
Farnborough 2026 : Riyadh Air muscle sa flotte, Boeing temporise sur la production
Le salon aéronautique britannique s’est ouvert sur une double commande de la nouvelle compagnie saoudienne, tandis que l’avionneur américain met l’accent sur la stabilisation de ses chaînes d’approvisionnement.
L’édition 2026 du Salon international de Farnborough s’est ouverte le 20 juillet sur une série d’annonces contrastées. La plus significative est venue de Riyadh Air, qui a confirmé l’acquisition de 28 Boeing 787 Dreamliner supplémentaires – dont 20 convertis en version 787-10 – et de 6 Airbus A350-1000, portant ses commandes fermes à 67 et 31 appareils respectivement. La compagnie, détenue par le fonds souverain saoudien (PIF), aligne ainsi sa flotte long-courrier sur son objectif de desservir plus de 100 destinations d’ici 2030, en phase avec le plan Vision 2030 du royaume. Pour les observateurs du Golfe, cette consolidation de la flotte long-courrier constitue un jalon supplémentaire dans la stratégie de Riyad visant à capter une part du trafic de correspondance intercontinental.
Dans un marché où la demande reste robuste, les contraintes de production dictent pourtant le tempo. La directrice de la branche aviation commerciale de Boeing, Stephanie Pope, a indiqué que le constructeur privilégiait « l’écoute des clients et des fournisseurs » plutôt que l’annonce de nouvelles commandes, alors que le carnet de commandes dépasse 6 200 appareils. Les analystes européens du secteur notent que cette priorité donnée à la production reflète une saturation des carnets de commandes et la nécessité de regagner la confiance des investisseurs. La montée en cadence du 737 MAX, actuellement produite à environ 42 unités par mois, vise une première étape à 47, puis 52, avant d’envisager 63. Les livraisons de moteurs par GE Aerospace et les éléments d’intérieur du 787 restent des facteurs limitants. Cette prudence n’a pas empêché le loueur SMBC Aviation Capital de signer une commande ferme de 100 appareils de la famille 737 MAX, tandis que Philippine Airlines a paraphé un protocole d’accord pour l’achat de 15 Boeing 787-10, avec une option pour 5 supplémentaires, une première commande directe à l’américain depuis 2007.
En marge du salon, la compagnie nationale algérienne Air Algérie a franchi deux étapes distinctes. Elle a obtenu de Séoul les droits de trafic pour quatre vols hebdomadaires directs, devenant le deuxième transporteur africain à relier la Corée du Sud après Ethiopian Airlines. Parallèlement, son premier Boeing 737 MAX 8 est entré en service commercial sur des liaisons moyen-courriers, prélude à la réception de 18 appareils de cette famille et de 10 Airbus A330-900neo, dans le cadre d’un vaste renouvellement de flotte. En Afrique du Nord, cette double actualité illustre la volonté d’Air Algérie de moderniser son outil et d’élargir son réseau vers l’Asie, un marché encore peu desservi depuis le Maghreb.
Le salon, qui se tient jusqu’au 24 juillet, voit la défense occuper la moitié des 1 600 exposants, reflet des tensions géopolitiques actuelles. Les regards restent tournés vers les négociations en cours entre Turkish Airlines et les motoristes, dont l’aboutissement conditionnerait une méga-commande de 150 Boeing 737 MAX, ainsi que vers les discussions d’Etihad et de Flynas pour d’éventuelles extensions de flotte. Les milieux industriels turcs restent discrets sur l’avancement des pourparlers, mais une annonce est guettée avant la clôture du salon.
| Presse russe et CEI | −0.30 | critical |
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| Presse du Golfe arabe | +0.80 | aligned |
| Presse arabe Levant-Maghreb | +0.30 | aligned |
La Russie observe avec scepticisme les difficultés de production de Boeing, soulignant que les chaînes d'approvisionnement restent fragiles.
En se concentrant sur les problèmes techniques et d'approvisionnement, le récit minimise l'importance des commandes annoncées, déplaçant l'attention sur les faiblesses occidentales.
Il omet toute mention des commandes de Riyadh Air ou de l'expansion saoudienne, qui sont au cœur de l'actualité.
L'Arabie saoudite célèbre son succès : Riyadh Air double sa flotte et se projette vers 100 destinations, démontrant la force du Royaume.
Le langage du triomphe et de la vision stratégique est utilisé pour présenter la commande comme une étape inévitable vers le leadership mondial.
Il ne mentionne pas les difficultés de production de Boeing ni les retards de livraison, qui pourraient compromettre la crédibilité du plan.
Le monde arabe se présente comme un acteur dynamique : tandis que Riyadh Air se développe, Air Algérie modernise sa flotte et ouvre de nouvelles routes, démontrant une croissance régionale équilibrée.
Des nouvelles positives de différents pays sont mélangées pour créer une image de progrès collectif, évitant d'approfondir les problèmes individuels.
Il ne discute pas des tensions géopolitiques qui pourraient affecter les routes aériennes, ni des problèmes de production de Boeing qui concernent également Air Algérie.
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