Se connecter
Édition de 20:00 CETsamedi 20 juin 2026
307 sources · 17 langues126 briefings aujourd'hui
Géopolitique et Politiquevendredi 19 juin 2026

Détroit d’Ormuz : regain de trafic après l’accord américano-iranien, mais incertitudes persistantes

Après l'accord entre Washington et Téhéran, 25 navires ont franchi le détroit le 18 juin, un pic depuis avril, mais le report des pourparlers sur le nucléaire et les risques de sécurité maintiennent l'incertitude.

Le 18 juin, 25 navires commerciaux ont traversé le détroit d’Ormuz, selon les données de la plateforme AXSMarine, soit le plus grand nombre en une journée depuis le 18 avril et plus de cinq fois la moyenne quotidienne des dix premiers jours de juin. Cette reprise fait suite à la signature, le 17 juin, d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran, qui a entraîné la levée, le lendemain, du blocus naval imposé par Washington aux ports iraniens depuis le 13 avril. Le blocus répondait au verrouillage du détroit par Téhéran après les frappes américaines et israéliennes du 28 février qui ont déclenché la guerre.

L’Autorité iranienne du détroit du Golfe Persique a aussitôt publié de nouvelles règles de transit : les demandes de passage doivent être soumises au moins 48 heures à l’avance, et les itinéraires comme les horaires sont coordonnés obligatoirement en raison de la présence de mines et d’autres risques. Téhéran a annoncé qu’il prendrait à sa charge, pendant la période de négociation de 60 jours, les frais de sécurité, de sûreté, d’environnement et d’assurance. Toutefois, les discussions prévues le 19 juin en Suisse pour lancer le processus sur le dossier nucléaire iranien ont été reportées sine die, jetant une ombre sur la pérennité de l’accalmie. Selon des sources proches des milieux maritimes, l’incertitude est renforcée par le fait que l’accord de cessez-le-feu devait également s’appliquer au Liban, mais que l’armée israélienne a annoncé de nouvelles frappes sur ce front le même jour.

Avant le conflit, environ 120 navires franchissaient quotidiennement ce goulet stratégique par où transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Depuis le début mars, la moyenne était tombée à 7,6 passages par jour. Le pic du 18 juin, bien que significatif, reste donc très en deçà des niveaux d’avant-guerre. Plus de 500 navires commerciaux et quelque 11 000 marins demeurent bloqués dans le Golfe, selon l’Organisation maritime internationale (OMI), qui travaille à un plan de transit sécurisé. Les armateurs, par la voix de BIMCO, s’attendent à la mise en place prochaine d’un organe de coordination international pour faciliter les traversées. Par ailleurs, AXSMarine a signalé que cette reprise du trafic s’est accompagnée de la plus vaste perturbation des signaux AIS observée dans le Golfe depuis le début des hostilités, plus de 200 navires ayant été affectés par des opérations de leurrage ou des comportements anormaux de leurs transpondeurs, ce qui laisse penser que le nombre réel de passages pourrait être supérieur.

Sur les marchés financiers, la signature de l’accord a entraîné une détente rapide des prix de l’énergie, les secteurs du transport et de l’énergie étant les premiers à en ressentir les effets, selon une note de la banque Swissquote. Toutefois, des interrogations demeurent quant à la capacité des États-Unis à consolider la paix sans la participation pleine d’Israël, dont les opérations militaires se poursuivent au Liban. Dans les capitales européennes, on suit avec attention l’évolution de ce dossier, qui conditionne la stabilité des approvisionnements énergétiques et la sécurité de la navigation dans une zone cruciale pour le commerce mondial. La reprise complète du trafic dépendra de la concrétisation des discussions sur le nucléaire iranien et de l’établissement d’un cadre de sécurité accepté par l’ensemble des acteurs régionaux.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 3 langues

0%
TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse européenne continentalePresse arabe Levant-Maghreb
Presse européenne continentale/ Méditerranéenne
DétachementPragmatisme

Le 18 juin, 25 navires commerciaux ont franchi le détroit d’Ormuz, le chiffre le plus élevé depuis la mi-avril. Selon les données d’AXSMarine, le volume était cinq fois supérieur à la moyenne quotidienne du début juin, après un accord ayant permis la réouverture de la voie.

Presse arabe Levant-Maghreb
PragmatismeScepticisme

Le pic de 25 navires le 18 juin fait suite à un mémorandum d’entente américano-iranien et à la levée du blocus américain des ports iraniens, imposé en réponse au verrouillage du détroit par Téhéran. Toutefois, les discussions prévues en Suisse pour lancer un processus de 60 jours n’ont pas eu lieu, jetant le doute sur l’accord.

Articles liés

Lire plus
Dernières
Neuer entre dans l'histoire, les Pays-Bas enchaînent : la 9e journée du Mondial·L'été des paradoxes : quand le repos révèle les fractures du travail·Mondial 2026 : le Mexique déroule, Prague au bord du précipice·Menaces d’intervention militaire à Cuba, La Havane promet des réformes économiques radicales·Incendie à Los Angeles : l’état d’urgence décrété face au brasier d’un entrepôt frigorifique·Inde : effondrement meurtrier d’un temple en construction dans le Maharashtra·Liban : la trêve avec le Hezbollah aussitôt bafouée par des frappes israéliennes·Le refus des bas salaires gagne du terrain, de Rome à Buenos Aires·Neuer entre dans l'histoire, les Pays-Bas enchaînent : la 9e journée du Mondial·L'été des paradoxes : quand le repos révèle les fractures du travail·Mondial 2026 : le Mexique déroule, Prague au bord du précipice·Menaces d’intervention militaire à Cuba, La Havane promet des réformes économiques radicales·Incendie à Los Angeles : l’état d’urgence décrété face au brasier d’un entrepôt frigorifique·Inde : effondrement meurtrier d’un temple en construction dans le Maharashtra·Liban : la trêve avec le Hezbollah aussitôt bafouée par des frappes israéliennes·Le refus des bas salaires gagne du terrain, de Rome à Buenos Aires·
Màj 17:473 langues · 4 sources
PrécédentGéopolitique et PolitiqueSuivant
4 sources|3 langues|3 min de lecture
vendredi 19 juin 2026

