
À Manille, Washington et Pékin préparent la visite de Xi Jinping tout en affichant leurs divergences
Lors du sommet de l’ASEAN, les chefs de la diplomatie américaine et chinoise ont évoqué un déplacement du président chinois en septembre, tandis que la guerre en Iran et les tensions en mer de Chine méridionale dominaient les débats.
La rencontre entre le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, en marge de la réunion ministérielle de l’ASEAN à Manille le 22 juillet, a été dominée par la préparation d’une « visite très positive » du président Xi Jinping à Washington en septembre. Selon des sources diplomatiques américaines, les deux parties ont longuement échangé sur la nécessité d’identifier des domaines de coopération afin de poser les jalons de ce déplacement, tout en reconnaissant l’existence de « divergences significatives » qu’il leur incombe de gérer pour éviter tout dérapage. Du côté chinois, le compte rendu officiel qualifie l’entretien de « pragmatique, positif et constructif », tout en insistant sur le respect des « intérêts fondamentaux de la Chine » et du principe d’une seule Chine, une référence implicite à la question taïwanaise.
Au cours de ce même sommet, M. Rubio a adopté un ton nettement plus offensif à l’égard de l’Iran, accusant Téhéran de ne pas prendre au sérieux les négociations sur un cessez-le-feu et de revendiquer un contrôle illégal du détroit d’Ormuz. Devant les ministres de l’ASEAN, le chef de la diplomatie américaine a mis en garde contre la création d’un « précédent très dangereux » si un État était autorisé à entraver la liberté de navigation dans une voie d’eau internationale, soulignant que cela menacerait l’économie mondiale et pourrait se reproduire dans d’autres régions, y compris en Asie du Sud-Est. Washington a également réaffirmé son engagement envers ses alliés régionaux, notamment les Philippines, en invoquant le traité de défense mutuelle à la suite d’un accrochage entre garde-côtes chinois et personnel naval philippin en mer de Chine méridionale. Parallèlement, le Quad (États-Unis, Australie, Inde, Japon) a publié une déclaration commune réitérant son attachement à la stabilité de l’Indo-Pacifique, perçue par Pékin comme une tentative d’endiguement.
La perspective chinoise, exposée par M. Wang, insiste sur la nécessité pour les États-Unis de cesser ce que Pékin qualifie de « déclarations et actions négatives » et de ne pas interférer dans les affaires intérieures chinoises, qu’il s’agisse de Taïwan ou de la mer de Chine méridionale. Les médias d’État chinois rapportent que M. Wang a exigé le respect de la souveraineté territoriale chinoise, tandis que M. Rubio a indiqué que la vente d’armes à Taïwan, un dossier sensible, restait en cours d’examen interne à Washington en raison de contraintes de stocks et de capacités de production. Aucune des deux capitales n’a évoqué publiquement les accusations d’ingérence électorale chinoise formulées par le président Trump, M. Rubio précisant que le sujet n’avait pas été abordé.
Les pays de l’ASEAN, dont les économies dépendent à hauteur de 60 % du détroit d’Ormuz pour leur approvisionnement énergétique, ont exprimé leur « vive préoccupation » face à l’escalade au Moyen-Orient, qui perturbe les expéditions de pétrole saoudien via la mer Rouge et fait grimper les cours du brut à des niveaux proches de leurs plus hauts depuis six semaines. Selon des analystes du Moyen-Orient cités par la presse anglo-saxonne, Téhéran chercherait à créer un levier de négociation en menaçant le trafic maritime, tandis que les médiateurs pakistanais tentent de sauver un accord de cessez-le-feu intérimaire. La Russie, dont le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov doit s’entretenir avec M. Rubio jeudi, suit ces développements avec attention, alors que le conflit iranien entre dans sa onzième nuit consécutive de frappes américaines. Le sommet de Manille, qui se poursuit jusqu’au 24 juillet, doit encore aborder les modalités d’une éventuelle rencontre Trump-Xi, sans que Pékin n’ait officiellement confirmé le déplacement.
| Presse iranienne et apparentée | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
| Presse indienne et sud-asiatique | 0.00 | neutral |
China, through its foreign minister Wang Yi, imposes respect for its interests and the One China principle; Rubio is called to manage differences in view of Xi's visit.
The Iranian press builds credibility for its narrative by omitting any reference to the Hormuz crisis, focusing attention on China's demands and presenting the United States as the party that must adjust.
There is no mention of Rubio's statement on Iran or the crisis in the Strait of Hormuz, which are central to the Manila meeting according to other blocs.
The United States, through Secretary Rubio, warns Iran that it is not serious about negotiations and that control of Hormuz is a dangerous precedent, while with China efforts are made to prepare a constructive visit by Xi Jinping.
The Atlantic press gives authority to its narrative through direct quotes from Rubio and contextualization of Iranian threats, balancing coverage between the Middle East crisis and diplomacy with Beijing.
It does not highlight China's demands for respect of the One China principle, nor Chinese criticism of U.S. actions.
Iran is portrayed as an irresponsible actor threatening global navigation; Rubio is the voice of the international community imposing consequences.
The Indian/South Asian press uses the strategy of unilateral denunciation, reporting only Rubio's statements against Iran and completely omitting the Chinese dimension of the Manila meeting.
There is no mention of the meeting between Rubio and Wang Yi, nor of the planning for Xi Jinping's visit to Washington.
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