
Documentaire posthume : la croisade antiranienne du sénateur Graham, entre pressions sur Trump et retenue israélienne
Des centaines d’heures de rushs inédits montrent comment le sénateur américain Lindsey Graham a tenté d’entraîner Washington dans une guerre directe contre l’Iran, quitte à dépasser les lignes rouges de Benyamin Netanyahou.
Un projet documentaire britannique, dont des extraits ont été consultés par le Wall Street Journal, expose l’activisme guerrier du sénateur républicain Lindsey Graham, décédé il y a deux semaines. Les enregistrements, réalisés par le cinéaste Alex Holder avec un accès inédit depuis 2023, révèlent que l’élu de Caroline du Sud a mené pendant des années une campagne privée pour convaincre le président Donald Trump de s’engager militairement contre l’Iran, allant jusqu’à planifier un déplacement en Floride début mars pour obtenir un feu vert américain à des bombardements israéliens contre le Hezbollah au Liban.
Selon les sources israéliennes relayées par la presse de Tel-Aviv et de Jérusalem, le premier ministre Benyamin Netanyahou a personnellement dissuadé le sénateur d’ouvrir ce second front. Lors d’un appel téléphonique filmé à son insu, le chef du gouvernement israélien a estimé qu’une implication directe des États-Unis au Liban, en pleine campagne contre l’Iran, pousserait le Hezbollah à une escalade sans retenue et ne servirait pas les intérêts stratégiques d’Israël, alors entièrement concentré sur Téhéran. Graham, qui qualifiait lui-même cette entreprise de « jeu », s’est rangé à cet avis, tout en poursuivant ses efforts pour rallier Ryad à la cause antiranienne, notamment lors d’une rencontre avec le prince héritier Mohammed ben Salmane.
Du côté iranien, les médias réformateurs comme Khabar Online décrivent un sénateur « plus radical que Netanyahou lui-même », obsédé par la chute du régime et convaincu, à tort, que la République islamique perdrait le contrôle de plusieurs villes en moins d’un mois. Les sources russes, citant le Wall Street Journal, replacent cette séquence dans le cadre plus large des désaccords au Congrès sur l’extension des prérogatives présidentielles, rappelant que Graham était également l’auteur d’un projet de durcissement des sanctions contre Moscou. La presse indonésienne, qui suit les équilibres régionaux, souligne que le sénateur misait sur un effondrement rapide de l’Iran pour débloquer une normalisation israélo-saoudienne avant la prestation de serment du prochain Congrès américain.
Les rushs documentent aussi les frustrations croissantes de Graham, qui jugeait l’administration Trump trop timorée dans la communication sur la guerre et s’alarmait de la signature d’un accord préliminaire avec Téhéran en juin. Le film, provisoirement intitulé Lindsey’s Game, devrait sortir dans les prochains mois. D’ici là, les funérailles du sénateur, prévues en fin de mois, verront la participation de Benyamin Netanyahou, illustrant la centralité de cette relation dans la recomposition des alliances au Moyen-Orient.
| Presse israélienne | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse russe et CEI | −0.50 | critical |
| Presse iranienne et apparentée | −0.90 | critical |
| Presse d'Asie du Sud-Est | 0.00 | neutral |
Israël se présente comme un acteur responsable qui freine les bellicistes américains, faisant preuve de prudence là où Graham voulait l'escalade.
En contrastant l'agressivité de Graham avec la prudence de Netanyahu, le récit légitime la position d'Israël comme modérée et responsable.
Il omet les positions agressives passées de Netanyahu envers l'Iran, qui pourraient contredire l'image de modération.
La Russie dénonce les plans bellicistes américains, mettant en garde contre l'implication directe des États-Unis au Moyen-Orient.
En présentant le plan de Graham comme une tentative d'escalade, le récit russe légitime sa propre opposition à l'interventionnisme américain.
Il omet le rôle de Netanyahu dans le soutien aux actions militaires, se concentrant uniquement sur Graham comme seul agresseur.
L'Iran dévoile l'obsession belliciste américaine, dénonçant le cynisme de Graham qui traite la guerre comme un jeu.
En utilisant la métaphore du 'jeu' et en soulignant l'extrémisme de Graham, le récit iranien dépeint les États-Unis comme une menace irrationnelle et dangereuse.
Il omet le rôle de Netanyahu comme frein, ce qui aurait pu atténuer le récit d'un front uni contre l'Iran.
L'Asie du Sud-Est rapporte les faits sans prendre parti, décrivant l'épisode comme une manœuvre diplomatique normale.
Le récit se contente de résumer les informations du WSJ, sans ajouter d'interprétations, créant un effet d'objectivité.
Il omet toute analyse des implications régionales ou du contexte plus large des tensions USA-Iran, se limitant à une chronique nue.
Élargis ton regard
Face aux tarifs américains, le Brésil saisit une OMC paralysée
4 langues · 11 sources
Depuis TechnologyLa flambée des coûts de mémoire menace les smartphones d’entrée de gamme
4 langues · 7 sources
Depuis Science & HealthHépatites virales : une mortalité élevée chez les personnes âgées, révélatrice d’un dépistage tardif
7 langues · 8 sources