Détroit d’Ormuz : regain de trafic après l’accord américano-iranien, mais incertitudes persistantes

Après l'accord entre Washington et Téhéran, 25 navires ont franchi le détroit le 18 juin, un pic depuis avril, mais le report des pourparlers sur le nucléaire et les risques de sécurité maintiennent l'incertitude.

Le 18 juin, 25 navires commerciaux ont traversé le détroit d’Ormuz, selon les données de la plateforme AXSMarine, soit le plus grand nombre en une journée depuis le 18 avril et plus de cinq fois la moyenne quotidienne des dix premiers jours de juin. Cette reprise fait suite à la signature, le 17 juin, d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran, qui a entraîné la levée, le lendemain, du blocus naval imposé par Washington aux ports iraniens depuis le 13 avril. Le blocus répondait au verrouillage du détroit par Téhéran après les frappes américaines et israéliennes du 28 février qui ont déclenché la guerre.

L’Autorité iranienne du détroit du Golfe Persique a aussitôt publié de nouvelles règles de transit : les demandes de passage doivent être soumises au moins 48 heures à l’avance, et les itinéraires comme les horaires sont coordonnés obligatoirement en raison de la présence de mines et d’autres risques. Téhéran a annoncé qu’il prendrait à sa charge, pendant la période de négociation de 60 jours, les frais de sécurité, de sûreté, d’environnement et d’assurance. Toutefois, les discussions prévues le 19 juin en Suisse pour lancer le processus sur le dossier nucléaire iranien ont été reportées sine die, jetant une ombre sur la pérennité de l’accalmie. Selon des sources proches des milieux maritimes, l’incertitude est renforcée par le fait que l’accord de cessez-le-feu devait également s’appliquer au Liban, mais que l’armée israélienne a annoncé de nouvelles frappes sur ce front le même jour.

Avant le conflit, environ 120 navires franchissaient quotidiennement ce goulet stratégique par où transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Depuis le début mars, la moyenne était tombée à 7,6 passages par jour. Le pic du 18 juin, bien que significatif, reste donc très en deçà des niveaux d’avant-guerre. Plus de 500 navires commerciaux et quelque 11 000 marins demeurent bloqués dans le Golfe, selon l’Organisation maritime internationale (OMI), qui travaille à un plan de transit sécurisé. Les armateurs, par la voix de BIMCO, s’attendent à la mise en place prochaine d’un organe de coordination international pour faciliter les traversées. Par ailleurs, AXSMarine a signalé que cette reprise du trafic s’est accompagnée de la plus vaste perturbation des signaux AIS observée dans le Golfe depuis le début des hostilités, plus de 200 navires ayant été affectés par des opérations de leurrage ou des comportements anormaux de leurs transpondeurs, ce qui laisse penser que le nombre réel de passages pourrait être supérieur.

Sur les marchés financiers, la signature de l’accord a entraîné une détente rapide des prix de l’énergie, les secteurs du transport et de l’énergie étant les premiers à en ressentir les effets, selon une note de la banque Swissquote. Toutefois, des interrogations demeurent quant à la capacité des États-Unis à consolider la paix sans la participation pleine d’Israël, dont les opérations militaires se poursuivent au Liban. Dans les capitales européennes, on suit avec attention l’évolution de ce dossier, qui conditionne la stabilité des approvisionnements énergétiques et la sécurité de la navigation dans une zone cruciale pour le commerce mondial. La reprise complète du trafic dépendra de la concrétisation des discussions sur le nucléaire iranien et de l’établissement d’un cadre de sécurité accepté par l’ensemble des acteurs régionaux.

Divergence des sources

Géopolitique et Politique · 4 sources · 3 langues

0%Faible

À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

Comment ils se divisent

Neutre100%

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 3 langues

TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse européenne continentalePresse arabe Levant-Maghreb
Presse européenne continentale/ Méditerranéenne
DétachementPragmatisme

Le 18 juin, 25 navires commerciaux ont franchi le détroit d’Ormuz, le chiffre le plus élevé depuis la mi-avril. Selon les données d’AXSMarine, le volume était cinq fois supérieur à la moyenne quotidienne du début juin, après un accord ayant permis la réouverture de la voie.

Presse arabe Levant-Maghreb
PragmatismeScepticisme

Le pic de 25 navires le 18 juin fait suite à un mémorandum d’entente américano-iranien et à la levée du blocus américain des ports iraniens, imposé en réponse au verrouillage du détroit par Téhéran. Toutefois, les discussions prévues en Suisse pour lancer un processus de 60 jours n’ont pas eu lieu, jetant le doute sur l’accord.

Cette actualité est parue dans

4 sources · 3 langues

Articles liés

Sport

Raphinha, la blessure à répétition qui menace le parcours du Brésil

5 langues · 17 sources

Sport

Real Madrid dément tout contact avec Olise, Bayern inflexible

7 langues · 11 sources

Société & Culture

Un samedi de loteries : de Nova Iguaçu à Montevideo, la planète joue ses rêves

5 langues · 14 sources

Lire plus