
De Milan au Maranhão, les dérives sexistes des agents publics sous l’œil des caméras
En Italie et au Brésil, des employés municipaux détournent caméras de surveillance et véhicules de service à des fins sexistes, déclenchant enquêtes judiciaires et disciplinaires.
L’affaire qui secoue l’Azienda Trasporti Milanesi (ATM) depuis la mi-juin 2026 a franchi un cap judiciaire avec l’inscription d’un premier suspect au registre des personnes mises en cause pour « accès abusif à un système informatique ». Parallèlement, cinq perquisitions ont été menées par la police locale sous la coordination du parquet de Milan, tandis que l’entreprise a suspendu de service et de salaire les employés impliqués dans une boucle WhatsApp baptisée « Ticinese Staff ». C’est une passagère de 26 ans qui, en apercevant sur l’écran d’un chauffeur des photos de femmes accompagnées de commentaires obscènes, a déclenché l’affaire en partageant un cliché sur les réseaux sociaux. À plus de 7 000 kilomètres de là, dans la municipalité brésilienne de Lima Campo (Maranhão), un garde municipal fait l’objet d’une procédure administrative disciplinaire après avoir été surpris en train d’avoir des relations sexuelles dans un véhicule de service, suscitant l’indignation des habitants relayée par un élu local.
Le cœur de l’enquête milanaise consiste à déterminer comment les images de passagères ont été extraites du système de vidéosurveillance des tramways de la ligne 15. Les enquêteurs cherchent à établir si les clichés ont été simplement photographiés depuis l’écran de contrôle accessible aux conducteurs – ce qui constituerait une violation du règlement interne et de la vie privée – ou si les mis en cause ont pénétré de manière plus sophistiquée dans les serveurs centraux de stockage des enregistrements. Seule cette seconde hypothèse rendrait pleinement tangible l’infraction d’accès abusif à un système informatique, retenue par le parquet. L’ATM a annoncé avoir saisi le Garante per la protezione dei dati personali, l’équivalent italien de la CNIL, et déposé une plainte auprès de la police locale. Dans le contexte européen, où le Règlement général sur la protection des données (RGPD) impose des obligations strictes en matière de traitement d’images de surveillance, ce détournement de finalité pourrait exposer l’entreprise à des sanctions administratives, au-delà des poursuites pénales individuelles.
L’épisode brésilien, bien que moins technologique, n’en est pas moins révélateur d’un mésusage de l’autorité publique. Selon la presse locale, le garde municipal aurait été filmé ou surpris par des résidents alors qu’il se trouvait en tenue dans une voiture de patrouille. Le conseiller municipal Lucian Alves a porté l’affaire devant la chambre municipale, dénonçant une « révolte » de la population. La préfecture a immédiatement ouvert une procédure administrative disciplinaire (PAD). Ce cas illustre, dans le contexte latino-américain, la fragilité des mécanismes de contrôle des gardes municipaux, souvent dotés de pouvoirs de police limités mais d’un accès à des équipements publics sans protocole déontologique rigoureux. Si le scandale milanais interroge la frontière entre sécurité et vie privée à l’ère de la vidéosurveillance de masse, l’affaire de Maranhão rappelle que le simple usage d’un véhicule de service peut devenir l’instrument d’une transgression sexiste lorsque la supervision fait défaut.
Les deux affaires, quoique distinctes par leur échelle et leur sophistication, convergent vers une même problématique : la banalisation de comportements sexistes au sein d’institutions publiques qui devraient incarner l’exemplarité. En Italie, la réaction judiciaire et administrative a été rapide, portée par une opinion publique choquée et par un arsenal juridique européen protecteur des données personnelles. Au Brésil, la réponse demeure pour l’heure essentiellement locale et disciplinaire, mais la médiatisation pourrait accélérer un débat sur la formation et le contrôle des gardes municipales. À Milan, l’enquête en cours déterminera si l’accès indu aux images relève d’une simple négligence ou d’une intrusion informatique caractérisée, avec des conséquences potentiellement lourdes pour l’entreprise et ses agents. Au-delà des sanctions, ces crises offrent l’occasion de repenser les protocoles d’accès aux enregistrements de surveillance et de renforcer les formations contre le sexisme ordinaire dans les services publics, de l’Europe à l’Amérique latine.
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Des employés des transports publics milanais ont partagé dans une discussion WhatsApp des photos de passagères prises par les caméras embarquées, accompagnées de commentaires sexistes. L'entreprise a suspendu les agents et ouvert une enquête interne, tandis que le parquet soupçonne un accès abusif à un système informatique. Une jeune passagère a signalé les faits, provoquant indignation et débat sur la vie privée et le respect dans les transports.
Au Brésil, un garde municipal a été surpris en train d'avoir des relations sexuelles dans un véhicule de service, provoquant l'indignation des habitants. Un conseiller municipal a déposé une motion de réprobation et la mairie a ouvert une procédure disciplinaire. L'incident a relancé le débat sur la conduite des agents publics et le mauvais usage des véhicules officiels.
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