
Du fracas des tambours à la course terrestre : un Festival des bateaux-dragons réinventé
Des rives de Hong Kong au Grand Canal de Pékin, en passant par une course terrestre à Taïwan, la fête de Duanwu a mêlé rites millénaires, ferveur populaire et adaptations inattendues.
Le 19 juin au matin, les tambours ont repris leur martèlement sur la baie de Stanley, à Hong Kong. La veille, deux alertes noires à la pluie avaient été émises, laissant craindre l’annulation des courses. Pourtant, dès les premières heures du jour, des milliers de spectateurs se sont massés sur les plages et les fronts de mer d’Aberdeen, de Sha Tin ou de Sai Kung. « Nous pensions que la course serait annulée, mais le temps s’est amélioré et nous avons plutôt bien ramé », confiait Naomi Watanabe, une enseignante d’anglais de 25 ans membre du Hong Kong Japanese Dragon Boat Club. L’énergie des pagayeurs et les acclamations de la foule ont eu raison des intempéries.
Ce même jour, à Pékin, une dizaine d’équipages fendaient les eaux du Grand Canal sur des distances de 100, 200 et 500 mètres, sous les yeux de résidents et de touristes. À Taïwan, dans le district de Sanxia, la tradition a pris une forme inattendue : une course terrestre sur la vieille rue historique, où dix-sept équipes ont poussé des bateaux-dragons gonflables fabriqués à partir de matériaux recyclés. Les concurrents devaient s’arrêter pour consommer, dans un ordre précis, des spécialités locales – glace pilée au taro, pudding au tofu, gâteau au sang de porc et croissants dorés – avant de franchir la ligne. L’épreuve, remportée par l’école élémentaire Chajiao en 4 minutes et 8 secondes, ressuscite une course fluviale abandonnée depuis des décennies à cause de l’ensablement de la rivière.
Vieux de plus de deux mille ans, le Festival des bateaux-dragons, ou Duanwu, puise dans un entrelacs de croyances. La légende la plus connue l’associe au poète Qu Yuan, qui se serait noyé par désespoir patriotique : les courses de bateaux imiteraient la recherche de son corps, et les zongzi – ces pyramides de riz gluant enveloppées de feuilles – auraient été jetées à l’eau pour éloigner les poissons. Mais l’historien Liu Xiaofeng, de l’université Tsinghua, rappelle que la fête est « probablement la plus riche et la plus diverse de toutes les fêtes traditionnelles chinoises », liée au solstice d’été et à l’équilibre du yin et du yang. On y éloigne les animaux venimeux, on confectionne des sachets parfumés, et l’on tente, à midi pile, de faire tenir un œuf debout pour capter les énergies positives.
Au-delà des rives, la fête a essaimé dans la diplomatie culinaire. Le ministre taïwanais des Affaires étrangères, Lin Chia-lung, a publié une vidéo où il déguste un zongzi accompagné de sauce piquante du Belize et d’un café glacé du Guatemala, alliés diplomatiques de l’île. « La première bouchée, c’est le goût familier de Taïwan ; la deuxième, les saveurs passionnées de notre allié », a-t-il commenté. À Hong Kong, certains participants portaient des costumes de Ne Zha, divinité taoïste. Mais une image demeure : celle de ces bateaux-dragons gonflables glissant sur le pavé de la vieille rue de Sanxia, entre les façades de l’époque coloniale japonaise, tandis que les concurrents engloutissaient des douceurs locales. Une tradition qui, pour ne pas s’enliser, a choisi de quitter l’eau.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Le festival des bateaux-dragons est présenté comme une tradition ancienne et vivante mêlant divertissement et patrimoine culturel. Les familles se réunissent pour déguster des zongzi et assister aux courses, l'histoire de plus de 2000 ans soulignant le lien entre la Chine moderne et ses racines. Le ton reste informatif et neutre, sans jugement explicite.
Malgré les fortes pluies récentes et les alertes noires à Hong Kong, le festival des bateaux-dragons s'est déroulé avec des foules enthousiastes et une ambiance animée. L'accent est mis sur la résilience de la communauté et l'atmosphère vivante, contrastant avec le mauvais temps antérieur et la journée ensoleillée du festival. Le récit reste factuel mais optimiste.
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