
Cisjordanie : colons israéliens incendient deux mosquées et Tel-Aviv démantèle les accords d’Hébron
Dans la nuit de mardi à mercredi, des colons ont incendié deux mosquées au nord de Ramallah, tandis que le ministre israélien des finances annonçait la mainmise sur la zone sensible du tombeau des Patriarches.
Deux mosquées des villages de Jiljiliya et de Mazra’a al-Nubani, au nord de Ramallah, ont été la cible d’incendies criminels dans la nuit du 17 au 18 juin. Selon les témoignages recueillis par l’AFP et les médias palestiniens, des groupes de colons israéliens ont forcé l’entrée des édifices, aspergé de carburant la salle des ablutions et les portes, avant d’y mettre le feu. Sur les murs calcinés, des inscriptions en hébreu – « Vengeance », « Salut des jeunes des collines », « La nuit des mosquées » – ont été taguées. Les habitants ont tenté de s’interposer, mais les forces israéliennes, arrivées peu après, ont dispersé la foule à coups de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes, sans procéder à des interpellations sur place. L’armée a confirmé les faits, évoquant des « frictions en plusieurs points », tout en restant évasive sur l’identité des assaillants, alors qu’un responsable sécuritaire israélien a reconnu auprès du quotidien Haaretz que les incendies étaient le fait de colons.
Cette flambée de violence s’inscrit dans une séquence d’agressions contre les lieux de culte musulmans et les biens palestiniens. Quelques jours plus tôt, à Deir Dibwan et Burqa, des colons avaient déjà incendié des véhicules et les portes de mosquées pendant la prière, provoquant des asphyxies parmi les fidèles. Six suspects avaient été arrêtés, mais les nouvelles attaques montrent que la dynamique de terreur se poursuit. La presse italienne et française, du Figaro à Il Sole 24 Ore, souligne la dimension préméditée de ces raids nocturnes, souvent filmés et diffusés sur les réseaux sociaux par les agresseurs eux-mêmes, dans un climat d’impunité quasi totale depuis le début de la guerre à Gaza en 2023.
Parallèlement, le gouvernement israélien a franchi un seuil juridique et symbolique majeur à Hébron. Le ministre des finances Bezalel Smotrich, figure de l’extrême droite coloniale, a annoncé l’annulation unilatérale d’une partie des accords d’Hébron de 1997, qui conféraient à la municipalité palestinienne le contrôle de l’urbanisme et de la planification dans la zone H2, où se trouve le tombeau des Patriarches – sanctuaire révéré par les trois monothéismes. Dans la foulée, un projet d’extension d’une école religieuse juive au cœur de la vieille ville a été approuvé. La présidence palestinienne a dénoncé une « mesure dangereuse qui sape le processus politique et la solution à deux États », tandis que des observateurs internationaux, cités par le média indonésien Republika, y voient une annexion rampante déguisée en réaménagement administratif.
Les réactions régionales et confessionnelles n’ont pas tardé. Le Hezbollah libanais a condamné « un crime terroriste odieux » visant à humilier les musulmans en ce début d’année hégirienne, appelant les États arabes et islamiques à dépasser les condamnations verbales. Dans le monde arabe, des éditorialistes rappellent que la profanation des mosquées et la remise en cause du statu quo sur les lieux saints constituent une ligne rouge susceptible d’embraser un front déjà volatil. La presse européenne, de Rome à Paris, replace ces événements dans la continuité d’une stratégie de colonisation qui vide de sa substance toute perspective de paix négociée.
Au-delà de l’émotion immédiate, ces deux développements simultanés – la violence directe des colons contre les mosquées et la révision administrative des équilibres historiques à Hébron – dessinent une offensive coordonnée contre les symboles de la présence palestinienne. Alors que la communauté internationale reste focalisée sur Gaza, la Cisjordanie connaît une recomposition unilatérale de son paysage politique et religieux, dont les répercussions pourraient rapidement déborder les frontières du Proche-Orient.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
2 groupes éditoriaux · 2 langues
Des colons israéliens ont incendié deux mosquées dans des villages au nord de Ramallah, endommageant la salle des ablutions et inscrivant des slogans hostiles sur les murs. Des habitants et des équipes de la protection civile palestinienne sont intervenus pour éteindre le feu. Cette attaque s'inscrit dans une vague de violence extrémiste visant les lieux de culte palestiniens.
Des médias palestiniens ont rapporté que des colons ont incendié une mosquée dans la région de Ramallah. La police avait déjà arrêté six suspects pour des incendies similaires visant des entrées de mosquées et des véhicules, et une source sécuritaire a confirmé l'implication de colons, évoquant des incidents de friction dans plusieurs localités.
Articles liés
L’accord Trump-Iran : une « capitulation » qui fracture le camp républicain
8 langues · 31 sources
Géopolitique et politiqueTrêve Iran-États-Unis : Washington lève le blocus naval et ouvre une négociation à hauts risques
6 langues · 23 sources
Géopolitique et politiqueVance rappelle brutalement Israël à sa dépendance stratégique après l’accord avec Téhéran
5 langues · 17 sources