
Frappes israéliennes au Liban malgré l’accord américano-iranien : la sécurité avant la paix ?
Au lendemain de la signature d’un mémorandum entre Washington et Téhéran, un drone israélien a tué au moins une personne à Kfartebnit, tandis que l’État hébreu refuse tout retrait du sud du Liban.
Un drone israélien a frappé une voiture jeudi à Kfartebnit, localité du sud du Liban située à proximité de la « ligne jaune » tracée unilatéralement par l’armée israélienne. Selon les médias libanais, l’attaque a fait au moins un mort et un blessé grave, tandis qu’une autre frappe visait une habitation à Yahoun, blessant deux personnes. Ces tirs sont intervenus au lendemain de la signature, mercredi, d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris au Liban. La presse latino-américaine, citant le quotidien colombien El Colombiano, s’interroge ouvertement sur la viabilité de cet accord de paix alors que les hostilités se poursuivent sur le terrain.
Du côté israélien, la riposte diplomatique a été immédiate et sans ambiguïté. L’armée a publié une carte de sa « zone de sécurité », qui s’étend sur une dizaine de kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, et a annoncé qu’elle continuerait d’y opérer « pour éliminer les menaces et renforcer la défense des habitants du nord d’Israël ». Un responsable militaire a même précisé que les troupes agiraient au-delà de cette zone si nécessaire. Le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a martelé, lors d’une cérémonie dans le nord du pays, qu’Israël « ne se retirera pas tant que les besoins de sécurité l’exigeront ». La presse indonésienne, par la voix de CNN Indonesia, qualifie cette posture de « keras kepala » – une obstination têtue – et souligne le contraste entre la volonté de Washington et de Téhéran de normaliser la région et le refus israélien de desserrer son emprise.
Cette escalade verbale et militaire s’accompagne d’un lourd tribut humain. L’armée israélienne a annoncé la mort d’un de ses soldats, le sergent-chef Alexander Filin, et sept blessés lors d’un incident survenu la veille dans le sud du Liban. Les médias libanais rapportent que, depuis l’annonce de l’accord lundi, le niveau de violence a nettement diminué, mais les frappes israéliennes n’ont pas cessé. Ce décalage entre la dynamique diplomatique et la réalité du terrain nourrit un profond scepticisme quant à la capacité du mémorandum américano-iranien à imposer un cessez-le-feu durable, d’autant qu’Israël n’est pas signataire du texte et que le Hezbollah, acteur incontournable au Liban, n’a pas été associé aux négociations.
Pour les chancelleries européennes et les opinions publiques francophones, de Beyrouth à Bruxelles en passant par Montréal, cette séquence illustre la fragilité des architectures de paix imposées sans l’adhésion de toutes les parties belligérantes. L’accord entre Washington et Téhéran, aussi historique soit-il, risque de rester lettre morte si Israël persiste à définir unilatéralement ses impératifs de sécurité au détriment de la souveraineté libanaise. Les prochains jours diront si la communauté internationale, et en particulier la France, traditionnellement attentive au Liban, saura peser pour éviter que la « zone de sécurité » ne devienne le tombeau d’une paix encore embryonnaire.
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Malgré l'accord de paix entre les États-Unis et l'Iran, une frappe de drone israélienne a tué une personne dans le sud du Liban. Israël a annoncé qu'il poursuivrait ses opérations militaires dans la zone, tout en signalant la mort d'un soldat. L'attaque soulève des doutes sur la mise en œuvre du cessez-le-feu.
Israël refuse obstinément de retirer ses forces du sud du Liban, insistant sur le maintien d'une zone de sécurité. L'armée déclare qu'elle continuera à éliminer les menaces au-delà de cette zone, défiant l'accord de paix entre les États-Unis et l'Iran.
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