
Colombie, Argentine, Kenya : les régulateurs de l’énergie changent de visage
De Bogota à Nairobi, en passant par Buenos Aires, les nominations et les offres de rachat redessinent la gouvernance énergétique, sur fond d’urgence climatique et de consolidation des marchés.
Le secteur énergétique latino-américain connaît une série de remaniements à sa tête, tandis que le Kenya procède également à des ajustements institutionnels. En Colombie, la compagnie pétrolière nationale Ecopetrol a annoncé la sortie de son président Ricardo Roa et la nomination de Luis Felipe Henao à la présidence de son conseil d’administration. Cette décision, saluée par les milieux d’affaires colombiens comme un signal de retour à la confiance, intervient alors qu’Ecopetrol s’apprête à lancer une offre publique d’achat (OPA) sur la société brésilienne Brava Energia, dont le conseil a émis un avis favorable. L’opération, prévue le 5 août, vise à prendre le contrôle de Brava et poursuit la stratégie d’expansion régionale de l’entreprise publique colombienne.
Dans le même temps, la Commission de régulation de l’énergie et du gaz (CREG) colombienne change de directrice exécutive : l’économiste Adriana Jiménez Delgado succède à Antonio Jiménez Rivera pour un mandat de douze mois. Cette passation s’effectue dans un contexte de tension pour le système électrique, fragilisé par le phénomène climatique El Niño, dont l’intensité qualifiée de « très forte » est anticipée entre octobre et décembre. La nouvelle directrice entend concilier efficacité tarifaire, protection des usagers et développement des capacités de production, à l’heure où le pays dépend à plus de 70 % de l’hydroélectricité.
En Argentine, la compagnie d’électricité Edenor a présenté une offre pour acquérir 70 % du capital de Metrogas, principal distributeur de gaz naturel, détenu par YPF. Cette initiative, menée avec le partenaire britannique Andina PLC, marque une étape dans le processus de privatisation partielle des services publics engagé par le gouvernement argentin. L’offre se heurte toutefois à la concurrence d’autres groupes, dont Central Puerto et MSU Energy, et YPF n’a pas encore arrêté sa décision.
Enfin, au Kenya, le président William Ruto a remplacé le président de l’Autorité de régulation de l’énergie et du pétrole (EPRA), Moses Wekesa Mwambu Mabonga prenant la suite d’Adan Haji Ali, lui-même nommé à la tête de l’Autorité de régulation des organisations d’intérêt public. Ces mouvements, parmi d’autres affectant les secteurs des communications et de l’irrigation, suggèrent une rotation régulière des élites administratives. À l’échelle continentale, ces nominations témoignent d’une volonté de renforcer la gouvernance des secteurs clés, alors que la transition énergétique et les aléas climatiques imposent une adaptation rapide des cadres réglementaires.
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