple, recule de quatre places au 59e rang, illustrant les difficultés des économies émergentes à concilier développement et décarbonation.
Cette double lecture – compétitivité et transition énergétique – met en lumière les fractures croissantes d'une économie mondiale secouée par les tensions commerciales et la recomposition des chaînes de valeur. La montée en puissance asiatique, couplée à l'essoufflement européen, interroge la capacité des modèles traditionnels à s'adapter aux nouvelles réalités géopolitiques. Alors que les investissements directs étrangers se rétractent sous l'effet des barrières douanières, la quête de compétitivité risque de reléguer au second plan les impératifs climatiques. Pour de nombreux pays du Sud, l'équation devient insoluble : attirer les capitaux sans sacrifier les ambitions environnementales. L'année 2026 pourrait ainsi marquer un tournant où la prospérité économique et la soutenabilité écologique empruntent des chemins divergents.
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Hong Kong brille d'un double succès : deuxième place en compétitivité mondiale et deux universités parmi les vingt premières mondiales pour la première fois. Le système éducatif de la ville est le plus amélioré d'Asie pour la deuxième année consécutive, tandis que l'économie fait preuve d'une résilience qui la porte à son meilleur niveau depuis sept ans.
La Suisse perd sa couronne de compétitivité, passant de la première à la troisième place, tandis que Singapour retrouve le sommet et Hong Kong grimpe au deuxième rang. Le déclin européen est manifeste : l'Allemagne recule également, pénalisée par les conflits commerciaux et la faiblesse économique. Hong Kong progresse pour la troisième année consécutive, portée par des résultats économiques solides.
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